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Mort d'une adolescente des suites d'une sinusite : interdiction d'exercer pour la médecin régulatrice
La chambre disciplinaire de l'Ordre de Normandie a prononcé une interdiction d'exercer de deux ans, dont un avec sursis, à l'encontre d'une médecin régulatrice après le décès d'une adolescente en 2024.
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Deux ans d'interdiction d'exercer, dont un an avec sursis. C'est la sanction qu'a infligée la chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins de Normandie à une régulatrice du Samu. Le CDOM du Calvados avait décidé d'engager une procédure à l'encontre de la praticienne en mars 2025 à la suite du décès d'une adolescente de 13 ans, survenu au cours de l'été 2024.
L'instance départementale estimait que la médecin régulatrice avait "manqué à ses devoirs d'information et de juste appréciation de diagnostic et de soins" envers la jeune patiente. La décision de la chambre disciplinaire datée du 2 juin, que nos confrères de Ouest-Franceont pu consulter, donne donc raison au CDOM du Calvados et sanctionne la praticienne.
Pour comprendre cette affaire, il faut remonter au 27 juillet 2024. Ce jour-là, l'adolescente, enrhumée et se plaignant de maux de tête, se rend avec son père à l'hôpital privé de la Baie d'Avranches. Elle est prise en charge au sein de l'unité de soins non programmés par un médecin généraliste qui diagnostique un syndrome viral, "sans pousser plus loin, alors même que la jeune patiente se plaignait d'une douleur (derrière l'œil) et d'une perte de sensibilité au bout des doigts", rapporte Ouest-France.
Dans la nuit du 29 au 30 juin, la situation se dégrade. Inquiète, la mère de l'adolescente décide de joindre le Samu 50. La jeune fille est "confuse, répondant de manière inadaptée" et a uriné dans son lit. Au bout du fil, la régulatrice conseille à la mère de l'emmener aux urgences à son réveil si son état ne s'est pas amélioré. Or, "ces symptômes renvoient clairement à un tableau inquiétant de contexte fébrile, de signes neurologiques de confusion et à de possibles convulsions", a estimé la chambre disciplinaire.
Ce tableau "aurait dû conduire [la médecin régulatrice] à demander instamment le réveil de l'enfant et à organiser son transport immédiat dans un service médical d'urgences". Le Samu interviendra finalement le lendemain matin après un nouvel appel de la mère. L'adolescente décédera le 14 juillet au CHU de Caen. Selon Ouest-France, elle a succombé à une forme de sinusite aggravée, doublée d'un œdème cérébral.
Les parents de l'adolescente avaient également déposé une plainte auprès de l'Ordre à l'encontre du généraliste qui avait pris en charge leur fille à l'hôpital privé de la Baie d'Avranches. Ils estimaient que le praticien les avait "faussement rassuré[s] […] avec suffisance et dédain", "les dissuadant de demander un deuxième avis". S'il y a pu avoir une "erreur de diagnostic", la chambre disciplinaire de l'Ordre de Normandie n'a pas retenu de "manquement déontologique". Le généraliste a bien "procédé à un examen complet incluant la recherche d'un possible signe de gravité".
[avec Ouest-France]
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