soin

@lenetsnikolai/stock.adobe.com

"Ils ne s'hydratent pas suffisamment, ne vont pas aux toilettes" : le Gouvernement lance une grande campagne pour prendre soin des soignants

Alors que près de la moitié (46 %) des soignants ont déclaré être tombés malades au cours des trois derniers mois, soit près du double des salariés (27 %), les ministres de la Santé, de l'Autonomie et du Travail lancent un grand plan pour prendre soin des soignants. Prévention, formation ou encore réduction des risques feront partie des grands axes de travail.  

22/05/2026 Par Sandy Bonin
soin

@lenetsnikolai/stock.adobe.com

"Les professionnels de santé ont la santé la plus dégradée, c'est les cordonniers les plus mal chaussés", a constaté le ministère de la Santé. Leur risque professionnel "est presque plus important que pour les ouvriers du bâtiment". 

Source : ministère de la Santé.

Face à ce constat, les ministres de la Santé, Stéphanie Rist, de l'Autonomie, Camille Galliard-Minier et du Travail, Jean-Pierre Farandou, ont dévoilé ce vendredi 22 mai un grand plan destiné à "prendre soin de ceux qui prennent soin". "Notre système de santé ne peut être fort avec des professionnels malades, épuisés ou en souffrance. C'est une question d'éthique, d'efficacité et de cohérence", pointent-ils.

Ce plan, établi en concertation avec les acteurs du système de santé (Ordres, étudiants, syndicats, associations...), s'appuiera sur les initiatives de terrain déjà conduites afin d'identifier les mesures immédiatement mobilisables. Ce plan ambitionne d'outiller et d'accompagner les professionnels, y compris les étudiants. Il insistera sur la prévention, notamment en santé mentale, devra réduire les risques professionnels et inscrire la santé des soignants dans la durée.

Pour mieux accompagner les soignants, le Gouvernement projette de mettre en place un portail commun d'informations et d'un numéro d'appel unique sur le modèle d'un "guichet unique" afin "d’offrir aux professionnels et aux étudiants une information claire accessible à tous sur un même lieu". Ce portail d'information devra favoriser la diffusion de bonnes pratiques, la mise en avant d'expériences et innovations réussies en ce domaine et la mise à disposition d'outils opérationnels.

Cette maîtrise des outils passera aussi par l’intégration d'un module dédié à la santé des soignants dans les référentiels de formation initiale et continue des professionnels de santé.

"La prévention, en particulier en matière de santé mentale, constitue un levier essentiel pour améliorer durablement les conditions d’exercice des professionnels de santé", estime le Gouvernement. Ce dernier souhaite agir "en amont sur les facteurs organisationnels et sur les environnements de travail". "Il faut inculquer aux professionnels le réflexe de prévention alors qu'ils ne s'hydratent pas suffisamment, ne vont pas aux toilettes", insiste le ministère de la Santé.

Un label 3S "santé et soins des soignants" devrait être créé pour inciter les établissements à s’emparer du sujet de la santé des soignants et valoriser ceux qui s'y engagent. Le plan appelle également à garantir l'anonymisation des données de santé lorsque les professionnels de santé sont pris en charge au sein d'un établissement de santé pour préserver leur confidentialité.  

"Face aux contraintes croissantes qui pèsent sur les professionnels de santé, la santé au travail constitue un enjeu prioritaire", pointe le Gouvernement. Elle repose à la fois sur une politique renforcée de prévention et une réduction des risques professionnels. Le grand public sera également sensibilisé à la santé des soignants.  

"La santé des professionnels de santé doit être pleinement reconnue comme un enjeu central de l'action publique. Il s'agit de l’inscrire durablement parmi les priorités du ministère de la Santé en la considérant comme une condition essentielle au bon fonctionnement du système de soins", conclut le Gouvernement.  

Faut-il diminuer le remboursement par l'Assurance maladie des médicaments à SMR faible ou modéré?

VINCENT DIEBOLT

VINCENT DIEBOLT

Non

Mesure démagogique et dangereuse. Lorsqu'une molécule est évaluée dans une pathologie où existe déjà d'autres molécules dites de r... Lire plus

1 débatteur en ligne1 en ligne
Photo de profil de DELA LIE
DELA LIE
4,2 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 mois
"Il faut inculquer aux professionnels le réflexe de prévention alors qu'ils ne s'hydratent pas suffisamment, ne vont pas aux toilettes" Il faudrait commencer par éduquer les politico/administratifs : 1/on attends toujours la simplification administrative sur le terrain (et non pour vos salariés SS) Exemple: avant dans les accidents de travail, un seul formulaire spécifique avec les dates d'arrêt (si besoin) et les constatations clinique. Maintenant 1 feuille avec les dates d'arrêt, une autre pour les constatations... Même chose si c'est rédigé en ligne ! OK le personnel secu n'a plus à dispatcher les feuillets.... C'est plus simple pour eux. Mais ce n'est pas ce qu'attendent les soignants ! En plus y'a toujours pas la place pour préciser la durée proposée lors de la demande d'un temps partiel (xH/se ou x%) 2/arreter de dévaloriser notre expertise chèrement acquise (nombre d'année d'esclavage dans les hôpitaux) en dépreciant nos rémunérations, distribuant nos actes à qui n'en veut, faisant de nous vos têtes de Turcs pour votre mauvaise gestion et/ou l'absence de courage à reduire l'impression du tout gratuit afin de diminuer les excès J'arrête là, la moutarde me monte au nez, c'est mauvais pour ma tension. Pas besoin de blabla pour faire genre on s'occupe de vous, les libéraux ne sont pas friants d' assistanat contrairement à votre cible habituelle.
Photo de profil de LAURENT SEGUIN
LAURENT SEGUIN
1,7 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 mois
Pour poser le diagnostic, en connaître l’étiologie (réelle et non fantasmée par nos enarques, cad sans coût), et apporter une organisation préventive et curative, nos chers fonctionnaires du Ministère de la Santé ont-ils fait appel à… un médecin ? Je veux dire non pas un quelconque Docteur (en quoi que ce soit) ou Professeur (décidant du haut de son biais issu d’un exercice gyperspecialisé en CHRU), mais à un Soignant? A l’un d’entre nous? Qui chercherait donc REELLEMENT une solution pragmatique et efficace? J’en doute…
Photo de profil de FRANCOIS CORDIER
FRANCOIS CORDIER
4 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 2 mois
"le Gouvernement. Ce dernier souhaite agir "en amont sur les facteurs organisationnels et sur les environnements de travail". Et en amont du verre d'au toutes les 30 minutes, qu'est-ce qu'on trouve ? . . . . le temps d'aller se le servir et de le boire ! avec une rémunération digne et équitable, un professionnel pourra prendre le temps nécessaire pour s'organiser soigneusement . Payé au lance pierre et surchargé d'obligations para-sanitaires administratives, il ne lui reste plus que le temps de courir au plus pressé en priorisant ses patients . Ce n'est pas en éditant des normes et des "recommandations" ou grands plans (sur la comète) supplémentaires que nos "décideurs" agiront "en amont" .
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Urgences
Urgences en plein vol ou dans le train : pourquoi des médecins hésitent parfois à répondre à l'appel
13/07/2026
54
Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
26
"Un médecin n'est jamais en retard : l'heure de convocation n'est pas l'heure de début de la consultation"
21/07/2026
0
Internat
"Il y a un suicide tous les 18 jours" : à bout, les internes désertent leurs stages pour défendre leurs droits
28/04/2023
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2