@david-franklin/stock.adobe.com
Un médecin régulateur du Samu jugé après le décès d'une fillette de 5 ans : "J'ai le sentiment d'avoir fait ce qu'il fallait faire"
Un médecin régulateur du Samu était jugé, vendredi 2 octobre, devant le tribunal correctionnel d'Angers pour "non-assistance à personne de moins de 15 ans en danger", après le décès d'une fillette de cinq ans d'une myocardite fulminante.
@david-franklin/stock.adobe.com
Il était jugé après la mort d'une enfant de cinq ans en juin 2021. Devant le tribunal correctionnel d'Angers, Le médecin régulateur, en dépit ses dizaines d'années d'expérience, a assuré ne pas avoir relevé un "danger imminent
Le 6 juin 2021, ce praticien – aujourd'hui âgé de 64 ans – a pris l'appel du père de la fillette. Les jours précédents, l'enfant, qui se plaignait de douleurs abdominales et avait de la fièvre, avait déjà été auscultée par un médecin de ville et était passée par une clinique. Son état s'était aggravé depuis, et la fillette n'avait presque pas mangé depuis deux jours, expliquent nos confrères du Courrier de l'Ouest.
Au téléphone, le régulateur du 15 rassure le père et lui conseille d'appeler un médecin dans "24 ou 48 heures" si l'état de la petite patiente ne s'améliore pas. Elle décèdera dans la nuit suivante d'une myocardite fulminante.
Des manquements lors de l'interrogatoire ?
"Je n'avais pas connaissance d'un péril imminent", s'est défendu vendredi 2 octobre le médecin, qui pensait que la fillette était atteinte d'une adénite mésentérique. "Il a fallu dix mois pour trouver la cause de la mort. C'est tellement facile [pour la défense, NDLR] de refaire l'histoire, y compris pour les experts", a ajouté son avocate, Me Nathalie Valade, citée par Le Courrier de l'Ouest.
Deux experts ont, en effet, conclu à des manquements dans l'interrogatoire du médecin régulateur. "A chaque symptôme énoncé, le docteur ne pose pas de questions. Il n'investigue pas ou pratiquement pas", a notamment déploré la procureure.
Le médecin, lui, assure avoir eu "le sentiment d'avoir fait ce qu'il fallait faire". "J'y pense tous les jours à cette histoire", a-t-il insisté.
Le père de la fillette, présent lors de l'audience, n'a pas souhaité prendre la parole.
Trois ans de prison avec sursis ont été requis contre le praticien. La décision du tribunal est attendue le 9 novembre.
[avec Le Courrier de l'Ouest]
La sélection de la rédaction
Faut-il imposer à tous les généralistes libéraux d'être le médecin traitant d'au moins 500 patients ?
Rodolphe GIRARDET
Non
Imposer n’a jamais été une bonne solution. L'état a fait le choix de se reposer sur la médecine libérale depuis plus de 50 ans car... Lire plus