70% des Français trouvent acceptable de laisser des mineurs boire de l’alcool lors des fêtes, d’après un sondage

19/12/2023 Par Mathilde Gendron
Santé publique
Alors que les fêtes de fin d’année approchent à grands pas, OpinionWay a réalisé un sondage pour la Ligue contre le cancer. Ce dernier révèle une banalisation de la consommation d’alcool chez les mineurs.  
 

Le compte à rebours est lancé jusqu’au réveillon de Noël et du Nouvel an. À cette occasion, OpinionWay a réalisé un sondage pour la Ligue contre le cancer sur la consommation d’alcool des mineurs lors des fêtes de fin d’années, vue par les Français. L’étude a été réalisée sur 1 225 Français majeurs, du 12 au 14 décembre 2023. 

Le sondage révèle que 7 Français majeurs sur 10 trouvent “acceptable” de laisser des mineurs consommer de l’alcool pendant ces festivités. Pour 32% des Français, "les fêtes de fin d'année sont [même] un bon moment pour faire goûter de l'alcool aux enfants pour la première fois". 4 répondants sur 10 estiment également que faire boire “un verre exceptionnellement aux adolescents est sans conséquence". Et 3 Français sur 10 estiment “qu’il est possible de servir de l’alcool à des adolescents de moins de 15 ans”. 

 

 

Des parents moins sensibles au facteur de risque “alcool” 

Le sondage alerte également sur le rôle des parents, qui semblent “moins sensibles au facteur de risque ‘alcool’ que le reste de la population”. Un parent sur deux pense que “ce n’est pas grave si un mineur goûte de l’alcool pendant les fêtes”, contre 46% pour le reste des personnes majeures interrogées. 38% des parents pensent également que s’ils boivent de l’alcool devant leur enfant avant sa majorité, cela “n'influence pas [sa] consommation d’alcool à l’âge adulte”. 

Selon les répondants, l’âge moyen cité jugé “acceptable” pour consommer pour la première fois de l’alcool est toujours avant 18 ans ; 15 ans pour du cidre, 16 ans pour du champagne, de la bière et du vin, 17 ans pour de l’alcool fort (whisky, rhum, vodka…). Pour le Dr Emmanuel Ricard, porte-parole de la Ligue contre le cancer et médecin de santé publique, ces chiffres sont alarmants. "On sait que plus on commence tôt, plus il y a une habitude du cerveau et une appétence, c'est-à-dire une envie d'y retourner qui va être importante. Et plus on commence tôt, plus les effets de l'alcool sont majorés, puisque les organes ne sont pas terminés, ils sont en cours de construction", explique-t-il sur France Inter, ce lundi. 

 

 

L'alcool, deuxième facteur de cancer en France 

Si 39% des répondants reconnaissent que leur consommation d’alcool pendant cette période de fête leur est “essentielle”, le Dr Emmanuel Ricard tient à alerter les Français. "L'alcool est le deuxième facteur de cancer en France. Il est parmi les premières causes d'hospitalisation en France, la première cause de consultation aux urgences... À un moment où on dit que les urgences sont embouteillées, à un moment où on dit que les malades ne peuvent plus y accéder, il faut se réveiller !" proteste le médecin. 

Pour le Dr Daniel Nizri, président de la Ligue contre le cancer et cancérologue, "notre pays a toujours eu une position ambiguë vis-à-vis de l’alcool", qui s’explique par "les paradoxes des messages de prévention et des messages envoyés par les pouvoirs publics qui n’agissent souvent qu’avec modération. Ils ont une conséquence très claire : si les Français, et tout particulièrement les parents, sont conscients de la nécessité de réduire la consommation d’alcool et de l’interdire pour les plus jeunes, ils banalisent souvent leur propre consommation et celles de leurs enfants".  

Alors que le ministère de la Santé avait retoqué en septembre dernier deux campagnes de prévention sur l’alcool, Aurélien Rousseau a fait savoir qu’il participerait au “Dry January” et qu’il resterait donc “sobre” pendant tout le mois de janvier. 

[Avec Franceinfo

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des encéphalopathes alcooliques tout s'explique
 
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