Manif du 14 février 2023

Manifestation des médecins libéraux, 14 février 2023. @Aveline Marques/Egora

"Les médecins ne sont pas vos pions" : l'UFML réclame la démission du directeur de la Cnam

Face au refus des syndicats de signer l'avenant 1 à la convention, la Caisse nationale de l'Assurance maladie (Cnam) a annoncé que les baisses des forfaits techniques des radiologues seraient bien mises en œuvre au 1er juillet. Une faute lourde pour l'UFML, qui demande la démission de Thomas Fatôme, son directeur général.  

18/06/2026 Par Louise Claereboudt
Manif du 14 février 2023

Manifestation des médecins libéraux, 14 février 2023. @Aveline Marques/Egora

Le rejet a été unanime. Les cinq syndicats signataires de la convention ont décidé de ne pas signer l'avenant 1 tel que proposé par la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam) au terme de trois séances de négociations.  

Le texte soumis vendredi dernier aux syndicats prévoyait un "objectif ambitieux des mesures de pertinence de 30 millions d'euros d'économie en année pleine", dont 20 millions pour la radiologie. En contrepartie, la Caisse s'engageait à réduire les baisses sur les forfaits techniques (de -2 à -1%) et à décaler la modification tarifaire du 1er juillet au 1er août. Un accord qui n'a pas satisfait les syndicats, dont l'UFML, qui n'est pas signataire de la convention mais était néanmoins présent lors des négociations. 

Prenant acte du rejet des syndicats, la Cnam a annoncé par voie de communiqué que "les évolutions tarifaires [les baisses, NDLR] concernant l'imagerie, prévues au 1er juillet 2026, seront mises en œuvre. Ceci, afin de contribuer au montant de 300 millions d'euros d'économies d'ici à 2027, fixé par la LFSS pour 2025." Une décision vivement dénoncée par le président de l'UFML, dans un post publié sur les réseaux sociaux du syndicat mais directement adressé à Thomas Fatôme, numéro 1 de la Cnam.  

"De façon intransigeante, vous maintenez les baisses tarifaires iniques par vous engagées, et entendez 'baisser celles à venir' contre des modérations de pratiques… Pile je gagne, face tu perds, impossible règle du jeu, à moins de considérer ses partenaires comme ses propres pions, les médecins ne sont pas vos pions", écrit Jérôme Marty.  

"Vous êtes prêt à renier l'engagement ministériel et le partenariat conventionnel"

"Votre domaine de responsabilité et de compétence est le remboursement, vous êtes un assureur, nous avons des patients, vous avez des chiffres, nous sommes confrontés à la mort, à la douleur, vous avez des tableurs. Nous sommes des médecins libéraux, et nous ne vous devons rien hormis le respect des bonnes pratiques académiques, de l'éthique et de la déontologie de notre profession", poursuit le généraliste de Fronton, pour qui le directeur de la Cnam outrepasse ses droits en décidant unilatéralement de baisser certains tarifs des médecins.  

D'autant que cette décision vient "en opposition à l'engagement pris par la ministre de la Santé après la mobilisation unitaire historique de la profession en janvier 2026, à savoir de n'appliquer aucune baisse tarifaire autoritaire", précise le syndicaliste. 

Le président de l'UFML pointe également les "manœuvres" de Thomas Fatôme pour faire "supprimer le secteur 2 et sa part d'honoraires libres que, par définition, vous ne remboursez pas". Le syndicat fait référence au récent rapport, vertement dénoncé par les syndicats de spécialistes, du Haut Conseil pour l'avenir de l'Assurance maladie (HCAAM), dont Thomas Fatôme est membre. "Nous vous rappelons que c'est le secteur 2 qui a permis à la chirurgie libérale de se développer face à 20 à 30 ans de blocages tarifaires", insiste Jérôme Marty. 

"Les tarifs des actes sortent de votre seule responsabilité, les médecins ne sont pas salariés de l'Assurance maladie et quand bien même ce serait le cas, avez-vous jamais vu un dirigeant imposer unilatéralement et sans accord de branche des baisses salariales à ses salariés ?, interroge Jérôme Marty. Cela n'existe que dans votre monde, un monde qui s'affranchit des règles pour atteindre les objectifs qui lui sont demandés." 

"Pour assurer votre mission, vous êtes prêt à renier l'engagement ministériel et le partenariat conventionnel, pire, à fragiliser et mettre en danger économique nombre d'exercices et d'entreprises médicales", accuse Jérôme Marty, appelant, pour toutes ces raisons, à la démission de Thomas Fatôme.

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