deux médecins poursuivis pour erreur de diagnostic relaxés

Les deux généralistes poursuivis pour ne pas avoir diagnostiqué l'AVC d'un patient ont été relaxés

Deux praticiens, dont l'un est membre de SOS Médecins et l'autre est régulatrice, étaient jugés à Nantes pour avoir sous-évalué la gravité des symptômes d'un patient, victime d'un AVC.  

21/03/2025 Par Chloé Subileau
deux médecins poursuivis pour erreur de diagnostic relaxés

Deux médecins étaient jugés devant le tribunal judiciaire de Nantes. Il était reproché à ces deux praticiens, l'un exerçant auprès de SOS Médecins et l'autre comme régulatrice, d'avoir sous-évalué en janvier 2015 les symptômes d'un homme, alors âgé de 39 ans. Ce père de famille avait, quelques jours avant de contacter ces deux médecins, eu un accident dans un toboggan aquatique. Il s'était alors rendu à l'hôpital, où des antalgiques lui avaient notamment été prescrits.  

Plusieurs jours après cet épisode, le trentenaire avait contacté le 15, en raison de douleurs persistantes. La médecin régulatrice, désormais mise en cause, avait conclu à un "probable malaise vagal", rapporte Ouest-France. Plus tard, le père de famille s'était finalement tourné vers SOS Médecins ; un praticien s'était alors déplacé pour l'ausculter, diagnostiquant "des douleurs musculaires" et prescrivant un myorelaxant.  

Le lendemain, le patient a été victime d'un AVC, le laissant lourdement handicapé.  

Devant le tribunal, les médecins ont expliqué pour quelles raisons ils n'ont pas envisagé que l'homme puisse faire un AVC. "Il me manquait des éléments. Au téléphone, il répondait de façon cohérente et il avait déjà été vu par des urgences. J’ai fait de mon mieux", s'est notamment défendue la régulatrice, rapporte Presse Océan. Le généraliste de SOS Médecins a, de son côté, précisé qu'il avait "vérifié" l'équilibre du patient. "J'ai réalisé un examen visuel et, sans paralysie visible, j'ai conclu à une entorse cervicale non-déplacée", a-t-il détaillé. 

Les deux praticiens ont finalement été relaxés, mardi 18 mars. Le tribunal judiciaire de Nantes a, en effet, considéré "qu'il n'y avait pas de faute caractérisée ni de manquement relevé". "Il y a bien eu une erreur de diagnostic, mais aucune faute", rapportent nos confrères de Presse océan, citant les conclusions du tribunal.  

[avec Presse Océan et Ouest-France] 

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1 débatteur en ligne1 en ligne
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Incontournable
Médecine générale
il y a 1 an
Tant mieux pour eux, je n'aimerai pas être dans leur situation, mais le risque est toujours là... A partir du moment où les bonnes questions ont été posées, où le bon examen clinique à été réalisé, l'erreur est humaine. Des fois l'instinct rattrape le coup, des fois non.
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3,3 k points
Débatteur Passionné
Biologie médicale
il y a 1 an
10 ans pour un jugement ( avant un éventuel appel) : quelle efficience !
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15,2 k points
Résistant
Chirurgie générale
il y a 1 an
il fallait poursuivre au civil,et non au pénal au civil,1 implication est suffisante au pénal,c'est tout ou rien:blanc ou noir et les critères de la condamnation sont + stricts qu'au civil!
 
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