Cinq personnes condamnées pour le trafic d'un faux médicament miracle en ligne

26/04/2021 Par Marion Jort
Faits divers / Justice
Cinq Britanniques ont été condamnés à Paris à des peines de prison ou des amendes pour avoir vendu sur internet de faux médicaments ainsi que des produits cosmétiques censés guérir la plupart des maladies humaines. Aucun d’entre eux n’était médecin ni scientifique.  

Assurant de guérir cancers, autisme, maladie d'Alzheimer, diabète, sida, Parkinson, Lyme, Crohn, sclérose en plaques, herpès ou encore eczéma… cinq Britanniques vendaient en ligne des “médicaments miracles” en toute illégalité. Le GcMAF (pour "GC protein derived macrophage activating factor") et le GOleic (pour "G Oleanolic acid") étaient vendus dans le monde entier sans autorisation de mise sur le marché. Les prix de vente étaient de 450 euros pour une fiole de 2,2 ml de GOleic, 600 euros pour une fiole de 2,2 ml de GcMAF. Les pseudos-médicaments étaient fabriqués et conditionnés dans une ferme transformée en laboratoire à Cherbourg, puis vendus via le site internet d'une société appartenant au principal suspect. 

Aucun des cinq prévenus n’était médecin ni ne disposait de formation scientifique. Le principal suspect, David Noakes, 68 ans, emprisonné en France depuis son interpellation en juin 2020, a écopé d'une peine de 4 ans de réclusion et d'une amende de 20.000 euros. Ses complices, dont deux femmes, ont récolté des peines allant de six mois à trois ans avec sursis. Selon le tribunal correctionnel de Paris, le trafic des faux médicaments produits et mis en vente par David Noakes et ses complices aurait rapporté plus de 11 millions d'euros. 

Consultant en informatique, cet homme, se déclarant proche de Donald Trump et Vladimir Poutine, a été candidat de l'UKIP, le parti politique britannique réclamant le Brexit. Il se considère comme ultra-libéral, rejette tout contrôle européen ou étatique sur ses activités et considère être persécuté par "Big Pharma". Le tribunal a d’ailleurs dénoncé son "absence totale de scrupules". 

Lors de ses auditions par la justice, David Noakes a aussi expliqué que les produits n'avaient pas de notice parce qu'il n'y connaissait rien. Il a soutenu avoir lui-même été guéri de plusieurs pathologies grâce à ces molécules. Pressé par les enquêteurs de préciser quelles maladies avaient été soignées, il avait indiqué que le GcMAF l'avait guéri d'un problème d'extension du doigt, d'allergie au pollen et d'arthrite. 

[avec AFP]  

Faut-il restreindre les conditions d'accès au secteur 2?

Herve  Koskas

Herve Koskas

Non

Nous restons dans le gre à grè. L information doit etre claire: pas de surprise ; pas de dessous de table; c'est le but du S2 !. ... Lire plus

4 débatteurs en ligne4 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
23
Histoire
Clémenceau : le médecin le plus puissant de l’histoire de France a son expo
12/06/2026
20
VSS
"Je hurlais de douleur et leur demandais d'arrêter" : cette enquête révèle l'ampleur des atteintes au...
18/06/2026
12
Infectiologie
Maladie de Lyme : malgré des avancées, des patients toujours en errance
27/05/2026
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2