Diabète de type 1 récent : le vérapamil permet de maintenir une fonction cellulaire β endogène et de réduire les besoins en insuline

06/09/2018 Par Pr Philippe Chanson
Diabétologie
Le diabète de type 1 (DT1) est caractérisé par une destruction progressive et une perte des cellules pancréatiques β productrices d’insuline, conduisant à une dépendance définitive à l’insuline pour maintenir la normo-glycémie. Malheureusement, tous les efforts qui ont été faits pour ralentir ce processus de destruction progressive des cellules β avant l’apparition patente du diabète ont été vains.

Une équipe américaine de Birmingham, en Alabama (Etats-Unis), avait déjà montré que le vérapamil, un calcium bloqueur, en diminuant l’expression de la protéine interagissant avec la thioredoxine, favorisait la survie des cellules β productrices d’insuline et permettait d’éviter la survenue d’un diabète dans un modèle de souris diabétiques proche du DT1. Afin de voir si ces résultats étaient applicables chez l’homme, ils ont mis en route une étude en double insu versus placebo, randomisée, de phase 2, qui s’est donnée comme objectif d’évaluer l’efficacité et la sécurité du vérapamil oral en complément d’un traitement par insuline standard et cela pendant 12 mois chez des sujets adultes dont le diabète de type 1 était apparu de manière récente. En tout, 38 sujets âgés de 18 à 44 ans, dont le diagnostic de DT1 avait été fait dans les 3 mois précédents, ont été évalués afin de rechercher par un test de tolérance à un repas mixte s’il persistait une sécrétion d’insuline sous forme d’une valeur de peptide C stimulée > 0.2 nmol/l et au moins un auto-anticorps associé au DT1 positif. Dans ce groupe, 26 patients ont été retenus puis randomisés. Le premier critère d’évaluation était la fonction β cellulaire qui a été évaluée par mesure de l’aire sous la courbe du peptide C après un repas test stimulé, au bout de 3 mois puis de 12 mois. Alors que l’aire sous la courbe était similaire au début de l’étude, elle était significativement supérieure dans le groupe vérapamil en comparaison du groupe placebo aussi bien à 3 mois qu’à 12 mois. Afin d’évaluer les modifications dans les besoins en insuline, ce qui était un des critères d’évaluation secondaire, ils ont analysé la dose totale d’insuline nécessaire pour maintenir un bon contrôle glycémique. Au début de l’étude, les besoins en insuline étaient de 0.26 U/kg/jour aussi bien dans le groupe destiné à recevoir du vérapamil que dans celui qui devait recevoir le placebo mais, à 12 mois, les besoins en insuline avaient augmenté de 70 % dans le groupe placebo (ce qui est habituel au cours de la première année chez les DT1) alors que l’augmentation n’était que de 27 % dans le groupe vérapamil, indiquant une différence de traitement significative de – 43 % (IC 95 % = - 84 à – 1 ; p = 0.003). Les deux groupes ont maintenu un excellent contrôle glycémique tout au long de l’étude avec une hémoglobine glyquée moyenne entre 6 et 7 %. A 6 mois, l’hémoglobine glyquée avait tendance à être moindre dans le groupe vérapamil. Le taux moyen d’événements hypoglycémiques était aussi inférieur dans le groupe vérapamil (0.5 événement par mois) en comparaison du groupe placebo (2.7 événements par mois). Les effets secondaires étaient mineurs, un seul nécessitant l’arrêt du traitement ou la réduction de la dose. Le seul effet secondaire fréquent dans le groupe vérapamil était la constipation qui est un effet secondaire connu et fréquent du vérapamil. Cette étude semble donc bien montrer que l’adjonction de vérapamil par voie orale une fois par jour est un nouveau moyen efficace et sûr de maintenir une fonction cellulaire β endogène et de réduire les besoins en insuline et les épisodes hypoglycémiques chez les diabétiques de type 1 de diagnostic récent.

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