Crise des opioïdes : le Lancet pointe la surprescription en chirurgie

06/05/2019 Par Yvan Pandelé
Santé publique
Dans son numéro du 11 avril 2019, la revue britannique The Lancet se penche sur la crise des opioïdes aux Etats-Unis et met en lumière l'usage inadapté de ces médicaments extrêmement addictifs dans la prise en charge de la douleur après chirurgie.

Les opioïdes sont responsables d'une épidémie d'overdoses en Amérique du Nord depuis la fin des années 90. Scandale sanitaire majeur, cette "crise des opioïdes" a provoqué des dizaines de milliers de morts aux États-Unis, au Canada et en Australie. Le dernier numéro du Lancet apporte un éclairage nouveau sur les racines du mal, en pointant le rôle de la chirurgie à travers trois études. "Prescrire des opioïdes aux patients de chirurgie est un problème particulièrement difficile, qui demande aux praticiens de trouver un équilibre entre la gestion de la douleur aiguë et les risques d'un maintien de l'usage longtemps après l'opération", résume dans un communiqué du Lancet le Pr Paul Myles, spécialiste en anesthésie et gestion de la douleur à l'université Monash (Australie), qui a supervisé la série d'articles. D'après une étude américaine, portant sur 155 000 patients ayant subi un acte de chirurgie à risque modéré (canal carpien, arthroscopie du genou, cholécystectomie, hernie inguinale), la dose moyenne d'opioïdes prescrits a augmenté en moyenne de 13 % entre 2004 et 2012. Selon une étude néerlandaise de 2009, 77 % des patients opérés aux États-Unis pour une fracture de la hanche se voyaient prescrire des opioïdes en post-opératoire, contre… aucun aux Pays-Bas. Le taux de satisfaction était pourtant similaire entre les deux pays.   Développer une approche globale Pour autant, il n'y a pas de solution miracle à la mépréscription d'opioïdes, précise Paul Myles. "Pour réduire le risque de mésusage, nous appelons à une approche globale destinée à réduire la prescription d'opioïdes, accentuer l'usage des alternatives médicamenteuses, réduire les surplus de médicaments, et former les patients et les praticiens sur les risques et les bénéfices des opioïdes." Il appelle à la mise à jour des recommandations cliniques et des politiques de santé publique américaines, afin d'offrir aux médecins des niveaux de prescription d'opioïdes par défaut ainsi qu'un plafond de dose. Il pointe également l'absence de recommandations sur la durée des traitements post-opératoires de la douleur, et recommande la généralisation de services spécialisés : les "transitional pain clinics". [Avec AFP et Eurekalert]

Le montant de la cotisation ordinale vous semble-t-il justifié?

Blue GYN

Blue GYN

Oui

Tout dépend comment on pose la question. - Tout travail mérite salaire et il faut arrêter de râler sur tout et en permanence, (Arr... Lire plus

2 débatteurs en ligne2 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Insolite
Pas d'adresse ni de téléphone... A Angers, ce cabinet qui accueille les patients sans médecin traitant est un...
22/01/2026
6
"Les policiers sont venus arme à la ceinture" : médecins spécialistes en clinique, elles dénoncent des...
15/01/2026
31
Enquête
"Ne plus en faire, c'est un deuil" : pourquoi les médecins renoncent aux visites à domicile
14/01/2026
23
Pédiatrie
Moins de médecins, moins de moyens, mais toujours plus de besoins : le cri d'alerte des professionnels de la...
06/11/2025
14
Histoire
"Mort sur table" : retour sur l'affaire des "médecins de Poitiers", qui a divisé le monde hospitalier
15/12/2025
7
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2