Empêtré dans les conflits d'intérêts, Delevoye présente sa démission

16/12/2019 Par M. B.
Après une semaine de remous médiatique, conséquence d’une déclaration d’intérêts pleine d’"omissions", le Haut-Commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye a présenté sa démission jeudi. Celle-ci a été acceptée "à regret" par Emmanuel Macron, qui a ajouté qu'il serait remplacé "dans les meilleurs délais"

 

La pression autour de Jean Paul Delevoye était trop forte. Une semaine après les premières révélations du Parisien concernant son mandat d’administrateur à l’Ifpass, organisme de formation en assurance, celui qui était en première ligne pour défendre la réforme des retraites a finalement dû remettre sa démission. 

Sur les trois mandats inscrits dans sa déclaration d’intérêt auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), dix autres avaient été rajoutés vendredi 13 décembre. Une régularisation vaine pour Jean-Paul Delevoye, qui paye des "oublis" pour le moins problématiques.  

"J’ai fait ces omissions, car pour moi, c’était de l’ordre de l’engagement social ", avait défendu le Haut-Commissaire auprès du journal Le Monde. Seuls deux mandats étaient rémunérés sur les treize déclarés au total. 

En tant que président d’honneur du think-tank Parallaxe, Jean-Paul Delevoye a été rémunéré indument pendant trois mois après son entrée au Gouvernement le 3 septembre dernier. La constitution interdit en effet "tout emploi public ou toute activité professionnelle" pour les membres du Gouvernement mais le Haut-commissaire démissionnaire assure qu’il n’avait pas connaissance de cette interdiction. Il a par ailleurs indiqué qu’il rembourserait l’intégralité des revenus qu’il a perçus pour cette fonction.  

La nouvelle déclaration qu’il a porté à connaissance vendredi 13 décembre précise le niveau de rémunération. Jean-Paul Delevoye a perçu 73 338 euros net en 2018 et 62 216 euros net en 2019 pour ce poste. Il est à noter que le Haut-Commissaire avait déclaré avoir touché seulement 64 420 euros en 2018 et 2019 dans sa précédente déclaration. 

[Avec le Parisien]

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Marie GILARDI

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