chirurgie

@santypan/stock.adobe.com

"Rester humble", "reconnaître ses erreurs"… Les conseils d'un professeur pour devenir un bon chirurgien

Tout au long de l'été, les médecins lecteurs d'Egora prennent la plume pour s'adresser à leurs futurs confrères. Cette semaine, c'est au tour du Pr Julien Pauchot, chirurgien esthétique à Clermont-Ferrand, de guider les nouveaux internes dans "cette belle discipline où l'engagement avec le patient est fort, la rigueur indispensable et l'humilité nécessaire". 

17/08/2026 Par Pr Julien Pauchot
chirurgie

@santypan/stock.adobe.com

"Chère future chirurgienne, cher futur chirurgien,  

Tu as choisi une bien belle discipline où l'engagement avec le patient est fort, la rigueur indispensable et l'humilité nécessaire. La formation est difficile car tu y es peu préparé au cours de ton externat. Après plusieurs années d'études de médecine, tu recommences pour... des années d'études de chirurgie. 

Âgé maintenant de plus de 50 ans et professeur de chirurgie plastique, esthétique et reconstructrice, je me suis souvent posé la question : "Et si j'avais la possibilité de refaire mon internat, qu'est-ce que je changerais, qu'est-ce qui m'a déplu auprès de mes collègues ?"  

En vrac et entre deux consultations, voici quelques pensées qui, je l'espère, te seront utiles :  

- faire preuve d'humilité. Le chirurgien, reconnu comme responsable d'équipe au bloc opératoire, est obligé de faire preuve d'autorité en salle d'intervention, mais il doit rester humble en dehors ;

- reconnaître ses erreurs et apprendre de ses erreurs. Tu auras des complications, n'en doute pas ;

- se surimpliquer en cas de complication dont la prise en charge n'est jamais agréable. L'abandon est toujours mal vécu par le patient. Il te soulagera mais cela ne sera que provisoire. Un patient informé peut comprendre une complication, mais ne comprendra pas légitimement l'abandon. On reconnaît un bon chirurgien à la gestion des complications (et à leur nombre aussi !) ;

- la chirurgie s'apprend autant au bloc opératoire que dans les livres. Au début de mon internat, j'ai passé beaucoup de temps au bloc opératoire, mais j'ai surtout progressé dès que j'ai commencé à lire ;

- ne pas forcément s'installer en libéral dès la fin du clinicat. Le CHU est l'opportunité de chirurgies souvent complexes, de travail en équipe, conditions que tu ne retrouveras pas forcément en libéral. J'y ai côtoyé de très grands chirurgiens et j'y ai réalisé les chirurgies les plus intéressantes et complexes, souvent en équipe ;

- s'intéresser et s'impliquer dans tous les stages, même ceux qui ne correspondent pas à la spécialité que tu envisages. J'ai vu trop d'internes qui étaient déjà spécialisés en début de formation ;

- traiter le patient avec respect, respecter sa pudeur ;

- ton salaire doit être le fruit d'un travail rigoureux et de qualité. L'argent ne doit pas être ta motivation première car cela te faussera dans tes indications ;

- aie une échappatoire, une activité de loisir (sport, musique) et ménage-toi du temps pour toi, ta famille. Le temps passe très vite, tu verras...  

Bon courage et travaille bien car c'est peut être toi qui m'opérera !"

Faut-il imposer à tous les généralistes libéraux d'être le médecin traitant d'au moins 500 patients ?

Pascale Debenest

Pascale Debenest

Non

J'ai choisi médecine libérale justement pour être libre d'organiser mes journées comme je l'entends . Je suis en campagne (bourg d... Lire plus

2 débatteurs en ligne2 en ligne
Photo de profil de LAURENT MOISANT
LAURENT MOISANT
735 points
Incontournable
Anesthésie-réanimation
il y a 2 mois
"se surimpliquer en cas de complication dont la prise en charge n'est jamais agréable. L'abandon est toujours mal vécu par le patient. Il te soulagera mais cela ne sera que provisoire. Un patient informé peut comprendre une complication, mais ne comprendra pas légitimement l'abandon. On reconnaît un bon chirurgien à la gestion des complications (et à leur nombre aussi !)" Il est là le conseil fondamental. Et j'ai pu le constater pendant mes 43 ans de carrière. La seule chose que les patients ne pardonnent pas c'est de se sentir abandonné. Et c'est cela qui débouche très souvent sur une affaire médico-légale.
Photo de profil de ROBERT BLASSIN
ROBERT BLASSIN
248 points
Incontournable
Oto-rhino-laryngologie
il y a 2 mois
J adhère entièrement aux conseils du Pr Pauchot. Au delà de ces voeux, ayant eu moi même une activité médico chirurgicale(ORL), force est de constater que l enseignement de la chirurgie est dispensé avec une avarice extrême. Un grand ami, menuisier, était tenu de balayer l' atelier pendant un an avant d' avoir l' autorisation de se servir de la scie électrique. Tout le monde le sait. C est vraiment dommage, cette hiérarchie fait que cet enseignement ne soit pas généreux ! Je me suis battu tant et plus pour apprendre o
Photo de profil de GILLES LAVERNHE
GILLES LAVERNHE
100 points
Neurologie
il y a 2 mois
Un chirurgien urologue lyonnais, il y a longtemps, m’a précisé lors que je l’aidais au bloc que l’aide opératoire devait être « humble et non jaloux » Même si je ne suis devenu chirurgien, j’en ai fait ma devise…
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

Histoire
De jeune médecin inconnu à bourreau… Un historien retrace le parcours de Mengele, "l'Ange de la mort"
07/05/2026
1
Témoignage
Après la leucémie de son fils, elle se lance dans des études de médecine : "J'ai voulu redonner ce qu’on m...
05/05/2026
3
Témoignage
"Ma concentration ne dépassait pas les 30 minutes" : médecin généraliste, elle raconte "l'enfer" de son burn...
15/04/2026
23
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Maladies rares
Qu’est-ce que le syndrome de Moersch-Woltman, dont est atteinte Céline Dion ?
01/04/2026
14
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3
La Revue du Praticien
Diabétologie
HbA1c : attention aux pièges !
06/12/2024
2