@Olivier-Tuffé - stock.adobe.com
Mort après un passage aux urgences en Essonne : la famille dépose à nouveau plainte
L’objectif n’est pas de "faire tomber tel ou tel médecin", mais d’"éviter qu’un mauvais diagnostic comme celui-ci n’entraîne une nouvelle situation catastrophique", fait savoir l'avocat de la famille de Salah Hamidi, décédé en janvier 2024.
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La première plainte avait été classée sans suite. Plus de deux ans après le décès de Salah Hamidi d’une crise cardiaque après être sorti de l’hôpital d’Etampes (Essonne), sa famille en a néanmoins déposé une nouvelle - avec constitution de partie civile - le 27 juillet devant le doyen des juges d’instruction au tribunal judiciaire d’Evry-Courcouronnes, rapporte l’AFP.
La plainte vise l’hôpital et toute personne impliquée dans la prise en charge. L’objectif : éviter qu’un tel drame "se ne reproduise". L’ambition n’est pas de "faire tomber tel ou tel médecin", mais d’"éviter qu’une autre personne ne vienne aux urgences et qu’un mauvais diagnostic comme celui-ci n’entraîne une nouvelle situation catastrophique", fait savoir l’avocat de la famille.
L’AFP rappelle les faits. Le 24 janvier 2024, vers 4 h, le chauffeur s’est rendu à son travail, mais des douleurs thoraciques, des difficultés respiratoires et un engourdissement des deux bras le contraignent à s’arrêter et à appeler les pompiers. Il est transporté au CH Sud-Essonne (CHSE) d’Etampes, puis immédiatement pris en charge à son arrivée aux urgences, vers 5h30, où sont effectués une prise de sang et un ECG. Autorisé à repartir, il quitte l’hôpital avec plusieurs ordonnances et le conseil de consulter un cardiologue.
L’hôpital avait reconnu sa responsabilité
Il rejoint ensuite à pied sa voiture garée à quelque 3 km, mais, ayant des douleurs, s’arrête en chemin. Il appelle alors son frère jumeau pour lui dire qu’il ne se sent pas bien, avant de raccrocher. N’ayant plus de nouvelles, le frère de Salah Hamidi appelle leur sœur. Qui retrouve Salah Hamidi allongé sur le siège passager de la voiture. Malgré 40 minutes de massage cardiaque, celui-ci décède. L’autopsie confirmera une crise cardiaque. Le lendemain, sa famille dépose plainte contre X pour homicide involontaire. Elle est classée sans suite à l’été 2025, au motif que l’infraction n’est "pas caractérisée". Et la famille n’en est informée qu’en avril 2026, après un déplacement de la sœur au tribunal.
Une situation d’autant plus étonnante que l’hôpital a reconnu sa responsabilité dans ce décès. Dans un courrier adressé à la famille en mars 2024, l’ARS évoque "une erreur dans l’interprétation de l’ECG dont le CHSE reconnaît l’entière responsabilité". L’AFP rappelle que le lendemain de la mort, l’hôpital a en effet passé en revue le dossier médical et qu’il "a été mis en évidence des anomalies sur les dérivations inférieures (de l’ECG), compatibles avec un syndrome coronarien inférieur aigu".
[Avec AFP]
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