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Prise de rendez-vous en ligne : enquête inédite sur ces plateformes qui attirent de plus en plus de médecins

 

 

 

 

 

 

"Plus on est sur rendez-vous, moins on est accessible"

Prenant le contrepied des plateformes commerciales de prise de rendez-vous, Vitodoc permet aux patients d'accéder à des consultations de soins non programmés auprès de 16.000 médecins, pour qui le service est gratuit. Questions à son fondateur, Bertrand Legrand, généraliste à Tourcoing.

Egora.fr : En quoi Vitodoc diffère des plateformes commerciales de prise de rendez-vous ?
Dr Bertrand Legrand :
Vitodoc a été créée il y a trois ans, à l'époque où les logiciels de prise de rendez-vous ont commencé à prendre une place proéminente, laissant peu de place à la consultation sans rendez-vous. Or, plus on est sur rendez-vous, moins on est accessible. Vitodoc a pour philosophie de mettre en avant les soins non programmés. Aujourd'hui, plus de 16 000 médecins proposent des consultations sans rendez-vous, soit parce qu'ils sont en consultation libre soit parce qu'ils ont une offre de soins non programmés dans la journée. Nous avons créé la consultation sur créneau. C'est un hybride entre le sans rendez-vous et le rendez-vous : les patients viennent sur un créneau d'une demi-heure mais ne sont pas seuls dessus. L'avantage pour le médecin, c'est qu'il n'a plus de problème de retards ou de lapins.
Les plateformes ne gèrent que la prise de rendez-vous, pas la consultation libre. Ils ne la mettent surtout pas en avant, car ça leur ferait de l'ombre ! Ces opérateurs n'ont rien apporté aux cabinets, à part la dématérialisation de la prise en rendez-vous. Nous, on est complet : prise de rendez-vous classique, sans rendez-vous et créneau. À tous moments, votre agenda reste ouvert à vos patients, dans la journée ou dans les 48 heures. On reste sur de la réponse immédiate.

Combien de patients ont-ils eu recours à Vitodoc ?
C'est une excellente question à laquelle je n'ai pas de réponse. Car contrairement aux plateformes commerciales, aucune donnée de santé n'est hébergée chez moi. J'ai inversé la base de données : elle n'a pas centrée sur le patient -ce qui aurait permis de reconstituer son historique. Moi je n'ai aucune trace du patient. Je ne peux donc pas vous dire combien de patients l'utilisent, mais la fréquentation monte fortement. Et personne ne pourra jamais le savoir. A partir du moment où il y a un stockage de données, vous êtes exposé à un changement de politique. La meilleure des protections contre l'exploitation des données, même encryptées, c'est de ne pas en pas en stocker. Je rappelle que le secret médical commence dès la prise de rendez-vous. La secrétaire au sein du cabinet est soumise au secret, pourquoi appliquer une politique différente pour les plateformes ? Les données d'un hébergeur américain comme Amazon sont soumises au Cloud act ; à tout moment, elles peuvent être requêtées dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Qui sont les médecins utilisateurs ?
Ce sont essentiellement des généralistes car j'imagine que les spécialistes consultent essentiellement sur rendez-vous. Mais les spécialistes peuvent réserver des rendez-vous aux patients adressés par les généralistes de leur territoire, donc nous avons quelques petites communautés. Ça marche bien, notamment dans le cadre des CPTS. Au Mans, par exemple, on a pu réduire fortement le délai de rendez-vous pour un renouvellement de lunettes grâce à ça.

Vitodoc est gratuit pour les patients comme pour les médecins. Quel est le modèle économique de la plateforme ?
Les coûts fixes me reviennent à 3500 euros par mois. Je les finance seul, sans subvention, ni aide. Maintenir une plateforme comme ça, ça ne coûte rien : c'est une honte absolue de faire payer une prise de rendez-vous automatique. Chez les plateformes "concurrentes", ce qui coûte cher en fait, c'est le démarchage commercial et la publicité. Je suis médecin, je me sers de cet outils comme 16 000 médecins, je ne veux pas faire de l'argent avec. Nous avons deux options payantes : une option d'adressage et une aide aux médecins qui ont des soucis d'identité numérique, notamment quand ils se font voler leur identité sur des plateformes dans le but de capter leur patientèle. Encore une fois, ce ne sont pas des services commerciaux, mais des services pour autoéquilibrer les coûts.

 

 

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