@Александр Ланевский/stock.adobe.com
Canicule : vigilance avec certains médicaments
Certains médicaments peuvent accroître les risques liés aux fortes chaleurs ou voir leur efficacité altérée. L'ANSM appelle patients et professionnels de santé à redoubler de vigilance en période de canicule.
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Certains médicaments peuvent aggraver les risques liés aux fortes chaleurs sur l’organisme. C'est le cas, en particulier, des diurétiques, laxatifs, ou encore de certains antiépileptiques (comme le topiramate, ou le zonisamide), qui peuvent accentuer une déshydratation. Certains médicaments peuvent perturber la thermorégulation, comme des neuroleptiques et antiparkinsoniens, certains antidépresseurs, les sels de lithium, les triptans, ou encore la buspirone ou certains médicaments opioïdes (tramadol, dextrométorphane et oxycodone).
Des risques inhérents aux médicaments peuvent être accentués par la déshydratation. Ainsi, les anti-inflammatoires, certains anti-diabétiques (gliptines, agonistes du GLP-1), les IEC, peuvent altérer la fonction rénale. Et l’élimination rénale de certaines molécules peut être perturbée par une déshydratation, comme pour les sels de lithium, la digoxine, certains antiépileptiques, l’insuline, la metformine et sulfamides hypoglycémiants, ou encore les statines et les fibrates.
Il faut aussi être vigilant par rapport au risque d'hypotension (anti-hypertenseurs, anti-angineux) ou de somnolence, susceptible de diminuer la capacité à adapter son comportement pour lutter contre la chaleur (opiacés, neuroleptiques…).
Attention aussi à la transpiration qui peut modifier l'effet des patchs, selon l'ANSM.
Et pour certains dispositifs médicaux, comme les bandelettes d'autosurveillance de la glycémie, c'est leur efficacité qui risque de s'altérer avec la chaleur.
Risque de photosensibilisation
D’autres risques sont liés aux médicaments photosensibilisants (antibiotiques, AINS…). L'ANSM préconise d'éviter toute exposition au soleil. Si l'exposition ne peut être évitée, elle recommande d'appliquer une crème solaire à haute protection et de se couvrir. Une vigilance particulière est nécessaire avec les gels à base de kétoprofène. Même après l'arrêt du traitement, il faut continuer de couvrir la zone traitée pendant deux semaines.
Stockage adapté
Bon nombre de médicaments se conservent à des températures ambiantes, mais s'il fait très chaud, il est conseillé de les placer dans la pièce la plus fraîche et de les transporter dans un emballage isotherme. Il faut éviter d'exposer ces médicaments directement au soleil.
Les traitements devant être gardés entre 2 et 8°C, comme l'insuline ou la plupart des vaccins, doivent être utilisés rapidement une fois sortis du réfrigérateur, rappellent les autorités sanitaires. Pour les transporter, il faut prévoir un emballage isotherme réfrigéré, par exemple muni de pains réfrigérants pour stabiliser la température.
L'ANSM n'a pour l'heure "pas eu de remontée de décès ou d'hospitalisations liées à une conservation inadaptée en période de canicule".
Vers une meilleure évaluation des risques
"Il n'y a pas d'essai clinique spécifique pour développer une meilleure robustesse à la chaleur" des médicaments mais avant d'être mis sur le marché, tous font l'objet d'études de stabilité pour "vérifier si le principe actif du médicament va se dégrader en cas d'exposition à des fortes températures", explique Romain Barus du centre régional de pharmacovigilance de Toulouse, chargé de la surveillance des effets indésirables des médicaments dans les périodes de canicule. "C'est obligatoire et c'est ce qui va fixer les règles de conservation des médicaments."
L'été 2025 a entraîné plus de 24 000 recours aux soins d'urgence pour des pathologies liées à la chaleur (comprenant les hyperthermies, déshydratations et hyponatrémies), selon Santé publique France. Pour le moment, il n'est toutefois pas possible de lier ces passages aux urgences à un éventuel effet médicamenteux. Pour pouvoir établir un lien de cause à effet, le centre régional de pharmacovigilance de Toulouse va commencer l'an prochain à "regarder quelles sont les hospitalisations et éventuellement les décès qui sont liés à un effet indésirable qui aurait été favorisé par la canicule" en s'appuyant sur les données de l'Assurance maladie et les données météo. Ce projet de pharmaco-épidémiologie permettrait de "quantifier le niveau de risque", autrement dit de mesurer dans quelle proportion certains médicaments augmentent le risque de complications liées à la chaleur et chez quels patients.
Références :
AFP.
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