Pathologies thyroïdiennes : la HAS veut améliorer l’utilisation de l’échographie et de la cytoponction

29/09/2021 Par Marielle Ammouche
Endocrinologie-Métabolisme

Devant une dysthyroïdie ou une anomalie de cette glande, il est parfois difficile de savoir quel examen est le plus adapté. Et pour la Haute Autorité de Santé (HAS), le recours presque systématique à une échographie, est parfois injustifié. En revanche, la cytoponction semble sous-utilisée : deux ablations de la thyroïde sur trois étant réalisées sans cet examen au préalable. En conséquence, des thyroïdectomies sont pratiquées pour des nodules bénins qui ne nécessiteraient, pour la plupart, qu’une simple surveillance. Pour améliorer la pertinence des soins dans ce domaine, la HAS et le Conseil national professionnel de radiologie et d’imagerie médicale (G4) publient une recommandation qui fait le point sur l’indication de ces examens. « Les objectifs sont de réduire les échographies non pertinentes en cas de dysthyroïdies, d’améliorer le recours à l’échographie pour caractériser les nodules et de réaliser une cytoponction avant toute chirurgie de nodule » résume la HAS. Cette recommandation est accompagnée d’un quizz d’auto-évaluation pour les professionnels visant à évaluer leurs connaissances concernant l’exploration d’un nodule thyroïdien et d’un document d’information des patients sur le même sujet. Le premier message de la HAS est de ne pas réaliser d’ablation de nodule de la thyroïde avant d’avoir réalisé une cytoponction. En effet, les nodules thyroïdiens sont très fréquents (jusqu’à 50% de la population générale), et généralement bénins. Ils ne nécessitent la plupart du temps aucun traitement, et doivent juste être surveillés. Leur risque de malignité doit cependant être caractérisé. L’échographie est donc l’examen de référence, couplée à la scintigraphie en cas de TSH basse. Le score EU-Tirads permet alors d’identifier les nodules les plus à risque de malignité et de déterminer ceux qui doivent bénéficier d’une cytoponction, ainsi que d’une prise en charge ultérieure. La HAS insiste sur l’importance de favoriser le dialogue avec le malade. Elle publie ainsi un document d’information à destination des patients, qui fait notamment le point sur les nodules, leur possible évolution, les examens… Par ailleurs, en cas de dysthyroïdie, l’échographie de la thyroïde ne doit pas être systématique. En particulier, pour les hypothyroïdies, l’échographie n’est en général pas indiquée sauf exceptions (nodule ou adénopathie palpables ; présence de signes de compression qui entraînent une gêne pour avaler, respirer ou parler). Son indication se discute en cas de palpation difficile, ou de facteur de risque de cancer de la thyroïde. Pour les hyperthyroïdies, la HAS recommande de ne pas prescrire d’imagerie en cas de maladie de Basedow typique. L’échographie et la scintigraphie sont indiquées dans les autres cas. Des recommandations sur la prise en charge des hypothyroïdies et hyperthyroïdies devraient être finalisées courant 2022.

 
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