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Aide à mourir : des patients appellent les sénateurs à ne pas "saboter" ce nouveau droit

Repoussé par le calendrier politique, l'examen des deux propositions de loi sur la fin de vie doit débuter ce mardi 20 janvier en séance publique au Sénat. Préoccupée par les modifications apportées en commission, la fédération France assos santé appelle les parlementaires à s'opposer au "sabotage" du droit à une aide à mourir. 

20/01/2026 Par Louise Claereboudt
Ethique
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Les sénateurs s'emparent ce mardi après-midi, en séance, des deux propositions de loi relatives à la fin de vie, l'une portant sur les soins palliatifs et la seconde visant à instaurer une aide à mourir. Ces deux textes, adoptés au printemps dernier par l'Assemblée nationale, font l'objet d'une discussion générale commune, indique la chambre haute du Parlement dans son ordre du jour.

Les sénateurs débattront pendant une semaine de ce dossier sensible, avant un vote solennel prévu mercredi 28 janvier. 

Si le texte relatif au développement des soins palliatifs apparaît plutôt consensuel, le second l'est beaucoup moins. Le Sénat, à majorité de droite, a en effet émis de grandes réserves sur la proposition de loi qui légalise un dispositif de suicide assisté et d'euthanasie, même si ces termes ne sont pas inscrits dans le texte.

"On veut nous faire avaler une des lois les plus permissives du monde sur l'euthanasie, un changement anthropologique majeur, au détriment de ce qui existe déjà, à savoir les soins palliatifs", a dénoncé la sénatrice LR Christine Bonfanti-Dossat, qui s'est chargée de piloter l'examen du texte en commission des Affaires sociales.

La droite sénatoriale – divisée sur les sujets relevant de l'intime – plaide pour une refonte profonde du dispositif. En commission, le Sénat a ainsi transformé le droit à l'aide à mourir en une "assistance médicale à mourir" réservée aux malades dont le pronostic vital est engagé "à court terme". Ce qui réduirait considérablement le spectre des personnes éligibles par rapport à la version votée à l'Assemblée, qui comptait ouvrir le dispositif aux patients atteints d'une "affection grave et incurable" non seulement en "phase terminale" mais aussi "en phase avancée". 

"La droite a vidé le texte de sa substance", a regretté la sénatrice socialiste Annie Le Houérou, estimant que les sénateurs LR ont "fait semblant d'avancer" sur ce débat. 

Les divisions internes au sein des groupes politiques rendent néanmoins assez imprévisible le sort de ce texte dans l'hémicycle. D'autant que la gauche tentera très majoritairement de rétablir la version des députés. Les débats dépasseront largement les murs du Palais du Luxembourg, ravivant l'opposition entre associations et militants d'un camp et de l'autre, mais aussi les exigences des syndicats de soignants.

De son côté, France assos santé a appelé les sénateurs à s'opposer au "sabotage du droit à une aide à mourir". Lundi, la fédération d'usagers a adressé une lettre ouverte aux sénateurs pour les exhorter à "écoute[r] enfin celles et ceux qui vivent la loi dans leur chair". Dans cette lettre, trois personnes vivant avec une maladie chronique ou une affection invalidante ont souhaité s'adresser directement aux sénateurs. 

"La loi telle que votée en première lecture à l'Assemblée nationale était pour moi un filet de sécurité, celui de savoir que, si mes souffrances deviennent un jour insurmontables, une issue serait possible sans avoir à attendre d'être au terme ultime de ma maladie. Cela me permettait de vivre plus sereinement", écrit ainsi Catherine, qui a "traversé une maladie chronique (RCH), deux cancers, 14 interventions chirurgicales lourdes" et vit "au quotidien avec des soins, des souffrances, des limites, des séquelles".

"Mais au lieu de m'enlever un poids, la réécriture qui a été proposée en commission des Affaires sociales du Sénat m'assène le message qu'il me faudra endurer des souffrances au-delà de ce que j'aurais souhaité, qu'il me faudra vivre l'intolérable jusqu’au bout du bout. Et que c'est seulement quand je serai à l'orée de l'agonie que je pourrai – non plus avoir le droit, puisqu'il ne s’agit plus d'un droit dans cette réécriture ! – mais faire une demande d'une assistance médicale à mourir", poursuit-elle.

Pour France assos santé, réduire le droit à l'aide à mourir en une "assistance médicale à mourir" reviendrait à "nier aux personnes malades la reconnaissance d'un nouveau droit, et à les renvoyer à un dispositif déjà existant" et "insuffisant". "Ce n'est pas une réécriture de la loi Claeys-Leonetti qui vous a été demandée !", insiste la fédération. "Vous ne pouvez pas, d'un côté, affirmer entendre la souffrance, et de l'autre refuser les moyens de la soulager lorsqu'il n'existe aucun autre recours", lance-t-elle aux sénateurs. 

[avec AFP] 

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