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"Des médecins ont été réquisitionnés chez eux, à 23 heures pour travailler le lendemain"

Mardi dernier, les soignants des urgences de Lons-le-Saunier (Jura) ont craqué sous la charge de travail. Les deux tiers de l’équipe étaient en arrêt lors le pont de l’Ascension. Les autorités ont fait appel aux forces de l’ordre pour réquisitionner les soignants.

 

Depuis mardi 28 mai, 70 % du personnel paramédical des urgences de l’hôpital de Lons-le-Saunier, dans le Jura, est en arrêt maladie, ainsi que 8 médecins sur 15. De retour d’une journée de travail, un interne du service a témoigné, jeudi 30 mai, des conditions de prise en charge sur la page Facebook du Collectif de défense des urgences.

"Il faut le voir pour le croire... Les patients s'entassent dans les couloirs : des enfants avec leur plaie au doigt, des papys venus de la maison de retraite et qui ont du mal à respirer, des cinquantenaires avec une douleur thoracique, donc possiblement un infarctus...Et tout ce petit monde cohabite des heures et des heures et se demande quand est ce qu'ils verront le médecin. (…) Les médecins sont complètement dépassés. Avant, on comptait 3 urgentistes et 2 internes de jour comme de nuit. Ce soir quand je suis passé ils n'étaient que 1 urgentiste et 1 interne. Impossible pour eux de gérer l'afflux de patients."

Dans un communiqué publié samedi 1er juin, l'ARS Bourgogne-Franche-Comté pointe "l’existence d’un risque grave pour la santé publique" et explique procéder, avec la direction de l’hôpital et la préfecture, "à la réquisition d’un nombre suffisant de personnels". Pour mettre les urgentistes au travail, les autorités font donc appel aux forces de l’ordre.

"Des médecins ont été réquisitionnés chez eux, à 23 heures pour travailler le lendemain", raconte le Dr Éric Loupiac, médecin aux urgences et délégué pour le Jura de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf). "Plusieurs infirmières ont été réveillées par les policiers et les gendarmes, au milieu de la nuit, à leur domicile, pour travailler le lendemain matin."

Toujours sur le page Facebook du collectif, le compagnon d’une infirmière a témoigné d’un réveil à 1h30...

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