Santé reproductive : tous les indicateurs sont au rouge

07/07/2018 Par Marielle Ammouche
Santé publique

La dégradation de la qualité du sperme et la multiplication des cas de puberté précoce inquiètent fortement les spécialistes de l’Institut de veille sanitaire qui vient de publier un Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) sur ce sujet. Ainsi, entre 1989 et 2005, la concentration en spermatozoïdes du sperme a chuté de près d'un tiers (-32,2%), soit près de 2% par an, d'après des mesures réalisées sur près de 27 000 hommes.

"Il est possible que cette baisse ait débuté dans les années 1970 si l'on prend en compte une étude précédente réalisée en région parisienne de 1973 à 1992", ont de plus souligné les chercheurs. Ce phénomène n'est pas propre à la France. Les auteurs citent une étude de 2017 qui évalue cette baisse à "1,4% par an" en moyenne "dans les pays occidentaux (Amérique du Nord, Europe, Australie et Nouvelle-Zélande)". "Diverses hypothèses causales peuvent être évoquées, notamment les expositions aux perturbateurs endocriniens ", avancent les auteurs. "D'autres causes sont possibles ou peuvent être intriquées avec les précédentes, comme le tabagisme chez les femmes enceintes (...), des facteurs nutritionnels ou métaboliques, la pollution atmosphérique ou des modifications de mode de vie (sédentarité, stress, chaleur, sommeil)", ajoutent-ils. Parallèlement, les cas de cancers des testicules, qui se déclarent le plus souvent chez des patients âgés de 20 à 40 ans, progressent. De 1998 à 2014, l'incidence de la maladie a augmenté de 1,5% par an. Cette hausse "dans les populations d'origine nord-européenne depuis plusieurs décennies est un fait connu et encore inexpliqué", soulignent les chercheurs. Les cas de puberté précoce commencent seulement à être recensés, par le nombre d'enfants traités. Se manifestant par des "signes de puberté avant l'âge de huit ans chez les filles et de neuf ans chez les garçons", cette puberté peut avoir de multiples conséquences néfastes pour la santé physique et mentale. Elle touche 10 fois plus souvent les filles que les garçons. Et les différences sont marquées entre les régions, avec deux endroits particulièrement concernés : l'ancienne région Midi-Pyrénées et le département du Rhône, avec des incidences plusieurs fois supérieures à la moyenne nationale. "La puberté précoce peut être liée à des facteurs génétiques spécifiques, et des facteurs ethniques/populationnels pourraient aussi jouer un rôle", estime Santé publique France. Mais "le rôle d'une exposition environnementale à des substances potentiellement perturbatrices endocriniennes et pouvant être d'origine anthropique (liée à l'intervention des humains, ndlr) est à prendre en considération, sans exclure des facteurs environnementaux non encore identifiés", d'après les chercheurs.

Faut-il supprimer les ARS ?

Valérie Briole

Valérie Briole

Non

Quel interlocuteur à la place ? Le préfet ? Il n’a pas connaissance des enjeux de santé publique ni des coûts réels des soins. Le... Lire plus

3 débatteurs en ligne3 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
22
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
15
Psychiatrie
"La caisse me réclame plus de 40.000 euros" : le combat d'un psychiatre pour des prescriptions basées sur les...
08/04/2026
20
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Déontologie
"On m'a sali alors que je n'ai fait que rendre service" : un médecin retraité jugé pour avoir continué à...
10/03/2026
0
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2