Jusqu'à 250 000 € de subvention pour la création de maisons de santé en Ile-de-France
Pour lutter contre les déserts médicaux en Île-de-France, le conseil régional mise sur la création d’options santé dans les lycées, sur la subvention des maisons de santé ou encore sur le renouvellement du prêt à taux 0 pour les lancements d’activités.
C’est un document copieux qui a été rendu public par la Région Île de France, ce jeudi 11 février. Son objectif ? Il est affiché en grand sur la première page : “Lutter contre les déserts médicaux et soutenir l’offre de soins en Île de France.” Puis, plusieurs pages détaillent l’Acte 2 de la stratégie santé de la Région. Une stratégie précédée d’une fine analyse de la situation.
On y apprend que l'Île de France compte 48 655 médecins, généralistes et spécialistes confondus, en activité au 1er janvier 2025. Un chiffre en augmentation d’1,65 % par rapport à 2014 (47 861 médecins). Mais la densité médicale (nombre de praticiens par rapport au nombre d’habitants), elle, a baissé au cours des dernières années avant d’entamer une reprise à partir de 2024. Pour les médecins généralistes, cette baisse s’élevait à 8% entre 2014 et 2024. La densité régionale (nombre de médecins généralistes par rapport au nombre d’habitants) est désormais inférieure à la densité nationale : 113,5 pour 100.000 habitants en Île-de-France contre 124,7 dans le reste de la France.
La tendance est similaire pour les médecins généralistes libéraux : - 15% de densité entre 2014 et 2024 et une densité moyenne de 60,1 médecins généralistes libéraux exclusifs pour 100.000 habitants en Île-de-France contre 74,9 pour le reste de la France. Par ailleurs, l’Île-de-France se distingue par un taux de fuite des médecins généralistes relativement élevé puisque 29% des médecins généralistes diplômés en Île-de-France exercent leur profession en dehors de la région.
85 millions d'euros d'investis
Ce déficit de médecins généralistes impacte l’offre de soins : en 2022, on comptabilisait près de 3 millions de Franciliens sans médecin traitant, soit 22,1 % de la population d’Île‑de‑France, contre 15,9 % en France hexagonale. Niveau spécialiste, la densité des spécialistes libéraux est supérieure aux moyennes nationales mais elle a connu des baisses pour certaines spécialités, notamment pour les gynécologues (-46%), les ophtalmologues (-3%) ou encore pour les psychiatres (-2%).
Face à ces chiffres, soulevant de nombreux défis, la Région argue d’avoir investi “plus de 85 millions d’euros en faveur de la santé”, et avoir mis l'accent sur les zones d’intervention prioritaires et les communes rurales. Et elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. En misant notamment sur la formation, avec la mise en place d’option santé dans les lycées, où des lycées volontaires, proposeront une option dédiée, en seconde, pour faire découvrir les métiers de la santé, et peut-être, “susciter des vocations dès le plus jeune âge”, comme l'écrit Pierre-Valentin Martinel, directeur santé et solidarité à la Région, sur son compte Linkedin. “ Le dispositif pourra prendre la forme de sessions de découverte des métiers et des études liées à la santé, d’actions de tutorat menées par des étudiants en santé ou bien encore des stages de découverte au sein des établissements de santé”, complète le plan de la Région.
Former, mais aussi aider à l’installation de praticiens et à la création de structures, via notamment des aides financières. La Région promet ainsi jusqu'à 250 000 € de subvention pour la création ou l’extension de maisons de santé et centres de santé dans les zones les plus déficitaires ou encore le renouvellement du prêt à taux zéro jusqu’à 50 000 € avec Initiative Île-de-France pour soutenir le lancement des activités. “Le prêt d’honneur à taux 0% permet notamment aux professionnels de santé de consolider leurs fonds propres et les aide à faire face aux besoins financiers ou décaissements immédiats liés aux investissements”, ajoute le document.
Sécuriser les lieux de soin
Pour loger ces éventuels futurs médecins, la Région s’adresse aux collectivités en leur proposant de les aider (à hauteur de 100 000 euros) pour créer des solutions d’hébergement afin de favoriser l'accueil de médecins ou de docteurs juniors notamment dans les territoires ruraux. Concernant la sécurisation des lieux de soin, il est ici question d’une aide “allant jusqu’à 15 000 € par structure et 8 000 € par professionnel”. Objectif : financer l’installation d’équipements de protection comme la vidéosurveillance ou les accès sécurisés.
Dernier sujet, et pas des moindres : soutenir l’accès à l’IVG. “Le dispositif régional actuel d’aide à l’acquisition d’échographes concerne exclusivement les centres de planification familiale”, écrit la Région en promettant un changement à ce sujet. Désormais, “l’ensemble des professionnels libéraux, médecins et sages-femmes, et des structures de santé autorisés pour la pratique de l’IVG seront désormais éligibles à l’aide à l’acquisition d’échographes.”
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