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"Maintenant vous arrêtez votre cinoche !" : une médecin régulatrice jugée après la mort d'un homme de 35 ans
Une médecin régulatrice comparaissait ce jeudi 15 octobre devant le tribunal de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) pour homicide involontaire. Il lui est reproché de n'avoir pas pris au sérieux l'appel d'une femme dont le conjoint était en détresse respiratoire. L'homme de 35 ans est décédé.
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L'enregistrement de l'appel a été diffusé, ce jeudi, dans la salle d'audience du tribunal de Saint-Malo. Derrière la musique d'attente, on y entend une femme désemparée demander à son compagnon, âgé de 35 ans et en détresse respiratoire, de "tenir le coup", rapporte actu.fr. Une médecin régulatrice du centre 15 de Rennes décroche et évalue "rapidement" la situation, indique le site d'actualité qui a couvert son procès.
"Il n'a rien. Il est en train de faire une crise de stress. Maintenant c'est bon, vous arrêtez de pleurer et de paniquer. Concentrez-vous et répondez à mes questions", lance la médecin au téléphone. "Mais je vous promets, madame, il est tout figé là. Il ne bouge plus. Il ne respire plus", supplie la femme. L'appel se termine sur ces mots : "Bon maintenant, vous arrêtez votre cinoche ! Il fait une crise de tétanie. Si vous ne vous calmez pas, je raccroche… Je vous ai envoyé les pompiers. Mettez-le en PLS, je raccroche là."
Les pompiers arrivent à 6h50, ce 19 mars 2020, au domicile du trentenaire, soit 25 minutes après l'appel de sa conjointe. L'homme est en arrêt cardio-respiratoire. Les pompiers font dépêcher un Smur médicalisé, qui arrive sur place à 7h30. Mais il est trop tard.
Selon sa conjointe, l'homme souffrait depuis plus semaines d'une toux grasse et lancinante. La veille, il avait consulté un médecin généraliste qui lui avait demandé de "passer un scanner et de faire une prise de sang". "Et il l'avait bien dit : 'Si ça ne va pas, vous appelez le 15'." L'expertise révélera qu'il souffrait d'une pathologie cardiaque, indique actu.fr.
Déjà rappelée à l'ordre par le passé pour son "manque d'empathie", la médecin, suspendue depuis le drame, s'est défendue en expliquant avoir suivi le protocole à la lettre. "On envoie un Smur de périphérie, comme celui de Saint-Malo, que si on a la certitude d'avoir à faire à une détresse vitale." Or, ce matin 19 mars 2020, le tableau clinique ne l'inquiétait pas : "A posterio oui, mais pas sur le coup", a-t-elle déclaré, ajoutant que "80 % des appels [au centre 15] sont des gens stressés".
La médecin de 53 ans a toutefois reconnu que "[ses] propos ont dépassé [sa] pensée". "C'était le début du confinement. On avait peur que la situation devienne incontrôlable dans les hôpitaux. On était résignés, abattus avec ce Covid que l'on connaissait mal. On se disait qu'on n'aurait pas les moyens de sauver tout le monde. On ne fait pas ce métier pour trier les patients. Je rappelle ce contexte même si ça n'excuse pas ma façon de parler."
D'après l'expertise, le pronostic vital de la victime était engagé dès le début de l'appel au 15. "Il n'est absolument pas certain qu'en arrivant plus tôt, le Smur l'aurait sauvé. Par contre, il est certain qu'en arrivant si tard les chances de survie de la victime étaient nulles", a déclaré le procureur de la République, Adrien Nantel, qui a requis un an de prison avec sursis et l'interdiction définitive d'exercer en tant que régulatrice.
Le jugement est attendu pour le 26 novembre.
[avec actu.fr]
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