Le Pr Claude Béraud, ancien médecin conseil national et auteur d'un rapport polémique, est décédé

15/01/2021 Par Aveline Marques
Personnalités

Médecin-conseil de la Cnamts de 1989 à 1992, Claude Béraud est décédé des suites du Covid. Il avait fait de la qualité des soins et de la lutte contre le gaspillage son cheval de bataille, quitte à s'attirer parfois les foudres de ses confrères. 

Ancien chef du service des maladies de l'appareil digestif du CHU de Bordeaux (1970-1995), le Pr Claude Béraud n'est plus. Il est décédé le 8 janvier dernier des suites du Covid, annonce le quotidien régional Sud-Ouest, qui publie un hommage de ses pairs. 

Le Pr Claude Béraud s'est fait connaître dès 1970 par une série d'articles sur la "surconsommation médicale" parus dans Le Monde. En 1989, il est nommé médecin conseil national. Il tente alors de faire la chasse au gaspillage par l'évaluation de la qualité des soins. Alors que son mandat s'achève en 1992, il publie un rapport au vitriol -qualifié par certains de "testament"- sur les excès et abus dont souffre l'Assurance maladie. Il y déplore la "très grande fréquence de la petite délinquance" parmi les professionnels de la santé et la "grande délinquance" de certains médecins spécialistes, notamment chirurgiens. Un rapport qui lui vaut une réprimande du président de la Cnam et une plainte devant le Conseil de l'Ordre. 

Le Pr Béraud fut par la suite vice-président de la Commission de transparence de l'Afssaps, de 1996 à 1999.  

Il a publié plusieurs ouvrages, comme "Le foie des français" en 1983 dans lequel il bat en brèche les mythes de la petite insuffisance hépatique et de la crise de foie et contribue, selon ses mots, à la "disparition" "des centaines de médicaments placebos inventés pour les soigner". "Il avait des phrases qui ont marquées nombre de soignants : 'on traite une maladie ou un organe, on soigne une personne', ou bien en référence aux visites hospitalières 'on traite debout on soigne assis' ou encore 'trop de médecine, trop peu de soin'. Il appliquait à lui-même cette exigence de qualité", ont souligné Patrice Couzigou, professeur de médecine honoraire du CHU de Bordeaux et Solange Pomarel, ancienne cadre supérieure du même CHU dans Sud-Ouest. 

[avec Sud-ouest.fr et LeMonde.fr

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