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"Je voulais la rappeler et j'ai oublié" : une médecin régulatrice du Samu condamnée après le décès d'une patiente

Une médecin régulatrice du Samu a été condamnée, ce mercredi 9 septembre, à dix mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Strasbourg suite au décès d'une patiente de 54 ans.  

11/09/2026 Par Louise Claereboudt
Faits divers / Justice
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Dix mois de prison avec sursis. C'est la peine infligée à une médecin régulatrice du Samu, ce mercredi 9 septembre, par le tribunal correctionnel de Strasbourg. La praticienne était poursuivie pour "non-assistance à personne en péril" suite au décès d'une femme de 54 ans, survenu le 3 février 2023, relatent Les Dernières Nouvelles d'Alsace. 

A 6 h 27, ce jour-là, la mère de famille appelle le Samu pour des douleurs au cœur, "comme des coups de couteau depuis 4 h du matin", et des vertiges. Envoyés à son domicile, des ambulanciers concluent à une crise d'angoisse et conseillent à la quinquagénaire de prendre du paracétamol, avant de quitter les lieux à 7 h 25.  

Dans son bilan, une ambulancière inscrit, de manière erronée, qu'elle s'est déjà rendue trois fois au domicile de cette dame et que la conclusion est toujours la même : "état de stress", indiquent les DNA.  

L'état de la patiente se dégrade malgré la prise de paracétamol. Sa fille décide d'appeler le Samu vers 10 h. Elle rapporte des douleurs diffuses dans le bras gauche et des nausées. Au téléphone, la médecin régulatrice ne pose aucune question. "Ça fait moult fois qu'il y a des ambulances qui viennent chez elle pour le même problème", lance-t-elle, en lui conseillant de consulter un médecin de ville.   

La quinquagénaire, qui s'est rendue sur son lieu de travail, se sent de plus en plus mal. Elle est essoufflée et vomit. Sa fille la conduit à une maison de santé en début d'après-midi. La quinquagénaire se met à saigner du nez et à convulser dans la salle d'attente. Elle décède à 15 h 45 d'un infarctus aigu du myocarde. Les DNA mentionnent une rupture de la paroi du ventricule gauche. 

"Tunnelisation"

Selon les experts, le retard de prise en charge a entraîné "une complication rare et grave" ayant conduit au décès de la patiente. Dans leur rapport, ils concluent à un "manquement aux bonnes pratiques" de la médecin régulatrice contactée dans la matinée. A la barre, cette dernière a invoqué une "tunnelisation".  

"Je suis restée complètement bloquée sur le premier bilan. Je n'ai pas posé les questions que j'aurais dû et j'ai pris ma décision avec les éléments déjà en ma possession. Je suis restée persuadée qu'il s'agissait d'une crise d'angoisse", a-t-elle déclaré. Et d'ajouter : "Je pense que je n'ai pas intégré les nouveaux symptômes. Je voulais rappeler la dame directement et après, j'ai oublié." 

"Le décès de madame est déclaré presque neuf heures après la première intervention du Samu, alors même que la fille de la victime avait lancé une deuxième alerte, a souligné le procureur de la République, Stéphane Renard. L'échange entre la fille et la soignante n'a rien de médical. La prévenue s'est abstenue de faire tout diagnostic. Par contre, elle explique à madame que sa mère est trop jeune pour mobiliser un nouvel équipage." 

L'avocat de la médecin a, de son côté, plaidé "une erreur d'appréciation commise de bonne foi".  

Faut-il imposer à tous les généralistes libéraux d'être le médecin traitant d'au moins 500 patients ?

Pascale Debenest

Pascale Debenest

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J'ai choisi médecine libérale justement pour être libre d'organiser mes journées comme je l'entends . Je suis en campagne (bourg d... Lire plus

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Jacques BRIAND
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Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 2 mois
Sur mon secteur, en l'an 2000, dans les meilleures conditions il fallait 1 heure au SMUR pour arriver (mais la plupart du temps 1h30). Quand les 2 véhicules du SMUR étaient en intervention , il fallait prévoir 3 heures avant l'arrivée du SMUR ... donc on demandait à l'ambulancier ou aux pompiers d'intervenir. Souvent l'ambulancier n'était plus disponible , quant aux pompiers ....Kouchner avait saboté leurs interventions pour ce qui concerne le milieu rural et le milieu semi-rural !!! Pourquoi ce terme de sabotage ? Parce que à l'époque, dans les grandes villes, il y avait une "guerre" entre les pompiers et les "samutards". Pour mettre un terme à cette "guerre", Kouchner a publié un texte législatif donnant la priorité au samu et donnant l'obligation aux pompiers d'attendre sur place l'arrivée du SAMU (sauf pour les accidents sur la voie publique). Le problème c'est que ce texte s'appliquait à toute la France... alors qu'en milieu rural et en milieu semi-rural il existait au contraire une excellente coopération entre les pompiers et le SMUR. Donc au lieu que le patient arrive aux urgences en 1h30 grâce aux pompiers, ceux-ci attendaient 3 heures l'arrivée du SMUR , puis il fallait encore 1h pour que le patient arrive à l'hôpital soit un total de 4 heures !!! Depuis des modifications législatives ont eu lieu, le 15 peut demander aux pompiers de rejoindre l'hôpital sans attendre le SMUR, mais ceux-ci doivent d'abord faire tout un interrogatoire, remplir une check-list et ensuite faire un débrief oral au 15. Exemple concret (dans les années 2010) : un patient m'appelle vers 18h : sa femme a des atcd de rupture d'anévrysme cérébral, elle présente à nouveau des signes d'AVC. Je mets tous les patients dehors en leur proposant de passer le soir même en visite chez eux et j'arrive chez la patiente 8 minutes plus tard. Examen rapide confirmation d'AVC. Appel au 15, le SMUR et les amblances ne sont pas disponibles. Appel des pompiers....comme les nouvelles règles demandent que les 4 pompiers volontaires soient présents avant que le VSAB parte de la caserne, l'attente dure 30 à 40 minutes. Quand ils arrivent la lettre détaillée pour l'hôpital est déjà prête. Le chef lit la lettre, me pose des questions, puis m'ignore, refait l'interrogatoire de la patiente, puis remplit sa check-list, puis appelle le 15 et lui fait son débrief. Temps écoulé entre l'arrivée des pompiers et leur départ avec la patiente 35 à 40 minutes.... Eh oui, les nouvelles règles exigent que l'on sache qui est responsable en cas de problème, donc on a rajouté tout un tas de "process".....mais en pratique cela allonge considérablement les temps d'intervention et donc cela met encore plus en danger les patients, (à qq rares exceptions près). Dégouté, je suis passé sur un secrétariat téléphonique électronique et je suis devenu injoignable....comme de plus en plus de généralistes font eux-aussi appel à des secrétariats téléphoniques électroniques, le travail des centres 15 se rapproche de "mission impossible" avec de nombreux patients qui exagèrent volontairement leur symptômes, et, de moins en moins de généralistes joignables.
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CHAMBON dominique
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Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 2 mois
Comme souvent, la façon dont cette dramatique histoire nous est relatée, ne permet que de se faire une idée subjective des faits et donc de leur conclusion. Tous nos confrères savent que la régulation au 15 est un exercice difficile, périlleux, anxiogène, fatiguant, et soumis aux aléas de l’interprétation de l’interlocuteur. MAIS, aucun de ces qualificatifs ne sera jamais une excuse à une baisse de vigilance conduisant à une perte de chance du patient qui en paiera le prix fort. Cela implique des compétences médicales, du courage, de la psychologie, de la vigilance, une absence d’a-priori, une oreille attentive et empathique. Tout médecin qui n’est pas conscient d’avoir ces qualités, doit s’abstenir. Je pense que je n'ai pas intégré les nouveaux symptômes. Je voulais rappeler la dame directement et après, j'ai oublié." Ça fait un peu froid dans le dos quand même!
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CHAMBON dominique
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Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 2 mois
À son poste de régulation, le médecin (et les parm) ne doivent au minimum ne penser qu’à une chose: que sa décision n’entraîne pas de perte de chance. Le prix à payer à l’arrivée est trop lourd pour les deux. La "justice" (avec beaucoup de guillemets, tant elle n’est pas juste) s’assoira allègrement sur les arguments de défense (abus des missions flash, inconséquence du patient, responsabilité des pouvoirs publics, fatigue, pression psychologique, moyens médicalisés trop faibles, et j’en passe). Lisez les statistiques des plaintes et jugements (il y a un article sur Egora): les juges montrent une sévérité assumée pour le médecin pour une simple raison: la victime doit être indemnisée et le coupable est tout trouvé (au besoin, on "force" un peu…) Le médecin se trouve progressivement pris dans un étau entre les exigences de la population et les responsabilités qu’elle lui impose. Prenons garde à ce que ni les unes ni les autres ne deviennent exorbitantes!
 
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