Désengorger tous les services d'urgences d’ici fin 2024 : "Oui c’est possible", assure Braun

19/04/2023 Par Louise Claereboudt
"Je n’ai pas de baguette magique", mais "il y a un panel de solutions à mettre en place", a déclaré le ministre de la Santé au micro de RMC ce mardi 18 avril. 
 

L’annonce a provoqué de vives réactions au sein du corps médical. Lors de son allocution télévisée, ce lundi soir, le chef de l’Etat a formulé le vœu de désengorger tous les services d’urgences d’ici fin 2024, sans donner plus de détails. Une promesse qui sonne comme une illusion pour bon nombre de praticiens, notamment hospitaliers, qui font face à de grosses difficultés compte tenu de la pénurie de personnel et de l’afflux – toujours massif – de patients. 

Interrogé ce mardi matin dans Apolline Matin sur RMC, le ministre de la Santé a soutenu cette annonce présidentielle. Désengorger tous les services d’urgence d’ici la fin de l’année prochaine, "oui c’est possible", a répondu François Braun. "En tout cas c’est indispensable, c’est nécessaire. On ne peut pas se contenter de dire ça ne va pas, ça ne va pas, et ne rien faire. Ce n’est pas la volonté du Président, ce n’est pas ma volonté non plus. Donc oui c’est possible", a-t-il poursuivi. 

  Chargé de déployer une "boîte à outils" en vue de soulager l’hôpital l’été dernier, François Braun a dit "connaître le problème des urgences : entre trop de patients qui viennent aux urgences alors qu’il pourrait y avoir d’autres solutions et des patients qu’on n’arrive pas à mettre dans un lit d’hospitalisation. C’est à ce niveau-là qu’il faut agir." 

Face au scepticisme de ses pairs, l’ex-patron du Samu-Urgences de France a rappelé qu’il n’avait pas de "baguette magique" mais a assuré qu’il existait "un panel de solutions". "Ce ne sera pas les mêmes solutions partout", a-t-il ajouté, citant notamment la régulation à l’entrée des urgences, qui "fonctionne", ou encore la mise en place de lits d’hospitalisation "en aval des urgences" afin que "les patients ne restent pas des heures et des heures sur des brancards".   

Le ministre de la Santé a également lancé un appel aux Français, afin qu’ils prennent l’habitude de ne pas se rendre systématiquement aux urgences. "Dans le doute on appelle le 15", a-t-il tenu à rappeler, soulignant que "le Samu est en train de devenir progressivement ce service d’accès aux soins que nous généralisons sur tout le territoire". 

 

"Nous n’avons pas le nombre de médecins suffisant" 

Interpellé également sur les fermetures de services depuis l’application de loi Rist à l’hôpital, qui plafonne les rémunérations des médecins intérimaires, François Braun a assuré que ces services "étaient déjà en difficulté" avant le 3 avril. Ils "avaient déjà des périodes de fermeture", a-t-il ajouté, laissant entendre que la loi Rist n’a pas fait sombrer ces services, contrairement à ce qu’assure le Syndicat des médecins remplaçants des hôpitaux.  

Il y a deux semaines, le ministre avait pourtant assuré qu’il n’y aurait pas de fermetures sèches dans les hôpitaux en avril. "On a mis en place des solutions partout", a assuré le locataire de l’avenue de Ségur. "Ça passe entre autres par la régulation médicale qui, effectivement, peut vous demander de faire 10 kilomètres de plus pour aller voir un médecin ou pas." Pour François Braun, l’important est de préserver la prise en charge "des urgences vitales". 

Souhaitant "continuer d’avoir un langage de vérité", François Braun a concédé que "nous n’avons pas le nombre de médecins suffisant" et "nous n’en aurons pas plus demain". "Il va falloir attendre une dizaine d’années", a-t-il prévenu. "Faire croire que nous aurons plus de médecins demain ce n’est pas vrai, faire croire qu’on pourra les mettre partout, ce n’est pas vrai non plus." 

Le ministre a déploré ce "gâchis" que sont les départs de soignants "dévoués" de l’hôpital du fait de la dégradation des conditions de travail. "Il faut réorganiser notre système", a-t-il affirmé. Répondant à l’inquiétude d’une PH au standard, François Braun a souligné "l’urgence de reconnaître la pénibilité du médecin hospitalier", "la pénibilité du travail de nuit", et "de soutenir cette colonne vertébrale que représentent les praticiens hospitaliers" afin de stopper "l’hémorragie". 

[avec RMC

 
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