Fronde inédite au Leem : les plus grands laboratoires français font sécession
Plusieurs grands acteurs pharmaceutiques français ont annoncé quitter le Leem, ce jeudi 8 janvier, pour créer un nouveau syndicat.
C’est un véritable coup de tonnerre dans le paysage de l’industrie pharmaceutique française. Les plus importants laboratoires français – Guerbet, Ipsen, LFB, Pierre Fabre, Sanofi, Servier et Théa -, ont décidé de quitter le Leem, le syndicat historique du secteur, du fait de divergences de vue stratégique concernant la production de médicaments en France. Ils annoncent la création "prochaine" d’un nouveau syndicat, dont les deux objectifs affichés sont "l’accès des patients français aux médicaments innovants et la reconnaissance de l’empreinte de R&D et de production en France", affirment-ils dans un communiqué publié le 8 janvier.
Le nom de ce nouveau syndicat professionnel n’est pas encore connu. Et l’organisme sera ouvert à "d'autres entreprises pharmaceutiques disposant de médicaments innovants, ayant au moins un site de production industrielle et/ou d'activités en recherche et développement (R&D) en France".
Sans critiquer ouvertement le Leem, les sociétés dissidentes rappellent que près de "40% des médicaments approuvés ces dernières années en Europe ne sont pas disponibles en France". Elles soulignent les enjeux d'accès aux traitements innovants, ainsi que le contexte international hyperconcurrentiel : "Les Etats-Unis, la Chine et plusieurs pays européens prennent très rapidement des mesures significatives et concrètes afin de renforcer l’attractivité de leur territoire et l’accès à l’innovation pour leurs patients."
Le nouveau syndicat a donc pour ambition "d'ouvrir, dans un dialogue constructif avec les autorités françaises et européennes, une voie nouvelle alliant innovation et souveraineté sanitaire, afin d’améliorer durablement la prise en charge et l’avenir des patients en France".
Un risque de décrochage
Lors du débat cet automne sur le projet de budget de la Sécurité sociale, la filière du médicament avait alerté sur un risque de décrochage, pointant notamment une fiscalité jugée trop lourde et des baisses de prix visant le médicament. L'objectif d'une nouvelle structure "plus resserrée" est de gagner en "agilité" et en influence auprès des autorités, selon plusieurs laboratoires interrogés par l'AFP.
Le président du Leem, Thierry Hulot, également président du groupe Merck en France, a déploré cette initiative, estimant qu'elle risquait "de ne pas aider les patients" dans ce contexte où "le médicament est devenu un enjeu géopolitique". Le Leem, qui rassemble près de 280 entreprises allant de la PME à la multinationale, "est toujours en train de trouver le consensus ou la synthèse. Et là, certains se sont dit peut-être que si on se défend nous-mêmes, on obtiendra plus", a-t-il dit, soulignant qu'"après ces quelques départs, le seul syndicat représentatif de cette industrie, qui représente 80 000 collaborateurs, à peu près 260 usines, comptera toujours à peu près 260-270 adhérents".
Références :
D’après un communiqué de Guerbet, Ipsen, LFB, Pierre Fabre, Sanofi, Servier et Théa (8 janvier), et l’AFP.
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