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"Tri", "perte de chance" : en pédiatrie, la situation à l’hôpital est "catastrophique", selon un collectif

Le nombre de lits fermés dans les services pédiatriques rend difficile, voire impossible, la prise en charge de tous les jeunes patients, alerte le Collectif Inter-Hôpitaux (CIH). Une situation d’autant plus critique dans le contexte actuel, marqué par une violente épidémie de bronchiolite.  

“Les difficultés que nous rencontrons actuellement sont totalement inédites”, a déclaré le Dr Oanez Ackermann du service d’hépatologie pédiatrique du Centre hospitalier universitaire Bicêtre (AP-HP), dont 10 lits sur 24 sont actuellement fermés. “En ce mois d’octobre, nous n’avons pas pu accueillir cinq enfants en situation d’urgence vitale” et nous avons dû annuler “25 hospitalisations programmées depuis plusieurs mois”, a déploré le pédiatre, à l’occasion d’une conférence de presse organisée par le Collectif Inter-Hôpitaux (CIH).  

L’absence de places d’hospitalisation oblige les hospitaliers à faire “du tri”, s’insurgent ces derniers. “Des enfants en situation d’urgence ne peuvent pas être pris en charge par les services compétents”, dénonce le CIH. Le Dr Véronique Hentgen, pédiatre au Centre hospitalier de Versailles, évoque ainsi, par exemple, le report d’une chirurgie pour une infection ganglionnaire. Pour le Dr Christophe Marguet, chef de service au CHU de Rouen, la situation est d’autant plus grave “que l’hôpital public est le seul recours en médecine pédiatrique”.  

 

Un appel au politique 

Pour le Dr Lisa Ouss, pédopsychiatre à l’hôpital Necker-Enfants malades, les conditions “inéthiques, suscitant une charge mentale, une responsabilité terrible”, “ne suscitent pas de vocations et contribuent à éloigner de l’hôpital de jeunes praticiens”. “À terme, on constate une perte de chance pour l’enfant qui a besoin de soins” et un “épuisement des soignants”, soulève notamment le Pr Isabelle Desguerre, cheffe de service neuropédiatrie au CHU Necker-Enfants malades.  

“Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins, estime le Dr Hentgen. Soit le politique décide d’abandonner l’hôpital public, soit il prend enfin le problème à bras-le-corps et engage une réforme de fond (financement, recrutement, gouvernance) qui garantira un accès aux soins pour tous de qualité”, a déclaré la pédiatre, présentant les alternatives.  

L’alerte du collectif a été relayée au Sénat par la sénatrice LR Sylvie Noël. En réponse, la ministre déléguée à l’autonomie, Brigitte Bourguignon, a affirmé que "sur la pédiatrie, c’est sûr, il y a des tensions […] Mais il n’y a pas de tri, notamment dans les urgences”. “Il est hors de question de ne pas prendre un enfant en urgence vitale”, a-t-elle ajouté.  

[Avec AFP] 

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