"Coûteuse, lente et déconnectée" : un syndicat de médecins appelle à dissoudre la HAS

05/02/2021 Par Louise Claereboudt

Jugeant la Haute Autorité de santé (HAS) responsable de la lente mise en œuvre des tests salivaires pour dépister le Covid,  l'Union française pour une médecine libre (UFML) appelle dans un communiqué à la dissolution de l’instance.   “La Haute Autorité de santé se dédit à chaque nouvelle décision et signe sa responsabilité dans la lenteur à mettre en œuvre la solution test salivaire”, a condamné l’UFML-Syndicat dans un communiqué publié ce vendredi 5 février. Défendant “l’autorisation de mise sur le marché de ce test et leur utilisation individuelle ou par pooling, large et répétitive”, le syndicat dénonce le retard de leur mise en œuvre qui aurait pu permettre “la protection de centaines de lieux propices à la diffusion de l’épidémie”. Si l’UFML-S estime que la HAS est responsable de ce fiasco, c’est parce que l’instance est revenue à maintes reprises sur ses recommandations en la matière. Mi-septembre, l’agence sanitaire avait décidé de n’autoriser leur déploiement et leur remboursement que chez les sujets symptomatiques non hospitalisés. Fin novembre, la HAS délivre finalement son feu vert au test salivaire rapide EasyCov et recommande son remboursement “chez les personnes symptomatiques pour lesquelles le prélèvement nasopharyngé est impossible ou difficilement réalisable". Le 5 janvier, le test obtient le remboursement par la Sécurité sociale. Finalement, la Haute Autorité de santé a fini par réévaluer leurs performances en janvier après avoir réalisé une méta-analyse qui a porté sur 64 essais regroupant 18.931 patients. Mais, selon l’UFML, l’agence a, ce 4 février, autorisé l’utilisation des tests EasyCoV aux symptomatiques, mais “conditionne leur remboursement à leur effectivité par des laboratoires de biologie".

Dans son communiqué, l’UFML estime que “les conséquences de ses décisions d’obstruction permanente à l’utilisation large des tests salivaires sont d’autant plus lourdes d’effets que la campagne de vaccination ne cesse d’être ralentie”. “Après les retards d’homologation des laboratoires départementaux, le silence sur la voie de contamination par aérosol, la HAS montre, une fois de plus, son incapacité à jouer son rôle de facilitateur dans la course contre la montre dans laquelle nous sommes tous engagés”, pointe le syndicat présidé par le Dr Marty. Ce coup de gueule intervient alors que le ministre de la Santé a déclaré hier soir, lors d’une conférence de presse, que des tests salivaires devraient bientôt être proposés dans les écoles, une fois le feu vert de la HAS obtenu, mais qu’il ne s'agirait pas de tests rapides. Les tests réalisés devront par ailleurs être analysés en laboratoire. “Ce serait formidable si on pouvait disposer de tests salivaires qui vous rendent un résultat en quelques minutes, mais à ce stade, les études [...] ne sont pas favorables à [leur] utilisation, parce que la sensibilité des tests qui existent aujourd'hui est trop faible”, a précisé le ministre de la Santé, Olivier Véran.

 
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