"L'Assurance maladie ne se désengage pas de la prise en charge du médicament, bien au contraire", affirme Thomas Fatôme
Lors d'une conférence de presse organisée ce mercredi 14 janvier, la Cnam est revenue sur les chiffres clés du médicament en France. En 2024, l'Assurance maladie a remboursé 27,2 milliards d’euros de médicaments délivrés en pharmacies de ville. En 10 ans, l'accès aux médicaments innovants a été largement financé par l'Assurance maladie, s'est félicité le directeur de la caisse nationale, Thomas Fatôme.
"Le médicament prend une place importante, avec 26% notamment des dépenses de soins de ville", a indiqué Thomas Fatôme, directeur général de la Cnam en préambule d'une conférence de presse destinée à traiter des chiffres clés du médicament en France et de leurs évolutions au cours des dix dernières années.
De manière globale, le taux de remboursement a progressé de près de 7 points sur la décennie, passant de 80,7% en 2014 à 87,6% en juin 2025. "On est quasiment à 88%, et si on ajoute les médicaments qui sont prescrits à l'hôpital, mais délivrés en pharmacie, d'officine, ce taux monte à 90%. Par rapport à la vision générale que l'on peut avoir et qui est que l'Assurance maladie se désengage et qu'elle rembourse moins, en réalité, elle est au rendez-vous", affirme Thomas Fatôme, se félicitant d'avoir un des meilleurs taux de remboursement du médicament en Europe. Le remboursement de médicaments est ainsi en progression continue depuis 2019.
41 boites en moyenne par assuré
En 2024, l'Assurance Maladie a remboursé 27,2 milliards d’euros de médicaments délivrés en pharmacies de ville, avec une hausse particulièrement marquée sur l’année. 61,8 millions d’assurés ont été remboursés d’au moins un médicament sur un an. Ainsi, en 2024, cela représente le remboursement de 41 boîtes en moyenne, pour un montant de 437 euros par assuré. Un chiffre qui évolue fortement en fonction de l'âge des assurés et qui grimpe à 108 boites pour les patients de 80 ans.
Cela illustre l'importance "des enjeux de polymédication, de déprescription, de bon usage des médicaments", a souligné le directeur de Cnam, estimant que "la polymédication et l'hyperpolymédication peuvent avoir des impacts sur la santé au-delà de l'effet de chacun des traitements".
Les trois médicaments représentant les montants remboursés les plus importants en France sont le Vyndaquel, destiné à traiter l'amylose cardiaque, l'anticoagulant Eliquis, et Eylea, utilisé dans le traitement de la DMLA. Le Doliprane n'arrive qu'à la 8ème place.
Le paracétamol arrive en revanche en tête du classement des molécules les plus remboursées en volume, avec plus de 430 millions de boîtes en 2024 et 42,5 millions d’assurés concernés. En raison de son coût unitaire limité, il ne constitue toutefois pas le principal poste de dépense en valeur pour l’Assurance Maladie (371,6 M€). Le paracétamol est suivi par le colecalciferol et l'amoxicilline.
Certaines familles historiques de médicaments voient leur poids dans les dépenses diminuer, notamment les analgésiques courants, les traitements de l’hypertension ou encore les médicaments anticholestérol. Ils reculent principalement sous l’effet de la progression des médicaments génériques et des baisses de prix liées. "Avec encore plus de génériques et de biosimilaires, on se créé des marges de manœuvre" pour rembourser des médicaments innovants et donc plus chers, commente Thomas Fatôme.
Deux médicament à 1 million d'euros par patient et par an
En effet, le système de santé s’est adapté à une inflation sans précédent du coût des traitements par patient. Alors qu’en 2015, un seul médicament dépassait un coût de traitement annuel de 100 000 euros par patient, ils sont 21 en 2025 à franchir ce seuil, et les traitements les plus coûteux dépassent désormais 185 000 euros par patient et par an. Deux médicaments, prescrits pour moins de 100 malades, atteignent même plus d’un million d’euros par patient et par an.
"Les changements que l’on observe aujourd’hui dans les remboursements de médicaments sont significatifs : ils témoignent à la fois des progrès récents de la médecine, avec de nouveaux traitements efficaces contre des maladies rares et graves, et du rôle central de l’Assurance maladie pour leur prise en charge et ainsi permettre à chacun d’y avoir accès. Notre mission, c’est de soutenir ces innovations tout en veillant à ce que les médicaments soient utilisés de manière juste, sûre et bénéfique pour tous, afin de préserver la qualité des soins et notre modèle solidaire", souligne Thomas Fatôme.
L'analyse des prescriptions de médicaments (2019-2024) montre une hausse des prescriptions hospitalières qui représentent 70% de la hausse totale des dépenses remboursées brutes. En revanche, l'Assurance maladie relève une quasi-stagnation de la médecine générale libérale (+1,6% des dépenses brutes sur la période).
Un généraliste prescrit chaque année 142 000 euros de médicaments remboursés
Le poids des médecins généralistes dans les volumes de médicaments prescrits reste toutefois largement dominant mais tend à diminuer, passant de 70,2% en 2019 à 65,4% en 2025 (-4,8 pts). En montants, la part des prescriptions des médecins généralistes libéraux diminue également de 9 points, passant de 39,8% en 2019 à 30,7% en 2025.
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