Image générée par IA

Image générée par IA

La violence vers les médecins est devenue "banale", la majorité ne porte pas plainte

21/12/2020 Par Sandy Bonin
Image générée par IA

Image générée par IA

C'est avec du retard cette année, dû à la crise Covid, que le Conseil national de l'Ordre des médecins (Cnom) publie son observatoire de la sécurité des médecins pour l'année 2019. Si les agressions sont en légère baisse, l'Ordre déplore une banalisation des incivilités qui dissuadent de porter plainte.

"Nous sommes face à une évolution inquiétante de la société : aujourd’hui, chacun revendique ses droits mais ne veut pas avoir de devoirs. Les insultes et menaces sont devenues si banales que les médecins sont souvent dissuadés par la police de porter plainte quand ils en sont victimes. Or, même verbale, une agression peut être traumatisante ! C’est pourquoi nous insistons pour que nos confrères fassent appel à leur conseil départemental de l’Ordre en cas de violence : nous leur apportons systématiquement notre soutien. Il faut porter plainte pour que les autorités prennent la mesure du problème", plaide le Dr Hervé Boissin coordonnateur de l’Observatoire de la sécurité des médecins dans le bulletin de l'Ordre. Le dernier rapport de l’Observatoire recense 1 084 actes de violence envers des médecins en 2019, soit 30 % de plus que la moyenne des quinze dernières années. C'est toutefois en baisse par rapport à 2018 où 1126 actes de violence avaient été enregistrés.

  Si 71 % de ces incidents ont eu lieu en ville, on note une forte progression en milieu rural  : 228 cas, contre 136 en 2017. La plupart sont le fait de patients, qui n’hésitent plus à faire éclater leur colère face à un refus de prescription, un temps d’attente jugé excessif ou une prise en charge qui ne correspond pas à ce qu’ils ont lu sur Internet.  

  Les médecins généralistes sont les plus concernés par cette montée de violence (70 %), suivis par les psychiatres, les ophtalmologues et les dermatologues. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le fait d’être entouré de collègues ne change rien : 63 % des praticiens agressés en 2019 disposaient d’un secrétariat, et 25 % travaillaient en établissement de santé.     En 2019, 7% des agressions ont donné lieu à des arrêts de travail. Pourtant seuls 31% des médecins agressés ont déposé plainte. 59% des victimes ne déposent ni plainte, ni main courante.  

 

Faut-il diminuer le remboursement par l'Assurance maladie des médicaments à SMR faible ou modéré?

PETIT BOBO

PETIT BOBO

Non

Supprimer le remboursement des spécialités à SMR faible est une fausse bonne idée. D'une part parce que le coût pour la sécu est... Lire plus

7 débatteurs en ligne7 en ligne
 
Vignette
Vignette

La sélection de la rédaction

"Le père est une personne à part entière dans la grossesse" : une consultation dédiée encore méconnue par les...
29/07/2026
8
Urgences
Urgences en plein vol ou dans le train : pourquoi des médecins hésitent parfois à répondre à l'appel
13/07/2026
55
Enquête Déontologie
ENQUÊTE. "Certains patients veulent se payer un médecin" : ces plaintes abusives qui embolisent la justice...
15/06/2026
26
"Un médecin n'est jamais en retard : l'heure de convocation n'est pas l'heure de début de la consultation"
21/07/2026
0
Internat
"Il y a un suicide tous les 18 jours" : à bout, les internes désertent leurs stages pour défendre leurs droits
28/04/2023
2
Enquête Gynécologie-Obstétrique
Mal payés, épuisés, trop exposés : les gynécologues désertent les maternités
02/04/2026
16
Chirurgie
Grands brûlés : les défis de la reconstruction cutanée
06/03/2026
3