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Fin de vie : ces personnalités du monde médical appellent les députés à rejeter le texte sur l'aide à mourir 

À quelques heures du vote final à l'Assemblée nationale, huit personnalités du monde médical et de l'éthique alertent sur les risques de la proposition de loi créant un droit à l'aide à mourir. Dans une tribune publiée dans La Croix, elles dénoncent un texte qu'elles jugent "imprécis" et "imprudent".  

15/07/2026 Par Alexis Vignais
Fin de vie
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Alors que le vote final des députés sur la création d'un "droit à l'aide à mourir" approche, huit personnalités viennent de publier une tribune au sein de La Croix. Elles appellent à rejeter un texte "imprécis" et "imprudent" qui, selon elles, menacerait les "personnes les plus fragiles". Ce texte "comporte de nombreuses zones d'ombre, d'imprudence et d'approximation, qu'il vous appartient de regarder en face avant de voter", écrivent-elles.  

Parmi les auteurs figurent la Dre Ségolène Perruchio, présidente de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs, le Pr Didier Sicard, président d'honneur du Comité consultatif national d'éthique ou encore le Dr Raphaël Gourevitch, médecin psychiatre, représentant de la Société médico-psychologique. 

"Les critères d'accès vous sont présentés comme restrictifs et cumulatifs" mais "il n'en est rien" : "l'affection grave, incurable, en phase avancée et engageant le pronostic vital recouvre une multitude de situations et fait entrer dans le champ de la loi un nombre indéterminé de personnes", arguent-ils. Et d'ajouter que "le critère de la souffrance perçue comme insupportable" est "subjectif par principe". 

Alors que le désir de mort est souvent "fluctuant", les auteurs dénoncent "l'imprécision des protections prévues", comme la notion de "discernement gravement altéré" comme motif d'exclusion ou "l'absence d'obligation de consultation du médecin expert". La procédure prévue serait "la plus hâtive" du monde, déplorent-ils. 

Ce texte créerait "une catégorie de personnes pour lesquelles la société consentirait au décès, l'organiserait" et "menacerait directement l'existence des plus fragiles : personnes âgées, malades, dépressives, en situation de handicap, majeurs protégés...", plaident-ils encore. Dans un pays où l'accès aux soins, notamment palliatifs, se détériore, l'aide à mourir "viendrait directement concurrencer une aide à vivre déjà déficiente", ajoutent-ils.  

"C'est à nous", soignants, "qu'on va donner ce pouvoir de choisir qui peut vivre ou qui peut mourir et ce pouvoir-là, on n'en veut pas", a souligné ce mercredi Ségolène Perruchio sur Radio Classique. Telle que la loi est rédigée, "on n'a pas la liberté de dire 'chez nous, on ne fera pas', pourtant "la plupart des médecins dans mon service sont objecteurs de conscience", a-t-elle observé. 

Il y a "une vraie question sur comment on va faire : est-ce qu'on va être contraints à faire malgré notre conscience (...) ? Est-ce qu'on va transférer les patients", ou "laisser intervenir des gens de l'extérieur ?", s'est-elle interrogée. Cela met les soignants "dans une grande tension éthique". 

[avec La Croix et Radio Classique]

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Michel Rivoal
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Plume
Anesthésie-réanimation
il y a 24 jours
Je vais revenir pour poster un avis plus complet mais peut être sur l'information renouvelée après le vote. Il a eu lieu et comme a dit la présidente:" l'assemblée a adopté". L'avis des "personnalités" médicales a été moins suivi que celui du comité citoyen. Ses membres avaient été tirés au sort. ils étaient une émanation du peuple, les députés ont voté, ils représentent le peuple. Les "personnalités" n'en représentent qu'une toute petite partie. Leurs arguments ne sont qu'une interprétation très "personnelle" d'un texte qui a été débattu et amendé de façon contradictoire, libre et démocratique depuis plus de trois ans pendant des centaines d'heures de débat: un record sous la 5ème république selon la présidente de l'assemblée. Notre premier ministre soumettra le texte au conseil constitutionnel. Le député Falorni est optimiste sur ses conclusions, prudent sur la parution des décrets d'application. On aurait du mal à lui donner tort! À suivre donc encore une fois.
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CHAMBON dominique
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Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 24 jours
Les aléas de cette loi sont l’exemple presque ultime du naufrage de l’éthique, quand elle cède la place à l’idéologie: les impératifs (impérieux!) de celle-ci coupe la réflexion (patiente!) à la nécessité de celle-là. Au final, on aura ce qu’on y aura amené: un vote dans la précipitation (contrairement aux apparences!), un appauvrissement des soins palliatifs (évidemment la vraie solution: très peu, voire pas de demande d’euthanasie dans les centres de SP: étrange, non?), un satisfecit donné à une minorité très bruyante, politisée, idéologisée, et qui en plus, se sera payé le luxe d’avoir dévoyé à son bénéfice, des mots oh combien lourd de sens au pays des Lumières: mourir dans la dignité…
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JACQUES R
3,9 k points
Débatteur Passionné
Biologie médicale
il y a 24 jours
Et puis en France on est tellement supérieurs à ces pauvres Belges et Suisses..... Falorni a bien répondu sur la clause de conscience: elle s'applique aux personnes, aux individus, pas aux murs d'un établissement. La mort : Ce n’est qu’un instant, mais il est de tel poids que je donnerais volontiers plusieurs jours de ma vie pour le passer à ma mode. Montaigne
 
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