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BPCO + apnées du sommeil : les défis du "syndrome d’overlap"
Chez les patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), l’apnée du sommeil demeure souvent négligée. A tort : en termes d’exacerbations comme de mortalité, ce "syndrome d’overlap" est plus redoutable qu’une BPCO isolée.
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Parmi les personnes atteintes de BPCO, 40% souffrent aussi d’un syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (Sahos). A l’inverse, environ 15% des sujets ayant un Sahos présentent aussi une BPCO. La concomitance de ces deux maladies est surnommée « syndrome d’overlap », qui toucherait 2,8% de la population mondiale (1).
Le syndrome d’overlap demeure souvent méconnu des médecins comme des patients, constate la Pre Sophia Schiza, professeure de pneumologie et de médecine du sommeil à l’université de Crète (Grèce). Ce qui s’explique en partie par le fait que, la BPCO étant elle-même source de fatigue, elle pourrait voiler celle liée à un Sahos. Chez le patient atteint de BPCO, ces troubles respiratoires du sommeil doivent notamment être envisagés en cas d’exacerbations fréquentes, de somnolence importante, d’obésité, de maladies cardiovasculaires ou d’hypertension pulmonaire, estime la pneumologue.
De manière générale, les symptômes de la BPCO sont aggravés par un Sahos, et inversement. Les patients atteints d’un syndrome d’overlap présentent un risque accru d’exacerbations, ainsi qu’une qualité du sommeil plus altérée que celle de personnes atteintes d’un simple Sahos (2) (3). Ils sont plus à risque d’accidents cardiovasculaires et de mortalité que les sujets atteints de l’une ou l’autre de ces maladies (4).
Traitement de la BPCO, PPC, éventuellement VNI
Outre le traitement de la BPCO, selon les recommandations de la Global Initiative for Chronic Obstructive Lung Disease (Gold), le syndrome d’overlap doit se traiter par la ventilation à pression positive continue (PPC) de nuit, en prêtant attention à la bonne adhérence du patient. En cas d’insuffisance respiratoire chronique de type hypercapnique (PaO2 diminuée, PaCO2 augmentée), cette population semble particulièrement bien répondre à la ventilation non invasive (VNI).
Selon une récente étude française menée sur les données d’assurance maladie, la VNI serait liée à une baisse d’environ 35% de décéder suite à une exacerbation sévère chez les sujets atteints d’un syndrome d’overlap (5). Les bénéfices de la VNI semblent même meilleurs que contre une BPCO isolée : après mise sous traitement, les personnes atteintes d’un syndrome d’overlap présentaient un risque de décès inférieur de 33% aux patients sans Sahos.
Au-delà de la BPCO, le Sahos est également fréquent chez les asthmatiques, en particulier si leur asthme est d’intensité modérée à sévère (risque multiplié par 10,1) (6). Là aussi, chacune des deux composantes aggrave les symptômes de l’autre. Très souvent, cette concomitance de l’asthme et du Sahos survient en présence d’obésité.
Chez ces patients, il est crucial de bien traiter l’asthme, mais sans en attendre de résultats majeurs contre le Sahos, explique la Pre Maria Bonsignore, pneumologue aux Instituts cliniques scientifiques Maugeri (Pavie, Italie). A l’inverse, la PPC peut alléger les symptômes de l’asthme et atténuer le risque d’exacerbations (7). Quant à la perte de poids, elle est aussi efficace contre l’asthme que contre le Sahos.
- Li H et al., Sleep Medicine, 26 août 2025
- Marin JM et al., Annals of the American Thoracic Society, 1er août 2025
- van Zeller M et al., ERJ Open Research, 26 juin 2023
- Kendzerska T et al., Annals of the American Thoracic Society, 1er janvier 2019
- Pépin JL et al., Annals of the American Thoracic Society, 1er avril 2026
- Barros Ferreira N et al., Sleep Medicine, 30 juillet 2025
- Cisneros C et al., Sleep Medicine, 2 novembre 2022
Références :
Congrès de l’European Respiratory Society (ERS), Barcelone, 5-9 septembre 2026. D’après la session « Uncontrolled obstructive airway disease - is obstructive sleep apnoea the missing link? » (8 septembre).
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