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Mort d'un enfant après une opération de l'appendicite : prison avec sursis requise pour deux chirurgiens
Des peines de prison avec sursis ont été requises, ce mardi 28 avril, à l'encontre de deux chirurgiens jugés à Reims pour homicide involontaire dans l'affaire Corentin Jeras, un enfant de 11 ans mort en 2014 des suites d'une opération de l'appendicite ratée.
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Le 31 octobre 2014, Corentin Jeras, âgé de 11 ans, est pris en charge à la clinique Claude-Bernard de Metz pour des douleurs abdominales, diagnostiquées comme étant une appendicite aiguë. Un diagnostic erroné puisque des expertises médicales démontreront par la suite qu'il souffrait en réalité d'une colopathie fonctionnelle ne nécessitant pas d'opérer en urgence.
L'intervention chirurgicale, pratiquée le lendemain de l'admission de l'enfant à la clinique, tourne mal : son aorte est touchée par erreur, provoquant un choc hémorragique qui sera décelé trop tard. Après neuf heures passées dans le bloc opératoire à Metz, Corentin Jeras meurt le lendemain au CHU de Nancy, où il avait été transféré en urgence.
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"C'est un accident. J'ai ma part de responsabilité", a reconnu ce mardi à la barre le chirurgien à l'origine de l'incision de l'aorte. "Je regrette en toute sincérité, je pense à Corentin et à [ses parents, NDLR] chaque jour", a-t-il confié en fin d'audience. Interdit d'exercer par l'Ordre des médecins pendant trois ans après ce drame, il a continué à pratiquer par la suite au Maroc.
L'autre prévenu a déclaré s'être "entêté" à vouloir sauver la situation en aidant son confrère, et estimé que "Corentin aurait pu être sauvé" si le chirurgien cardio-vasculaire de garde avait été appelé "plus tôt" à la rescousse.
Dans leurs plaidoiries, les avocats de la défense ont notamment estimé que leurs clients n'auraient pas dû être les seuls à se retrouver à la barre. "Je pense qu'il y a des gens qui se sont cachés, pour le dire franchement, derrière les chirurgiens" et qui "ont bénéficié d'une indulgence" à laquelle les deux prévenus "n'ont pas eu droit", a déclaré mardi à la presse Me Pierre-Henri Lebrun, l'un des avocats de la défense.
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Les parents de Corentin eux-mêmes ont longtemps tenté d'obtenir également le renvoi devant la justice de la clinique Claude-Bernard, de l'Ordre des médecins de Meurthe-et-Moselle ainsi que d'un anesthésiste. Ils ont toutefois subi une fin de non-recevoir de la Cour de cassation en août dernier. "Un déni de justice" pour Fatiha Chami, la mère de Corentin. "Mon fils s'est vidé de son sang sous les yeux de toute une équipe."
Le procureur de la République a quant à lui souligné un ensemble de "fautes et négligences" et un "entêtement irrationnel" des deux chirurgiens, aujourd'hui tous deux âgés de 72 ans. Il a requis 30 mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende pour le premier, assortie d'une interdiction définitive d'exercer, et 24 mois avec sursis et 5000 euros d'amende pour le second.
La mère de Corentin s'est dit "déçue" des réquisitions et a ajouté qu'elle n'acceptait pas les excuses des deux chirurgiens. Les deux parents réclament 1 million d'euros pour le préjudice moral subi.
Le délibéré sera rendu le 2 juin.
[avec AFP]
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