IVG : "Nous ne sommes pas là pour retirer des vies", les propos chocs du président du syndicat des gynécos

12/09/2018 Par Sandy Bonin
Déontologie
Interrogé dans l'émission Quotidien, le président du Syndicat des gynécologues obstétriciens français (Syngof), Bertrand De Rochambeau, s'est déclaré contre l'IVG, qu'il a qualifié d'homicide. Il refuse d'en pratiquer, faisant jouer sa clause de conscience. Il a été recadré par Agnès Buzyn qui "fermement condamné" ses propos.

  "Nous ne sommes pas là pour retirer des vies", a indiqué le Dr Bertrand De Rochambeau au micro de Valentine Oberti, journaliste de Quotidien. "Un enfant à naître n'est pas une vie au sens juridique. Ce n'est pas un homicide de faire une IVG", lui a répliqué la journaliste. "Si Madame", a abondé le président du Syngof.  

  Dans un communiqué commun, Agnès Buzyn et Marlène Schiappa "condamnent fermement les propos du Dr Bertrand de Rochambeau". "Si les médecins ont effectivement le droit de refuser de pratiquer un IVG, ils ont, en revanche, l’obligation d’orienter la patiente vers un autre praticien ou une structure qui répondront à sa demande. Par ailleurs, depuis 1993, le délit d’entrave sanctionne les actions empêchant l’accès à l’information sur l’IVG et aux établissements qui la pratiquent, élargi notamment à Internet en 2017", ont réagi les ministres.  "L’IVG doit être un droit réel, que chaque femme doit pouvoir exercer en toute liberté. Cela fait maintenant plus de 40 ans que ce droit leur est acquis. Rien ni personne ne doit l’entraver" a précisé Agnès Buzyn. Contacté par Franceinfo, le Syngof prend ses distances avec les propos de son président : "Bertrand de Rochambeau s'est exprimé en son nom personnel et non au nom du Syngof." Et d'assurer que : "Le Syngof ne remet nullement en cause l'IVG, nombre de gynécologues au sein du Syngof pratiquent les IVG."  Sur twitter, les réactions à cet extrait vidéo ont été très violentes. "Nous sommes en 2018... Des propos idéologiques nuisibles à la sante des femmes. Si j'étais gyneco, je demanderais sa démission…", s'est insurgé Adrien Gantois, vice-président du Collège national des sages-femmes de France.        

  Une pétition a été lancée pour que le Dr de Rochambeau soit démis de ses fonctions.  

  Le rapporteur  général de l'Observatoire de la Laïcité, Nicolas Cadène, a également souligné qu'"un refus d'un médecin ne peut s'accompagner d'une quelconque pression ou de prosélytisme religieux". De fait, selon l'article L2212-8 du Code de la santé publique, "un médecin n'est jamais tenu de pratiquer une IVG", de même qu'"aucune sage-femme, aucun infirmier ou infirmière, aucun auxiliaire médical, quel qu'il soit, n'est tenu de concourir" à cet acte médical. En cas de refus, le médecin doit cependant "communiquer immédiatement le nom de praticiens susceptibles de réaliser cette intervention". Le Syngof avait affirmé dans un communiqué début août que "ce n'est pas en retirant leur éthique et leur conscience aux médecins que la nation permettra un égal accès à l'avortement pour les françaises qui le demandent". Ce syndicat revendique "1.600 adhérents à jour de cotisation", soit moins d'un quart des 6.748 gynécologues recensés en 2017 par l'Ordre des médecins.

[Avec AFP]

 
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