Les maires des petites villes réclament une obligation d’installation en zone sous-dotée

27/02/2019 Par A.F.
Démographie médicale
A l’issue d’une réunion d’information et de concertation au ministère, l’Association des petites villes de France (APVF) a exprimé ses craintes quant au projet de loi santé. Au centre de ses inquiétudes, l’absence de mesures de régulation de l’installation des médecins dans les zones sous-dotées et la création du label "hôpitaux de proximité".

  Le projet de loi sur le système de santé provoque déjà l’inquiétude des élus des petites villes. Après une réunion d’information et de concertation au ministère de la Santé le 26 février en présence d’Agnès Buzyn, l’Association des petites villes de France (APVF) a exprimé ses réserves sur ce texte qui sera examiné à l’Assemblée nationale à compter du 18 mars prochain.   Des mesures insuffisantes face à la désertification médicale Dans un communiqué, Christophe Bouillon, président de l’APVF et député de Seine-Maritime, a ainsi déploré l’absence de toute mesure de régulation de l’installation des médecins dans les zones sous-dotées – qui concernent pour l’essentiel des petites villes. Des mesures d’autant plus attendues par l’élu que "la suppression du numerus clausus, pour utile qu’elle soit, ne portera ses fruits que dans une dizaine d’années". Par ailleurs, "les mesures d’incitation à l’installation - dont le coût est élevé – ne font souvent que renforcer les inégalités et la concurrence entre les territoires, sans réellement remédier à la désertification", a-t-il rappelé. Afin de lutter contre la désertification médicale, l’APVF, qui fédère les villes de 2.500 à 25.000 habitants, renouvelle donc sa proposition d’expérimenter "a minima" une obligation d’exercice en zone sous-dotée en début de carrière à temps plein ou partiel.  

Autre point du projet de loi qui a suscité les craintes de l’APVF : la création du label "hôpitaux de proximité". Une partie du texte qui ne sera pas soumis à la discussion parlementaire mais sera traitée par ordonnances. Si l’association dit apprécier la démarche de labellisation et de valorisation des hôpitaux de proximité, elle redoute cependant la suppression de nouveaux services dans les petites structures. Alors que "les inégalités d’accès à l’offre de soins demeurent la première des inégalités territoriales", l’APVF veillera a ce que les hôpitaux de proximité soient réellement en capacité d’effectuer des opérations de première nécessité (pose de pacemaker, arthroscopie des articulations …).

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Marie GILARDI

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