@MAriusz - stock.adobe.com
Aliments ultra-transformés : 43 associations appellent à légiférer sur leur encadrement
43 associations de consommateurs, de lutte contre la précarité, de malades, de professionnels de santé, de défense de la santé environnementale se sont alliés pour rédiger une pétition sur les effets néfastes des aliments ultra-transformés pour la santé. Lancée fin avril, elle réclame un encadrement de la publicité, l’interdiction des stratégies incitatives sur les emballages et la mise en place d’un étiquetage clair et obligatoire sur des produits.
@MAriusz - stock.adobe.com
En quelques décennies : soda, gâteaux ou plats préparés ont envahi les rayons des supermarchés. Les aliments ultra-transformés représentent aujourd’hui plus de 60 % de l'offre alimentaire en France. Et près de la moitié des calories consommées par les enfants. Pourtant aucune réglementation spécifique n’encadre ces produits nocifs.
Emmenées par Food Watch, Yuka, France Assos Santé et 43 associations, la pétition vise à légiférer sur l'étiquetage et la promotion des aliments ultra-transformés. Lancée fin avril, cette dernière vient de dépasser plus de 130 000 signatures.
Et pour cause, plus d’une centaine d’études scientifiques associent une consommation élevée d’aliments ultra-transformés à un risque accru de maladies chroniques. Parmi elles : hypertension, maladies cardiovasculaires et rénales et symptômes dépressifs. Les données scientifiques ne manquent pas d'établir un lien étroit entre la consommation de produits modifiés et les effets à long terme sur la santé. Rien que la semaine dernière, trois nouvelles études ont associé les additifs alimentaires, notamment les colorants, à un sur-risque de diabète de type 2, de cancers et de maladies cardiovasculaires.
Cibler les mineurs
“Des parlementaires de tous bords politiques ont déjà mis sur la table plusieurs propositions législatives pour encadrer les aliments ultra-transformés. C’est maintenant au tour du pouvoir exécutif d’agir pour nous protéger”, insistent les 43 associations mobilisées. Elles demandent au Premier ministre, Sébastien Lecornu, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, et la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, d’encadrer le secteur.
Parmi les requêtes, les associations ciblent les mineurs, plus à même d'être influencés par les stratégies de marketing incitatif. Elles réclament l'interdiction de promouvoir les aliments ultra-transformés via les médias, ainsi que dans l'espace public à proximité des écoles et des lieux fréquentés par les enfants. La pétition invite également à produire des conditionnements plus neutres. Pas de mascottes ou de personnages de dessins animés sur les emballages cartons afin d’éviter tout “attachement émotionnel à la marque”. Enfin elles exigent une “mention visuelle claire en face avant des emballages des aliments ultra-transformés, par exemple avec un bandeau noir accolé au Nutri-Score”.
Repère essentiel pour de nombreux consommateurs, le Nutri-Score fait l'objet de discussions. Ce mardi, une autre pétition visant à rendre obligatoire l’apposition du logo sur tous les emballages, vient de recevoir le soutien de l’Académie nationale de médecine. Soutenue dans le cadre du PLFSS et cosignée par 79 structures impliquées dans le domaine de la santé, cette dernière appelle également à rendre le Nutri Score “obligatoire et augmenté avec la mention ultra-transformée.”
La sélection de la rédaction
Faut-il instaurer une attestation d'honorabilité pour tous les médecins ?
FRANCOIS CORDIER
Non
La prestation de serment par chaque médecin devant le conseil de l'Ordre et son honorable aréopage ne suffirait-elle plus désormai... Lire plus