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Obligation vaccinale contre la grippe : "aucune sanction" contre les soignants réfractaires dans un premier temps
Suivant l'avis de la Haute Autorité de santé (HAS), la ministre de la Santé a annoncé lundi soir le lancement des travaux de mise en œuvre de l'obligation vaccinale contre la grippe des soignants et autres professionnels au contact de personnes vulnérables. Les personnels des hôpitaux et Ehpad seront les premiers visés. Mais aucune sanction ne sera prononcée "durant la première année", promet le ministère.
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Les professionnels de santé ne pourront bientôt plus faire l'impasse sur la vaccination contre la grippe. Alors que la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS 2026) avait conditionné l'obligation vaccinale contre la grippe à une recommandation en ce sens de la HAS, finalement tombée hier, le ministère de la Santé a annoncé dans la foulée le lancement de travaux permettant d'étudier les conditions de mise en œuvre de cette mesure à l'ensemble des professionnels concernés, "à commencer par ceux travaillant dans les établissements de santé ou dans les établissements médicaux sociaux hébergeant des personnes âgées, les plus à risque". Si l'obligation concernera les libéraux comme les salariés, ainsi que les étudiants en santé, c'est tout particulièrement dans les Ehpad, où la couverture vaccinale a plafonné à 21% lors de la saison 2024-2025, que la grippe fait des ravages.
Le calendrier et les modalités pratiques de mise en œuvre de l'obligation vaccinale, "qui vont faire l'objet de concertations avec les représentants des professionnels et des étudiants, les employeurs publics et privés, les fédérations sanitaires et médico-sociales, les représentants des usagers et les acteurs de la santé au travail", seront précisés "dans les prochaines semaines", indique le ministère dans son communiqué diffusé lundi soir. Le calendrier de mise en œuvre "tiendra compte des capacités d’approvisionnement et d’administration afin de prévoir, si nécessaire, une montée en charge progressive et adaptée sur le territoire".
Les travaux engagés porteront également sur le "périmètre précis des établissements, professions et situations de contact concernés", ainsi que sur "les modalités de preuve, de contrôle et de traitement des contre-indications médicales". "Aucune sanction ne sera appliquée pour la première année de mise en œuvre qui impliquera un suivi de l’implémentation de ce dispositif", précise ce communiqué.
Dans l’attente, "les établissements sont invités à préparer activement la prochaine campagne, à mieux informer sur les enjeux de vaccination, à faciliter la vaccination sur le lieu de travail et à renforcer l’ensemble des mesures de prévention des infections respiratoires : ventilation, hygiène des mains, port du masque lorsque la situation le justifie et prise en charge rapide des épisodes infectieux."
Soutenant l'obligation vaccinale des soignants, la Fédération nationale des infirmiers (FNI) a toutefois déploré que les patients vulnérables, notamment ceux résidant en Ehpad, n'y soit pas également soumis. Les infirmières "ne sauraient être les seuls à porter la responsabilité de la prévention des épidémies en établissement", considère le syndicat d'Idel.
Un point de vue partagé par le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil), qui demande aux pouvoirs publics "à rouvrir la question d'une obligation vaccinale pour les résidents d'Ehpad et d'USLD, et à mettre en place une sensibilisation renforcée de leurs visiteurs". "Un objectif de protection collective ne peut reposer sur les seuls professionnels", estime le Sniil. Par ailleurs, le syndicat "attend une application strictement équitable de cette obligation, selon les mêmes règles et les mêmes délais pour tous les professionnels de santé et du médico-social, sans distinction entre statut salarié et exercice libéral : toute obligation à géométrie variable serait injustifiable".
De son côté, Convergence infirmière appelle à "tirer les enseignements" de la crise du Covid. Les obligations imposées aux soignants "ont profondément marqué la profession et créé des tensions durables", relève le syndicat. "La confiance, l’information, la transparence et le dialogue demeurent les meilleurs leviers pour renforcer l’adhésion", selon Convergence.
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