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Rhinites, diarrhées, plaies simples… Dans 50 officines "expérimentales", les pharmaciens remplacent les médecins

S'appuyer plus sur les pharmaciens pour combler le manque de médecins, et si c'était l'une des solutions aux déserts médicaux ? Depuis l’automne, cinquante pharmacies bretonnes sont autorisées, à titre expérimental, à prendre en charge directement des patients atteints de pathologies courantes.
 

Cinquante officines bretonnes participent depuis cet automne à une expérimentation innovante mise en place par l’association Pharma Système Qualité et soutenue par l’Agence régionale de santé (ARS) de Bretagne. L’objectif de ce dispositif baptisé OSyS (Orientation dans le système de soins) est de réduire le nombre de consultations médicales et de passages aux urgences dans les zones où l’accès à un médecin est compliqué. Les 50 pharmacies volontaires se trouvent toutes en zone rurale, semi-rurale ou côtière.

Ce "conseil pharmaceutique de premier recours" est limité à treize symptômes courants : rhinite, douleur pharyngée, douleur lombaire, diarrhée, vulvo-vaginite, céphalée, constipation, douleur mictionnelle, conjonctivite, piqûre de tique, plaie simple, brûlure au premier degré, dyspepsie fonctionnelle. Les pharmaciens qui testent le dispositif ont bénéficié d’une journée de formation.

En pratique, lorsque le patient se rend dans son officine pour un problème médical, il se voit proposer un entretien dans un espace de confidentialité. Suivant les réponses à l'interrogatoire du pharmacien, le patient repart avec un médicament adapté, ou est orienté chez un médecin ou vers un service d’urgences. "Nous ne faisons pas de diagnostic, mais un triage qui aboutit à un conseil pharmaceutique et à une orientation. Nous ne sommes pas médecins", précise à Ouest France Ludovic Jarry-Machefert, pharmacien qui participe à l'expérimentation. "Tout fait l’objet de protocoles validés au niveau national. Il n’y a aucune improvisation", a assuré au Parisien le directeur de l’ARS Bretagne, Stéphane Mulliez.

 

"99% des patients satisfaits"

Les patients sont rappelés trois jours plus tard par le pharmacien pour avoir un suivi. "99 % des patients pris en charge directement par le pharmacien se disent satisfaits de la démarche au moment où le pharmacien le rappelle", se félicite l’ARS Bretagne.

"Pour l’instant, les cas les plus fréquents sont les plaies simples et les infections urinaires. Le point fort de nos officines est l’amplitude horaire et la permanence des soins qu’elles offrent", confie au Parisien Myriam Rehel, pharmacienne à Dol-de-Bretagne qui participe à l'expérimentation. A la question "Qu’auriez-vous fait si ce service n’existait pas ?", 50 % des patients ont répondu qu’ils seraient allés voir le médecin et 8 % qu’ils seraient allés aux urgences. Parmi ces 8 %, dans environ la moitié des cas, le pharmacien a orienté le patient vers les urgences.

En six mois, les 50 officines qui testent le dispositif, ont pris en charge 400 patients dont 25 % seulement ont finalement nécessité une consultation médicale. "Le but est d’apporter aux patients le service le plus réactif possible, pas d’aller vers un système de santé low cost", a expliqué Stéphane Mulliez. Le modèle vient de Suisse, où des pharmacies assurent ce type de prestation dans le cadre du service NetCare depuis 2012.

Pour chaque suivi de patient les officinaux touchent 15 euros. L'expérimentation qui devrait durer deux ans va couter 400.000 euros dont la moitié pour l'indemnisation des pharmaciens.

 

[Avec Leparisien.fr et Ouest-France.fr]

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