@Georges Blond/stock.adobe.com.
Jeune généraliste, il quitte soudainement son cabinet : "Les incivilités et les exigences répétées ont fini par m'épuiser"
Installé depuis quelques mois à Dinéault (Finistère), un jeune médecin généraliste a quitté sans prévenir son cabinet, selon nos confrères du Télégramme. Dans un second article, le praticien explique que les incivilités et les exigences répétées d'une partie du public ont conduit à son départ.
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C’est un départ que beaucoup n'ont pas compris. Début juillet, nos confrères du Télégramme faisaient état d'une situation assez exceptionnelle au sein de la commune de Dinéault, dans le Finistère. Un jeune médecin généraliste, le Dr Pierre Le Bras, aurait cessé son activité sans prévenir personne. Dans l'article, on comprend que certains patients ont appris la nouvelle via un rendez-vous annulé sur Doctolib ou en découvrant la porte fermée du cabinet.
"On prend ça pour du mépris"
Selon nos confrères, le professionnel de santé aurait seulement laissé un texto évoquant une lassitude face aux "exigences" et aux "incivilités", citent nos confrères. Face à ce départ, les patients se sont reportés sur les cabinets des communes voisines, qui ont absorbé le flux, au moins temporairement.
Ce départ a provoqué la colère du maire de la commune, Jean-Marc Cornillou : "On déroule des conditions exceptionnelles et, en retour, on perd un médecin. On prend ça pour du mépris", a-t-il indiqué au Télégramme. Aide à l'installation, logement de fonction… En effet, plusieurs mesures avaient été prises pour aider le professionnel de santé à s'installer.
"Mon départ, je l’ai vécu comme un instinct de survie"
Des conditions saluées par l'intéressé lui-même. Alors qu’il ne s'était pas exprimé dans le premier article, Pierre Le Bras a pris la parole dans un second. Il dit d'abord mesurer "la surprise et la déception" provoquées par son départ. Avant d'affirmer que celui-ci n'a rien à voir avec "les conditions" offertes au médecin généraliste. "La mairie et l'ensemble des acteurs locaux se sont montrés à la hauteur, et je les en remercie sincèrement", écrit-il. Mais cela ne semble pas avoir suffi.
"Si je suis parti, c'est pour une raison plus difficile à dire, parce qu'elle est diffuse et quotidienne : les incivilités et les exigences répétées d'une partie du public - arrêts de travail réclamés sans justification médicale, rendez-vous exigés sur-le-champ, pressions et agressivité lorsqu'un refus est opposé, énumère Pierre Le Bras. Prises une à une, ces situations paraissent anodines ; répétées jour après jour, elles finissent par épuiser. Mon départ, je l'ai vécu comme un instinct de survie."
Le professionnel admet toutefois n'avoir pas agi idéalement concernant les conditions de préavis. "Je tiens toutefois à préciser un point essentiel : j'ai transmis leur dossier médical aux patients que je suivais régulièrement, afin qu'ils puissent poursuivre leur suivi sans rupture." Que va-t-il faire désormais ? Il ne le précise pas, mais le médecin glisse un conseil afin d'éviter à l'avenir ce type de situation. "Peut-être serait-il temps, plutôt, de commencer à responsabiliser les patients : tant que le soin sera vécu par certains comme un dû sans limites ni devoirs, aucune mesure ne suffira à retenir durablement les médecins dans nos campagnes."
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