Explosion du temps de travail, sous-effectif, pénibilité : l'enquête qui dénonce les conditions de travail des urgentistes

17/04/2019 Par Aveline Marques
Samu-Urgences de France et le SNPHARE ont mené l'enquête auprès de 1092 médecins urgentistes. Et les résultats sont alarmants : 8 médecins sur 10 travaillent plus de 48 heures par semaine, explosant le plafond légal et multipliant les gardes.

  "L’activité continue à augmenter de 10 % par an alors que la pénurie médicale des structures de médecine d’urgence de l’hôpital public s’accentue : cette situation est explosive", dénoncent les deux syndicats dans un communiqué diffusé mardi soir, dévoilant les résultats d'une enquête menée en ce début d'année auprès de 1092 médecins urgentistes. Tout comme la grève en cours dans les établissements de l'AP-HP, les résultats de cette enquête révèlent un "malaise insoutenable dans les structures de médecine d’urgences". Les organisations syndicales tirent une nouvelle fois la "sonnette d'alarme" et appellent les gouvernants et les administrations hospitalières à "prendre leurs responsabilités". Premier constat de cette enquête : qu'ils exercent au sein du service d'accueil des urgences, au Samu-Centre 15 ou au Smur, 85 % des répondants affirment que les équipes sont incomplètes : les effectifs de praticiens sont parfois inférieurs de plus de 30 % aux effectifs cibles des référentiels. Conséquence logique de ce sous-effectif chronique, la limite légale des 48 heures de travail hebdomadaires n'est pas respectée dans 83 % des cas. "Malgré les circulaires sur l’organisation du temps de travail des urgentistes, de nombreux directeurs d’hôpitaux bafouent la réglementation : 61 % d’entre eux n’ont pas contractualisé ce temps de travail", dénoncent les syndicats, qui vont jusqu'à parler de "travail forcé" pour 56 % des médecins, qui "aimeraient ne plus faire de temps additionnel mais se sentent obligés vis-à-vis de leurs collègues et de la permanence et de la continuité des soins".

L'enquête pointe par ailleurs une "pénibilité accrues aux horaires de la permanence des soins" : deux tiers des médecins assurent plus de 6 gardes par mois et un tiers travaillent 4 jours de week-end par mois. Le manque de lits d'aval est toujours aussi problématique : "chaque matin en arrivant aux urgences, six praticiens sur dix constatent entre 5 et 20 patients en attente sur un brancard", relèvent les syndicats. Enfin, les Samu-Centre 15 tournent avec un nombre de médecins régulateurs jugé insuffisant dans 65 % des cas. La moitié des répondants indiquent qu'il n'y a qu'un seul médecin régulateur par nuit. Et le nombre d’assistants de régulation médicale est insuffisant dans un tiers des cas. Bref, les drames s'enchainent et rien ne change.

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

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Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

 
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