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Covid-19 : Réflexions sur le confinement en Afrique

Une dizaine de responsables d’universités africaines s’inquiètent des conséquences psychosociales de la pandémie Covid-19 pour l’Afrique subsaharienne francophone. Ensemble, ils ont livré leur constat dans un premier volet paru début avril. Voici la suite de leur réflexion, telle qu’elle nous a été transmise.

 

 

Le Constat

Pour rompre la chaine de transmission, les gestes barrières sont essentiels. Le plus efficace est la distanciation sociale entre personnes infectées ou susceptibles de l’être et les individus indemnes. Sans reprendre les discussions sur la distance souhaitée (1m, 1,50m ?) et l’intérêt des différents types de masques selon leurs performances supposées et les catégories de la population qui doivent les porter, le confinement global autoritaire a été la mesure-phare. Il s’est imposé dès le début en Chine et en Europe avec le but de freiner le développement de la pandémie, afin de permettre la mise en place en temps utile des parades sanitaires, des structures de soin adaptées et de protéger les personnes fragiles.

Les moyens techniques pouvant être mis en œuvre pour la prévention et le traitement (lits de réanimation, masques, gants, tests diagnostiques etc.) et les personnels soignants sont d’une importance capitale. C’est une problématique non spécifique à l’Afrique, mais quelles sont les solutions satisfaisantes dans les pays en développement dont les moyens financiers sont mesurés et le nombre de soignants limité (par exemple, les structures hospitalières de Kinshasa qui est une ville de près de 12 millions d’habitants ne possédaient qu’une cinquantaine de respirateurs en début d’épidémie) ?

L’organisation de la distanciation sociale se révèle difficile dans de nombreux pays africains. De nombreux de pays ont décidé tôt une première mesure qui a été la fermeture des écoles et universités (par exemple début mars au Sénégal). Les étapes suivantes ont été des mesures autoritaires de confinement voire de couvre-feu. Le couvre-feu a pu s’imposer rapidement (par ex. très tôt en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Sénégal).

Apparemment, il y eu une acceptation relative dans les milieux aisés. Dans les grands centres urbains, le confinement des personnes plus avancées en âge et de catégories socio-culturelles les plus élevées semble se faire spontanément par auto-responsabilisation même s’il y a des difficultés professionnelles et de régulation sociale. Rappelons que la possibilité du télétravail est encore réservée à des élites dans les grands centres urbains (administrations et grandes entreprises).

La mise en œuvre s’est révélée difficile et souvent impossible dans les milieux populaires notamment dans l’arrière-pays pour des raisons culturelles et économiques.

Au plan culturel : le vivre ensemble africain est essentiel. Dans des cultures populaires du toucher et de l'oralité, comment faire respecter une certaine distance entre les gens surtout quand le refus de contact est vécu comme une insulte ? Quand on mange...

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