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Fin de vie : les médecins exclus de l'aide à mourir par les députés

Depuis ce lundi 22 juin, les députés examinent pour la troisième fois la proposition de loi visant à instaurer un droit à l'aide à mourir accessible sous conditions à certains malades atteints d'une affection grave et incurable. Contre toute attente, ils ont décidé d'écarter les médecins de ce dispositif en votant un amendement du groupe RN mardi, dans la soirée.

24/06/2026 Par Louise Claereboudt
Fin de vie
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Article mis à jour le 24 juin à 17h30 suite à la réaction de l'Ordre des médecins et des infirmiers 

Coup de théâtre à l'Assemblée nationale. Ce mardi soir, alors que l'Assemblée nationale examinait la proposition de loi relative à l'aide à mourir en troisième lecture, les députés ont décidé d'écarter les médecins de ce dispositif. Malgré un double avis défavorable du Gouvernement et du rapporteur, les parlementaires ont en effet adopté un amendement déposé par Marie-France Lorho pour le groupe Rassemblement National (RN) visant à exclure les médecins du processus d'administration de la substance létale. 

"Je me réjouis de cette adoption qui respecte le serment d'Hippocrate selon lequel un médecin ne doit jamais provoquer la mort", a déclaré, dans la soirée, la députée Marie-France Lorho sur ses réseaux sociaux. C'est au nom de ce serment que l'amendement a été défendu. L'exposé des motifs précise en effet que "cet amendement vise à s'assurer que les médecins ne violent pas le serment d'Hippocrate". Le député RN de la Marne Christophe Bentz a salué "une victoire pour les médecins" sur X. 

Quelques minutes après le vote de cet amendement, Frédéric Valletoux, président de la commission des Affaires sociales, a demandé une suspension de séance. "Là je crois que dans la reprise [des débats], on a voté quelque chose d'assez incohérent. J'aimerais qu'on prenne le temps de mesurer ce qui a été voté", a-t-il déclaré dans l'hémicycle.

Après une pause d'une dizaine de minutes, le rapporteur général Philippe Vigier (MoDem) a tenu à s'adresser aux députés ayant voté cet amendement, le ton grave : "Ce que vous avez fait là n'est pas un beau service qu'on rend à tous les soignants et à ceux dont la charge quotidienne est d'accompagner les malades. Malades qui, rappelons-le, sont dans un processus irréversible. J'appelle simplement chacun à réfléchir." L'ancien ministre des Outre-mer, biologiste de profession, a dénoncé un texte "déchiqueté" qui sépare le corps médical en deux, "les médecins d'un côté, les infirmières de l'autre". 

Le rapporteur général a par ailleurs rappelé que le texte avait été amélioré, de sorte que "l'auto-administration" de la substance létale par le patient soit "l'administration de base". Dans le cas où le patient se trouve dans l'incapacité de réaliser ce geste, le texte permettait à un médecin ou une infirmière de le faire. Mais le texte intégrait également une possibilité pour ces soignants de refuser cet acte "à tout moment" par le biais de la "clause de conscience". Si le texte est adopté en l'état, c’est-à-dire tel que modifié hier soir par les députés, seules les infirmières pourraient donc administrer la substance létale.

"Tous les soignants" auraient dû "être exclus du geste létal", a de son côté estimé la Dre Claire Fourcade, présidente de la Société française d’accompagnement et des soins palliatifs, sur X. Et d'ajouter : "Les aléas des votes qui ont conduit à ce résultat pour le moins surprenant mais qui montre la fragilité et la volatilité de ce texte." 

Dans une ambiance tendue, émaillée de plusieurs rappels au règlement, les députés ont finalement voté l'article 2 de la PPL, article clé définissant l'aide à mourir, par 124 voix pour contre 102. Philippe Vigier a toutefois annoncé qu'il demanderait une seconde délibération pour "restituer le droit à mourir équilibré à la demande du patient comme nous l'avons toujours demandé".

L'alerte des Ordres des médecins et des infirmiers 

Dans l'après-midi, mercredi, les Conseils nationaux des Ordres des médecins et des infirmiers ont également réagi au vote de cet amendement excluant les médecins de l'aide à mourir. "Si elle devait aboutir, une telle trajectoire impacterait fortement le droit des malades et les exercices médicaux et infirmiers", ont mis en garde les instances ordinales, fermement opposées à cet amendement qu'elles jugent éloigné "des enjeux déontologiques".

Dans un communiqué de presse, les présidents des Ordres des médecins et des infirmiers, le Pr Stéphane Oustric et Alain Desbouchages ont appelé les parlementaires à "rétablir l'indispensable continuum de santé constitué par le binôme médecin-infirmier", et à "garantir la sécurité juridique des professionnels concernés, ainsi que la cohérence des responsabilités et des missions confiées aux médecins et aux infirmiers, au service des patients et de leurs proches".

Les instances ordinales ont profité de cette communication pour réaffirmé "avec force" que "le médecin comme l'infirmier doivent 'accompagner le mourant jusqu'à ses derniers moments, assurer par des soins et mesures appropriés la qualité d'une vie qui prend fin, sauvegarder la dignité du malade et réconforter son entourage". Ils ne peuvent, en revanche, "provoquer délibérément la mort", réinsistent les Ordres, qui défendent l'instauration d'une clause de conscience "explicite et spécifique" au médecin comme à l'infirmier dans le cadre d'une demande d'aide à mourir.

L'examen de la PPL aide à mourir doit se poursuivre jusqu'au 26 juin, avant un vote solennel fixé au 30 juin. Le Sénat, dominé par la droite et le centre, devrait rejeter à nouveau le texte lorsqu'il reviendra devant lui, à partir du 7 juillet, prédit l'AFP. Le dernier mot devrait donc revenir à la chambre basse du Parlement, conformément aux engagements du Gouvernement. L'ultime vote est prévu le 15 juillet.

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1 débatteur en ligne1 en ligne
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Patrick Tafani
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Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 2 mois
Le débat a été biaisé des le départ. Un soignant quelqu'il soit a étudié et choisi ce métier, plutôt ce sacerdoce pour soulager,consoler au sens premier du terme et traiter si possible. Il n'a jamais été question de donner ou d'aider à donner la mort. Effectivement dans notre société et dans notre monde car le problème se pose à toutes les sociétés humaines,il a été décidé "d'agir" avant la naissance en pratiquant l'avortement jusqu'à une date de grossesse avancée....et d'agir en" fin de vie " ,ainsi l'homme se donne lillusion de maitriser son destin. Je crois humblement quil fallait,puisque la loi devait etre votée se tenir à une collégialité avec toutes les parties prenantes et une clause de conscience "indispensable" et non résiliable. Dans les faits, les choses se passaient comme cela jusqu'à présent, dans la confidentialité cest vrai . Une loi peut elle résoudre tous les cas de figures ?? Une loi peut elle reponndre aux questions existentielles de l'être humain ?? Chacun sur terre a son avis et c'est don droit. Mais attention a l'ouverture de la boîte de Pandore et aux derives, il semble que ce soit le cas dans certains endroits du monde. Quel regret que,en fait,pour des raisons purement économique on ne parle plus des "soins de fin de vie ",en unité de soins palliatifs......eh!!! Oui!!! Cela coûte cher!!!!! Nos politiques ont toujours préféré regardé ailleurs et distribué les fonds en fonction de leurs idées et "ideologie personnelle"!!! Quel dommage !!!! L'avenir de l'être humain méritait mieux comme débat en FRANCE.. .
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Georges FICHET
6,9 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 mois
Quelle hypocrisie ! Tout d'abord, que sait-on de la mort ? Est-elle la fin d'une vie où le passage vers autre chose auquel cas ce n'est pas un meurtre que de permettre à u malade de passer plus rapidement ce "passage", fût-il vers le néant, car le néant, c'est quelque chose ! Et puis, pourquoi ne pas interdire bientôt aux pharmaciens de délivrer le cocktail fatal ? A la famille et aux amis de l'apporter au candidat pour le grand départ ? Faire du serment d'Hippocrate un texte saint relève d'une stupidité sans nom comme les chrétien l'ont fait de la bible et les musulmans du Coran ! Avec le droit à avortement, il y a déjà longtemps que les médecins ont donné des coups de canif dans le serment d'Hippocrate !
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Françoise PHELIPOT
80 points
il y a 2 mois
J ai un peu de mal à comprendre . Que seraient les "suites" de cette loi si elle aboutissait ? Qui prescrirait la substance ou le cocktail léthal ? Un médecin ? Ou bien les compétences des infirmiers/ infirmières seraient élargies à la prescription de produits léthaux ? ... Le médecin prescripteur, l infirmier/ infirmière exécute ou l infirmier/infirmière devient prescriteur et exécutant de fin de vie. Absolument renversant ! Sidérant même. Totalement abject dans les deux hypothèses. Je suis ravie d' être retraitée ... mais je crains pour ma fin de vie. Courage à vous confrères et consoeurs et collègues médecins.
 
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