@Svitlana/stock.adobe.com
Médecins libéraux : la féminisation de la profession "freine la progression" des revenus, pointe la Drees
Entre 2017 et 2021, le revenu d’activité des médecins ayant une activité libérale a progressé de 0,6 % par an en moyenne en euros constants, selon une étude de la Drees publiée ce mardi 15 septembre. Une hausse modérée liée aux changements de profil des médecins libéraux et notamment à la féminisation de la profession.
@Svitlana/stock.adobe.com
En 2021, le revenu d’activité moyen s’élevait à 124 000 euros pour l’ensemble des médecins libéraux, selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees), publiée ce mardi. Il atteignait 98 300 euros chez les médecins généralistes contre 153 300 euros chez les autres spécialistes. La très grande majorité de ces revenus provenait de l’activité libérale (92 % en moyenne).
Entre 2017 et 2021, le revenu d’activité libérale et salariée des médecins libéraux en France a progressé, en moyenne, de 0,6 % par an en euros constants, c’est-à-dire après déduction de l’inflation. Cette évolution globale reflète en partie les transformations du profil de ces praticiens au cours de cette période. À structure d’âge, de sexe et de secteur de conventionnement inchangée, leur revenu aurait augmenté de 0,6 point supplémentaire par an (soit +1,2 %).
En effet, la féminisation de la profession constitue l’un des principaux facteurs expliquant ce frein à la hausse des revenus. En 2021, les femmes représentaient 41 % des médecins libéraux, contre 37 % en 2017 et 27 % en 2005. Leur revenu d’activité moyen s’établissait à 89 500 euros, soit 40 % de moins que celui des hommes (148 800 euros). La Drees explique principalement cet écart par un niveau d’activité moyen inférieur, mesuré à partir des honoraires sans dépassements ni forfaits.
Cet écart est particulièrement élevé parmi les spécialités médicales hors omnipraticiens (43 %), et du même ordre dans les spécialités chirurgicales et médico-chirurgicales (36 %). En revanche, l’écart est plus faible parmi les médecins de plateaux médico-techniques (22 %). Alors que l’écart de niveau d’activité entre femmes et hommes ne varie pas selon l’âge pour les omnipraticiens, il est plus important en début de carrière dans les autres spécialités.
À âge donné, le niveau d’activité des femmes était inférieur de 26 % chez les omnipraticiens et de 36 % chez les autres spécialistes. L’effet de la féminisation a ainsi réduit de 0,5 point par an la progression du revenu moyen entre 2017 et 2021. L’impact est particulièrement marqué chez les pédiatres (-0,8 point), les rhumatologues (-0,8), les oncologues médicaux (-0,7) et les omnipraticiens (-0,7).
Le rajeunissement relatif de la profession a également pesé sur le revenu moyen. L’âge moyen des médecins est passé de 54 ans en 2017 à 52 ans en 2021, tandis que la proportion de médecins âgés de 55 ans ou plus a diminué de 56 % à 49 %. Cette évolution est notamment liée à l’arrivée croissante de jeunes médecins après l’augmentation du numerus clausus à partir de 2005. Or, l’activité libérale est généralement plus faible en début de carrière et augmente jusqu’aux âges intermédiaires. La seule modification de la structure par âge a ainsi réduit de 0,6 point par an la croissance du revenu moyen sur la période.
À l’inverse, la progression du secteur 2 a contribué positivement au revenu moyen. En 2021, un médecin libéral sur quatre exerçait dans ce secteur, et un sur deux parmi les spécialistes, hors médecine générale. Leur revenu moyen atteignait 149 100 euros, contre 124 000 euros en secteur 1. Entre 2017 et 2021, la part des médecins en secteur 2 a progressé de trois points, contribuant à hauteur de 0,2 point par an à la croissance du revenu moyen. L'effet est particulièrement important chez les gynécologues et les ophtalmologistes (+0,7 point).
Ces évolutions sont cependant très variables selon les spécialités. Entre 2017 et 2021, le revenu moyen a progressé de 4,9 % par an chez les oncologues médicaux, tandis qu’il a diminué de 2,7 % chez les anesthésistes-réanimateurs et de 2,6 % chez les rhumatologues. Chez les médecins généralistes, il a augmenté de 0,7 % par an.
La sélection de la rédaction
Les oraux ont-ils leur place dans les examens de médecine ?
PATRICK BLANC
Non
Les ECOS ne devraient pas être classants mais uniquement éliminatoires (par ex 14/20) . C’est un exercice formatif très interessan... Lire plus