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Face à l’afflux de cas graves, les cellules éthiques se déploient en France

Alors que la France a franchi la barre des 1.000 décès, mardi 24 mars, et que les hôpitaux commencent à manquer de lits, des cellules éthiques se mettent en place pour aider et accompagner les médecins dans la prise de décision, notamment dans les cas où ils sont amenés à choisir quels patients soigner en priorité.
 

Le 13 mars dernier, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) évoquait, dans un rapport demandé par le Gouvernement, le “tri des patients” qui pose un “questionnement éthique majeur”. Il recommandait dans ce contexte de crise sanitaire de mettre en place "cellule éthique de soutien”  permettant d’accompagner les professionnels de santé au plus près de la définition de leurs priorités en matière de soins.

Une recommandation suivie et appliquée par le Gouvernement puisque le 18 mars, Olivier Véran, ministre de la Santé, annonçait sur LCI la création dans “chaque hôpital amené à prendre en charge des malades graves du coronavirus” d’une cellule de conseil consultatif local et éthique. L’objectif : répondre aux questions des professionnels de santé qui, face à l’afflux de cas graves et à la saturation des services de réanimation, devront potentiellement faire des choix.

Aux quatre coins du pays, des cellules telles que celles-ci se sont ainsi développées. Comme en Normandie où le professeur Grégoire Moutel a mis sur pied une équipe de 9 personnes, l’une des premières en France. “Nous avons quatre fonctions, détaille-t-il à La Croix : aider les professionnels en difficulté de décision ; assurer la diffusion des recommandations ; faire de la médiation entre les soignants et les familles ; et après la crise, tirer des enseignements de tout ce que nous sommes en train de vivre.”

Médecins, infirmiers, philosophe ou encore sociologue, les équipes de ces cellules sont pluridisciplinaires. Comme à Marseille, où le philosophe Pierre Le Coz participe. “Nous avons convenu que pour les décisions difficiles, nous ne parlerions jamais de triage”, explique-t-il à La Croix. Certaines régions ont quant à elle déjà dû enclencher cette logique de classement, comme dans le Grand Est, l’un des principaux foyers de l’épidémie en France.

 

Des groupes éthiques ont également été créés dans certaines régions dans le but de faciliter l’échange entre les praticiens. Les médecins peuvent également s’appuyer sur un document intitulé “Priorisation de l’accès aux soins critiques dans un contexte de pandémie”, remis à la DGS le 17 mars dernier. Il se base notamment sur un “score de fragilité clinique” et permet de “trier” les malades en fonction de leur état de santé.

 

Par ailleurs, l’ARS Ile-deFrance a mis à disposition un document visant à apporter un soutien à toutes les équipes soignantes engagées dans la gestion de première ligne de la pandémie Covid-19, notamment les professionnels “amenés à faire des choix difficiles et des priorisations dans l’urgence concernant l’accès à la réanimation”. “Il s’adresse particulièrement aux médecins qui, en termes de culture, de formation ou d’expérience, ne sont pas nécessairement habitués à la démarche réflexive des limitations des traitements”, précise l’ARS.

 

L'objectif de l’ARS Ile-de-France est d’assister les médecins dans l’enjeu décisionnel de l’admission en unité de soins critiques, de les aider à continuer d’assurer des soins de qualité et continus, “en particulier dans l’accompagnement de fin de vie".

 

[avec Libération, Le Monde et La Croix]

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