Les doyens proposent de "réguler un peu plus le nombre de Padhue" pour améliorer leur encadrement
La Conférence des doyennes et des doyens a évoqué la situation des Padhue lors de sa conférence de presse de rentrée. Terrain de stage sans agrément, charge de travail supplémentaire… De nombreuses problématiques ont été soulevées par les doyens qui proposent une régulation du nombre de Padhue.
Accueillir les Padhue, oui, mais pas dans n’importe quelles conditions. C’est le sens du message porté par la Conférence des doyennes et des doyens de médecine, à l’occasion de sa conférence de presse de rentrée. En effet, si les doyens se disent favorable à l’accueil des Padhue, ils pointent toutefois "un certain nombre de difficultés" sur le sujet.
"La première chose c'est que la logique de détermination des stages répond à des besoins sanitaires, et ne prend pas en compte le fait de savoir si les stages [...] ont ou pas un agrément pour la formation des internes de la spécialité", se désole Isabelle Laffont. Conséquence : certains services accueillent des Padhue sans avoir l’agrément nécessaire, selon les doyens. "Parfois ça va, parce qu'il y a certains Padhue qui ont un niveau largement suffisant. [...] Parfois ça ne va pas."
Dans le même sens, les doyens mettent en avant des potentielles difficultés sur la qualité de la formation dispensée, avec des situations où les Padhue sont dans les mêmes stages que les internes tandis que d’autres participent à des stages qui ne sont pas liés à leur spécialité.
"Une charge de travail supplémentaire"
De plus, la Conférence des doyennes et des doyens de médecine estime qu’il y a “un problème” dans la détermination des lieux de stage et du nombre de Padhue qui y sont associés puisqu’il n’y a pas de garanties que ces praticiens restent sur place une fois leur autorisation d’exercice définitif obtenu. "Ça répond à une logique territoriale de l'instant, mais on n'est pas du tout certain qu'ils vont rester là où ils auront été formés. [...] On n'a pas de certitude que ça va répondre à notre besoin de mettre des médecins dans ces zones, qui sont souvent des zones sous denses."
Enfin, les doyens évoquent "une charge de travail supplémentaire pour les coordonnateurs de DES". Ainsi à Nancy, 150 Padhue vont s’ajouter à 305 internes. "C'est quand même une vraie charge de travail pour les coordinateurs qui n'a pas été anticipée et qui parfois pose des petits problèmes d'organisation", souligne Isabelle Laffont.
Au total, en 2026, 4400 postes ont été ouverts, lors de l’épreuve de validation des compétences, à destination de ces praticiens à diplôme hors Union européenne. Dans le détail, 3000 candidats ont postulé par la voie interne (des médecins qui exerçaient déjà en France mais avec une autorisation d’exercice provisoire) pour 4000 postes disponibles. Concernant la voie externe (des médecins qui n'exercent pas en France), 9000 candidats pour 400 postes ont été recensés. Si les résultats ne sont pas encore connus, "on attend très probablement autour de 4000 au moins, voire 4400 Padhue, qui vont rentrer en PCC (parcours de consolidation des compétences) à partir du printemps prochain", selon Isabelle Laffont.
Un chiffre considérable selon les doyens. "On a à peu près 10 000 internes en première année cette année. Quand on ajoute les Padhue, c’est quasiment 50% d'effectif supplémentaire. [...] Donc ça fait quand même une inflation très importante du nombre d'étudiants en troisième cycle qu'on a dans nos facs, même si le niveau de supervision n'est pas le même que celui des internes."
Fort de ces constats, les doyens proposent de "réguler un peu plus le nombre de Padhue qu’on accepte", incite Isabelle Laffont. "Il faut aussi prendre l'avis des commissions locales de coordination sur les stages dans lesquels on les affecte", complète l’intéressée en ajoutant qu’il est nécessaire que des “moyens" soient mis dans les facultés pour "pouvoir les encadrer correctement."
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