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"Rester humble", "reconnaître ses erreurs"… Les conseils d'un professeur pour devenir un bon chirurgien
Tout au long de l'été, les médecins lecteurs d'Egora prennent la plume pour s'adresser à leurs futurs confrères. Cette semaine, c'est au tour du Pr Julien Pauchot, chirurgien esthétique à Clermont-Ferrand, de guider les nouveaux internes dans "cette belle discipline où l'engagement avec le patient est fort, la rigueur indispensable et l'humilité nécessaire".
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"Chère future chirurgienne, cher futur chirurgien,
Tu as choisi une bien belle discipline où l'engagement avec le patient est fort, la rigueur indispensable et l'humilité nécessaire. La formation est difficile car tu y es peu préparé au cours de ton externat. Après plusieurs années d'études de médecine, tu recommences pour... des années d'études de chirurgie.
Âgé maintenant de plus de 50 ans et professeur de chirurgie plastique, esthétique et reconstructrice, je me suis souvent posé la question : "Et si j'avais la possibilité de refaire mon internat, qu'est-ce que je changerais, qu'est-ce qui m'a déplu auprès de mes collègues ?"
En vrac et entre deux consultations, voici quelques pensées qui, je l'espère, te seront utiles :
- faire preuve d'humilité. Le chirurgien, reconnu comme responsable d'équipe au bloc opératoire, est obligé de faire preuve d'autorité en salle d'intervention, mais il doit rester humble en dehors ;
- reconnaître ses erreurs et apprendre de ses erreurs. Tu auras des complications, n'en doute pas ;
- se surimpliquer en cas de complication dont la prise en charge n'est jamais agréable. L'abandon est toujours mal vécu par le patient. Il te soulagera mais cela ne sera que provisoire. Un patient informé peut comprendre une complication, mais ne comprendra pas légitimement l'abandon. On reconnaît un bon chirurgien à la gestion des complications (et à leur nombre aussi !) ;
- la chirurgie s'apprend autant au bloc opératoire que dans les livres. Au début de mon internat, j'ai passé beaucoup de temps au bloc opératoire, mais j'ai surtout progressé dès que j'ai commencé à lire ;
- ne pas forcément s'installer en libéral dès la fin du clinicat. Le CHU est l'opportunité de chirurgies souvent complexes, de travail en équipe, conditions que tu ne retrouveras pas forcément en libéral. J'y ai côtoyé de très grands chirurgiens et j'y ai réalisé les chirurgies les plus intéressantes et complexes, souvent en équipe ;
- s'intéresser et s'impliquer dans tous les stages, même ceux qui ne correspondent pas à la spécialité que tu envisages. J'ai vu trop d'internes qui étaient déjà spécialisés en début de formation ;
- traiter le patient avec respect, respecter sa pudeur ;
- ton salaire doit être le fruit d'un travail rigoureux et de qualité. L'argent ne doit pas être ta motivation première car cela te faussera dans tes indications ;
- aie une échappatoire, une activité de loisir (sport, musique) et ménage-toi du temps pour toi, ta famille. Le temps passe très vite, tu verras...
Bon courage et travaille bien car c'est peut être toi qui m'opérera !"
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