@Fauzi/Stock/adobe.com
"Je voulais la rappeler et j'ai oublié" : une médecin régulatrice du Samu condamnée après le décès d'une patiente
Une médecin régulatrice du Samu a été condamnée, ce mercredi 9 septembre, à dix mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Strasbourg suite au décès d'une patiente de 54 ans.
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Dix mois de prison avec sursis. C'est la peine infligée à une médecin régulatrice du Samu, ce mercredi 9 septembre, par le tribunal correctionnel de Strasbourg. La praticienne était poursuivie pour "non-assistance à personne en péril" suite au décès d'une femme de 54 ans, survenu le 3 février 2023, relatent Les Dernières Nouvelles d'Alsace.
A 6 h 27, ce jour-là, la mère de famille appelle le Samu pour des douleurs au cœur, "comme des coups de couteau depuis 4 h du matin", et des vertiges. Envoyés à son domicile, des ambulanciers concluent à une crise d'angoisse et conseillent à la quinquagénaire de prendre du paracétamol, avant de quitter les lieux à 7 h 25.
Dans son bilan, une ambulancière inscrit, de manière erronée, qu'elle s'est déjà rendue trois fois au domicile de cette dame et que la conclusion est toujours la même : "état de stress", indiquent les DNA.
L'état de la patiente se dégrade malgré la prise de paracétamol. Sa fille décide d'appeler le Samu vers 10 h. Elle rapporte des douleurs diffuses dans le bras gauche et des nausées. Au téléphone, la médecin régulatrice ne pose aucune question. "Ça fait moult fois qu'il y a des ambulances qui viennent chez elle pour le même problème", lance-t-elle, en lui conseillant de consulter un médecin de ville.
La quinquagénaire, qui s'est rendue sur son lieu de travail, se sent de plus en plus mal. Elle est essoufflée et vomit. Sa fille la conduit à une maison de santé en début d'après-midi. La quinquagénaire se met à saigner du nez et à convulser dans la salle d'attente. Elle décède à 15 h 45 d'un infarctus aigu du myocarde. Les DNA mentionnent une rupture de la paroi du ventricule gauche.
"Tunnelisation"
Selon les experts, le retard de prise en charge a entraîné "une complication rare et grave" ayant conduit au décès de la patiente. Dans leur rapport, ils concluent à un "manquement aux bonnes pratiques" de la médecin régulatrice contactée dans la matinée. A la barre, cette dernière a invoqué une "tunnelisation".
"Je suis restée complètement bloquée sur le premier bilan. Je n'ai pas posé les questions que j'aurais dû et j'ai pris ma décision avec les éléments déjà en ma possession. Je suis restée persuadée qu'il s'agissait d'une crise d'angoisse", a-t-elle déclaré. Et d'ajouter : "Je pense que je n'ai pas intégré les nouveaux symptômes. Je voulais rappeler la dame directement et après, j'ai oublié."
"Le décès de madame est déclaré presque neuf heures après la première intervention du Samu, alors même que la fille de la victime avait lancé une deuxième alerte, a souligné le procureur de la République, Stéphane Renard. L'échange entre la fille et la soignante n'a rien de médical. La prévenue s'est abstenue de faire tout diagnostic. Par contre, elle explique à madame que sa mère est trop jeune pour mobiliser un nouvel équipage."
L'avocat de la médecin a, de son côté, plaidé "une erreur d'appréciation commise de bonne foi".
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