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Fin de vie : ces personnalités du monde médical appellent les députés à rejeter le texte sur l'aide à mourir
À quelques heures du vote final à l'Assemblée nationale, huit personnalités du monde médical et de l'éthique alertent sur les risques de la proposition de loi créant un droit à l'aide à mourir. Dans une tribune publiée dans La Croix, elles dénoncent un texte qu'elles jugent "imprécis" et "imprudent".
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Alors que le vote final des députés sur la création d'un "droit à l'aide à mourir" approche, huit personnalités viennent de publier une tribune au sein de La Croix. Elles appellent à rejeter un texte "imprécis" et "imprudent" qui, selon elles, menacerait les "personnes les plus fragiles". Ce texte "comporte de nombreuses zones d'ombre, d'imprudence et d'approximation, qu'il vous appartient de regarder en face avant de voter", écrivent-elles.
Parmi les auteurs figurent la Dre Ségolène Perruchio, présidente de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs, le Pr Didier Sicard, président d'honneur du Comité consultatif national d'éthique ou encore le Dr Raphaël Gourevitch, médecin psychiatre, représentant de la Société médico-psychologique.
"Les critères d'accès vous sont présentés comme restrictifs et cumulatifs" mais "il n'en est rien" : "l'affection grave, incurable, en phase avancée et engageant le pronostic vital recouvre une multitude de situations et fait entrer dans le champ de la loi un nombre indéterminé de personnes", arguent-ils. Et d'ajouter que "le critère de la souffrance perçue comme insupportable" est "subjectif par principe".
Alors que le désir de mort est souvent "fluctuant", les auteurs dénoncent "l'imprécision des protections prévues", comme la notion de "discernement gravement altéré" comme motif d'exclusion ou "l'absence d'obligation de consultation du médecin expert". La procédure prévue serait "la plus hâtive" du monde, déplorent-ils.
Ce texte créerait "une catégorie de personnes pour lesquelles la société consentirait au décès, l'organiserait" et "menacerait directement l'existence des plus fragiles : personnes âgées, malades, dépressives, en situation de handicap, majeurs protégés...", plaident-ils encore. Dans un pays où l'accès aux soins, notamment palliatifs, se détériore, l'aide à mourir "viendrait directement concurrencer une aide à vivre déjà déficiente", ajoutent-ils.
"C'est à nous", soignants, "qu'on va donner ce pouvoir de choisir qui peut vivre ou qui peut mourir et ce pouvoir-là, on n'en veut pas", a souligné ce mercredi Ségolène Perruchio sur Radio Classique. Telle que la loi est rédigée, "on n'a pas la liberté de dire 'chez nous, on ne fera pas', pourtant "la plupart des médecins dans mon service sont objecteurs de conscience", a-t-elle observé.
Il y a "une vraie question sur comment on va faire : est-ce qu'on va être contraints à faire malgré notre conscience (...) ? Est-ce qu'on va transférer les patients", ou "laisser intervenir des gens de l'extérieur ?", s'est-elle interrogée. Cela met les soignants "dans une grande tension éthique".
[avec La Croix et Radio Classique]
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