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Secteur 3 : le Sénat dit non au déremboursement des prescriptions… pour l'instant

Dans le cadre de l'examen en première lecture du projet de loi visant à lutter contre les fraudes sociales et fiscales, les sénateurs ont rejeté un amendement socialiste mettant un terme à la prise en charge par l'Assurance maladie des prescriptions émises par les médecins déconventionnés pour fraude... ou par choix. Mais "ce n'est que partie remise". 

14/11/2025 Par Aveline Marques
Déconventionnement
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"Le conventionnement n'est pas une simple formalité, il garantit la qualité des prescriptions, assure un suivi rigoureux des soins et responsabilise le prescripteur", a estimé la sénatrice des Côtes-d'Armor, Annie Le Houerou (groupe Socialiste, écologiste et républicain), qui a porté un amendement visant à dérembourser les prescriptions de tous les médecins de secteur 3 dans le cadre de l'examen du projet de loi contre les fraudes sociales et fiscales, jeudi 13 novembre à la chambre haute. 

Il s'agit de "désinciter la prise de rendez-vous avec des médecins de secteur 3 dont le fonctionnement ne correspond pas à l'esprit de la protection sociale juste et équitable", a-t-elle lancé. La mesure vise également à prévenir le risque d'une "fuite" vers le secteur 3, qui "affaiblirait le recours au conventionnement et, de fait, l'accès aux soins". "Cet amendement ne doit pénaliser en aucun cas les patients : il doit s'accompagner d'une transparence renforcée et d'une information claire, a insisté Annie Le Houerou. Les plus vulnérables ne doivent pas encore une fois être victimes des retombées de ceux qui profitent du système."

"Un médecin en secteur 3 ne peut pas être mis sous objectif, il ne répond de rien, il peut prescrire ce qu'il veut, nous devons rembourser et nous n'avons aucun droit de regard là-dessus", a souligné, de son côté, la sénatrice écologiste Raymonde Poncet-Monge.

Être déconventionné n'est pas fraudé, c'est un choix

Le rapporteur de la commission, Olivier Henno, a quant à lui émis un avis défavorable, jugeant l'amendement "abusif". "Être déconventionné n'est pas fraudé, c'est un choix", a-t-il déclaré, alors que quelques instants plus tôt le Sénat avait validé le principe d'un déremboursement des prescriptions pour les professionnels de santé déconventionnés pour fraude.

Rappelant que le débat se tiendrait dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, qui porte une mesure similaire, la ministre Stéphanie Rist a émis un avis de sagesse.

L'amendement a donc été rejeté, mais comme l'a relevé Raymonde Poncet-Monge : "Ce n'est que partie remise."

Arrêt maladie : la possibilité de solliciter un deuxième avis auprès d'un confrère spécialiste est-elle une bonne idée ?

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Georges FICHET
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Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 5 mois
Dans notre société,, c'est marche ou crève depuis longtemps. J'ai mangé de la vache enragée quand j'étais étudiant et lors de mes premières années d'installation et personne ne m'a fait de cadeau ! Alors, je me fous totalement de l'esprit de la protection sociale juste et équitable ! Je ne suis pas en secteur 3 car je suis en secteur 1 et je pratique des dépassements à chaque consultation car, retraité actif, je ne vois qu'à peine 5 patients par jour: Donc, la consultation à 35 euros, c'est niet. Je suis à 50 euros et ne pense pas que ce soit excessif. C'est le juste prix. On ne demande pas au boulanger de brader ses baguettes en dessous du prix officiel pour respecter l'esprit de la justice sociale juste et équitable : ce sont des mots de baba-ccols socialos imbéciles heureux, pas de personnes sensées qui savent ce que c'est de travailler et connaissent le juste prix de leur travail.
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Jean Philippe
184 points
Incontournable
Médecins (CNOM)
il y a 5 mois
La convention est un contrat et les parties prenantes doivent bien évidemment respecter ce contrat. Les médecins vivent de leur activité après un minimum de 10 ans d’études et méritent d’être reconnus. Pour aller jusqu’au bout de la logique de certains sénateurs , il devrait être possible pour les patients qui veulent consulter les médecins non conventionnés de ne plus cotiser au régime général , et donc d’adhérer à une assurance privée pour pouvoir être remboursés .
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Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 5 mois
Il faut désormais réfléchir aux conditions d'une menace sérieuse de déconventionnement massif et collectif. Défendre nos intérêts, c'est défendre ceux des patients contre une médecine quils veulent, soit administrée , soit ultra libérale, et qui vise plus à équilibrer des lignes budgétaires pour plaire et faire carrière qu'à assurer un service de qualité aux patients. Une déclaration écrite individuelle de déconventionnement centralisée chez un huissier ou un syndicat par exemple, mais dont l'officialisation publique serait conditionné à un quorum minimum ( à définir) semble être une idée opportune pour libérer l'expression de chacun . Est-ce réalisable ? Certains ont-ils un avis sur ce sujet ? Sans réaction, ils pousseront encore et toujours plus loin et finiront par vider le conventionnement de tout sens jusqu'à le rendre intolérable, puisqu'en définitive, c'est, je crois, le but inavoué
 
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