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Mort d'une adolescente des suites d'une sinusite : interdiction d'exercer pour la médecin régulatrice

La chambre disciplinaire de l'Ordre de Normandie a prononcé une interdiction d'exercer de deux ans, dont un avec sursis, à l'encontre d'une médecin régulatrice après le décès d'une adolescente en 2024. 

09/06/2026 Par Louise Claereboudt
Faits divers / Justice Déontologie
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Deux ans d'interdiction d'exercer, dont un an avec sursis. C'est la sanction qu'a infligée la chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins de Normandie à une régulatrice du Samu. Le CDOM du Calvados avait décidé d'engager une procédure à l'encontre de la praticienne en mars 2025 à la suite du décès d'une adolescente de 13 ans, survenu au cours de l'été 2024.

L'instance départementale estimait que la médecin régulatrice avait "manqué à ses devoirs d'information et de juste appréciation de diagnostic et de soins" envers la jeune patiente. La décision de la chambre disciplinaire datée du 2 juin, que nos confrères de Ouest-France ont pu consulter, donne donc raison au CDOM du Calvados et sanctionne la praticienne.

Pour comprendre cette affaire, il faut remonter au 27 juillet 2024. Ce jour-là, l'adolescente, enrhumée et se plaignant de maux de tête, se rend avec son père à l'hôpital privé de la Baie d'Avranches. Elle est prise en charge au sein de l'unité de soins non programmés par un médecin généraliste qui diagnostique un syndrome viral, "sans pousser plus loin, alors même que la jeune patiente se plaignait d'une douleur (derrière l'œil) et d'une perte de sensibilité au bout des doigts", rapporte Ouest-France. 

Dans la nuit du 29 au 30 juin, la situation se dégrade. Inquiète, la mère de l'adolescente décide de joindre le Samu 50. La jeune fille est "confuse, répondant de manière inadaptée" et a uriné dans son lit. Au bout du fil, la régulatrice conseille à la mère de l'emmener aux urgences à son réveil si son état ne s'est pas amélioré. Or, "ces symptômes renvoient clairement à un tableau inquiétant de contexte fébrile, de signes neurologiques de confusion et à de possibles convulsions", a estimé la chambre disciplinaire.

Ce tableau "aurait dû conduire [la médecin régulatrice] à demander instamment le réveil de l'enfant et à organiser son transport immédiat dans un service médical d'urgences". Le Samu interviendra finalement le lendemain matin après un nouvel appel de la mère. L'adolescente décédera le 14 juillet au CHU de Caen. Selon Ouest-France, elle a succombé à une forme de sinusite aggravée, doublée d'un œdème cérébral. 

Les parents de l'adolescente avaient également déposé une plainte auprès de l'Ordre à l'encontre du généraliste qui avait pris en charge leur fille à l'hôpital privé de la Baie d'Avranches. Ils estimaient que le praticien les avait "faussement rassuré[s] […] avec suffisance et dédain", "les dissuadant de demander un deuxième avis". S'il y a pu avoir une "erreur de diagnostic", la chambre disciplinaire de l'Ordre de Normandie n'a pas retenu de "manquement déontologique". Le généraliste a bien "procédé à un examen complet incluant la recherche d'un possible signe de gravité". 

[avec Ouest-France]

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Michel Rivoal
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Plume
Anesthésie-réanimation
il y a 2 mois
Céphalées dans un contexte infectieux doivent appeler à de la prudence. On ne connait bien sûr pas tous les éléments qui pourraient être plus déterminants. Mais les troubles de sensibilité périphériques peuvent alerter. Biologie à la clinique? Décréter que c'est viral sur quels arguments? Le conseil de l'Ordre doit avoir eu plus de détails pour ne rien retenir contre le premier médecin. Pour la régulation il me semble que la prudence aurait dû prévaloir. Deuxième avis, aggravation, adolescente non interrogée (interrogeable?). Il existe généralement des actions prioritaires dans la gestion des risques (mesures barrières) que la médecin n'a pas respectées ou qui n'existent pas dans ce centre. La chambre disciplinaire a rendu une sanction, j'imagine argumentée. Ça n'exclue pas des suites judiciaires où des expertises pourraient être plus pointilleuses sur les deux avis médicaux.
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DELA LIE
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Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 mois
Tel que sont rapportés les faits, il y a un manque de vigilance de la part de la régulatrice... Pour sa défense il y a tellement de patients qui aggravent leurs symptômes pour avoir une prise en charge plus rapide.... La régulation est un exercice tellement casse-gueule ! Je reste perplexe face à l'attitude des parents ! En cas d'aggravation il faut reconsulter (ailleurs si besoin !) Oui avec possible attente aux urgences, selon la véracité de l'état de conscience (ici il n'y aurait pas eu d'attente, vu ce qui est rapporté) à moins que cela ne soit là distance qui les ai poussé à prendre un avis téléphonique ? Mais qui peut rassurer un patient sans examen clinique, et même examens complémentaire ?
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BERNARD G
843 points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 2 mois
Céphalées. Urines, à cet âge, on urine rarement dans son lit, et la confusion associée. On pense effectivement à une affaire neuro avec convulsions. Mais le diagnostic est tellement plus facile quand on est derrière son PC et qu'on connait l'issue tragique. En revanche, et, par expériences répétées, le fait qu'un médecin ait éliminé une pathologie grave n'est jamais un critère. Un 2e appel ou consultation doit inciter à plus de prudence. On peut, par exemple, comprendre sinon excuser un médecin qui passe à côté d'un syndrome méningé, débordé qu'il est par une épidémie de grippe. Mais un second médecin consulté a encore mois le droit d' être négligent sous prétexte que le malade a déjà été examiné. C'est au contraire bien souvent un signe d'alerte.
 
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