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Dépenses d'imagerie : les radiologues soumettent à la Cnam un plan d'économies de 460 millions d'euros
La Cnam a promis aux radiologues des baisses de tarifs moins importantes que prévues sur les forfaits techniques en échange d'économies sur la pertinence des actes. A la veille de la troisième (et dernière?) séance de négociations autour de l'avenant 1, la perspective d'un accord reste incertaine.
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"Nous avons eu une réunion avec la Cnam le 29 mai dernier, depuis nous n'avons aucune nouvelle", a confié à Egora le Dr Jean-Philippe Masson, président de la Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR).
Alors que la LFSS 2025 a acté une diminution des dépenses de 300 millions d'euros d'ici à 2027, de nouvelles baisses tarifaires sont prévues à partir du 1er juillet prochain. Les forfaits techniques doivent diminuer de 2 %. A moins d'une signature de l'avenant 1 à la convention médicale et d'efforts sur la pertinence des soins.
Mais les calculs ne sont pas bons. "La Cnam propose de ramener la baisse des forfaits techniques de 2 % à 1 %, en échange d'une politique forte de pertinence des actes. Ils veulent aboutir à 70 millions d'euros d'économies", alors que "passer de 2 à 1 % nous ferait économiser 20 millions d'euros", pointe la FNMR.
"Nous avons proposé un plan d'économies de 460 millions d'euros pour notre système de santé dont 320 millions d'euros sur la pertinence. Mais c'est vrai qu'il faudra quelques années pour que cela aboutisse. La pertinence, c'est un changement de mentalité, comme avec les antibiotiques, ça ne se fait pas du jour au lendemain", insiste Jean-Philippe Masson.
Dans le détail, la FNMR propose, en s'appuyant sur "les recommandations scientifiques", une économie de 100 à 150 millions d'euros sur les IRM du rachis lombaire, 80 à 120 millions sur les IRM du membre inférieur, 50 à 70 millions sur l'optimisation des parcours de soins et la lutte contre les examens redondants et 40 à 60 millions sur l'amélioration de la qualité des demandes d’examen.
La FNMR mise également sur 140 millions d'euros d'économies grâce à une diminution des arrêts de travail. "Quand un patient est arrêté pour une douleur à l'épaule par exemple, il doit faire une IRM pour voir s'il n'y a pas une hernie discale au niveau cervical. Sur le territoire français, il faut en moyenne deux mois pour avoir un rendez-vous. Pendant ces deux mois, le patient est en arrêt. Si on pouvait avoir suffisamment d'équipements et pouvoir prendre les gens dans des délais normaux, ça ferait des économies forcément en termes d'arrêts de travail", décrypte Jean-Philippe Masson. "La Caisse nous a répondu 'les arrêts de travail c'est nous qui nous en occupons, ne vous mêlez pas de ça'", déplore le radiologue.
En échange de ce plan d'économies, les radiologues réclament un réinvestissement ciblé de 83 millions d'euros, rétablissant le Z radiologique à 15,5 %, en facturant le troisième acte à 50 % et en révisant les activités de référence des scanners et IRM.
"L’imagerie médicale représente moins de 3 % des dépenses de santé mais conditionne une grande partie des décisions médicales. Investir dans l’imagerie, ce n’est pas dépenser davantage. C’est permettre à l’ensemble du système de santé d’être plus performant", a écrit la FNMR dans un message posté sur le réseau social Linkedin.
Les radiologues sont désormais dans l'attente de la troisième (et ultime?) séance de négociation avec la Cnam, qui doit se tenir ce jeudi 11 juin.
Un groupe de travail, missionné par la ministre de la Santé Stéphanie Rist, doit également se pencher sur la réalité des coûts des forfaits techniques. "Ce groupe de travail doit rendre son rapport pour le 14 juillet. La Caisse ne souhaite pas attendre la réponse pour lancer à nouveau une baisse de 1 ou 2% sur les forfaits techniques au 1er juillet. C'est totalement incohérent", enrage Jean-Philippe Masson, qui réclame "un moratoire sur la baisse de ces forfaits techniques en attendant au moins la réponse du groupe de travail".
"Les cabinets radiologiques commencent à plus que souffrir. En Normandie et en Isère, deux ont déjà annoncé leur fermeture", se désole le président de la FNMR, qui constate une "volonté politique de tuer la médecine libérale spécialisée pour forcer les professionnels à aller à l'hôpital".
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