Diabète + insuffisance cardiaque : moins d’hospitalisations sous inhibiteurs de SGLT2

15/02/2018 Par Pr Philippe Chanson
Diabétologie

Les pathologies cardiovasculaires sont la cause de morbidité et de mortalité principale chez les patients diabétiques de type 2. En dehors de la cardiopathie ischémique, les diabétiques sont à risque accru d’être hospitalisés ou de décéder d’insuffisance cardiaque.

Deux grandes études, l’étude EMPA-REG OUTCOME et l’étude CANVAS, randomisées, contrôlées versus placebo, qui ont testé des inhibiteurs du SGLT2 (l’empagliflozine et la canagliflozine) ont montré une réduction de 35 % et de 33 % du risque d’admission à l’hôpital pour insuffisance cardiaque en plus d’une réduction de 14 % du critère composite cardiovasculaire choisi (décès cardiovasculaire et infarctus du myocarde non fatal ou AVC non fatal). Un effet de classe des inhibiteurs du SGLT2 vis-à-vis du risque d’admission hospitalière pour insuffisance cardiaque est donc vraisemblable. Cependant on ne dispose pas d’information sur les effets cardiovasculaires des inhibiteurs de SGLT2 en comparaison avec les autres antidiabétiques, en particulier en pratique quotidienne. Ceci a donc amené une équipe américaine à mettre en place une étude rétrospective de cohorte afin d’évaluer la sécurité cardiovasculaire de la canagliflozine pour le traitement du diabète de type 2 en comparaison directe avec les inhibiteurs de DPP4, les agonistes du récepteur du GLP1 ou les sulfamides hypoglycémiants, et cela en pratique de routine. L’étude a porté sur un échantillon national de patients diabétiques de type 2 issus d’une base de données d’assurance de santé américaine. Sur une durée de l’étude de 30 mois, le hazard ratio pour admission hospitalière pour insuffisance cardiaque associé à la canagliflozine était de 0.70 (IC 95 % 0.54 à 0.92) versus l’inhibiteur de DPP4 (n = 17 667 paires), de 0.61 (0.47 à 0.78) versus un agoniste du GLP1 (n = 20 539) et de 0.51 (0.38 à 0.67) versus une sulfonylurée (n = 17 354 paires). Le hazard ratio pour le critère cardiovasculaire composite associé à la canagliflozine était de 0.89 (0.68 à 1.17) en comparaison des inhibiteurs de DPP4, de 1.03 (0.79 à 1.35) en comparaison des agonistes du GLP1 et de 0.86 (0.65 à 1.13) en comparaison des sulfonylurées. Les résultats étaient identiques en analyse de sensibilité après ajustement pour une hémoglobine glyquée basale et dans les sous-groupes de patients avec ou sans pathologie cardiaque ou insuffisance cardiaque préalable. Dans cette étude de cohorte, la canagliflozine est donc associée à une diminution du risque d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque mais à un risque similaire d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral en comparaison directe avec 3 autres classes d’antidiabétiques non gliflozine utilisés en route courante. Les résultats de l’étude CANVAS sont donc bien confirmés en routine clinique courante et sont bien observés en comparaison directe avec trois alternatives antidiabétiques. Et l’on peut donc continuer à regretter de ne pouvoir utiliser cette classe de médicaments en France !

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