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Congrès de l’Encéphale : des dispositifs de soins partagés en psychiatrie

Les dispositifs de soins en psychiatrie permettent aux médecins généralistes de participer au projet de soins, mais sont assez lourds à monter et encore peu utilisés.

"Deux expériences de soins partagés entre psychiatrie et médecine générale existent en France, l’une à Versailles depuis 2001, une seconde plus récente conduite depuis quelques années sous la responsabilité des Drs Michel Combier, généraliste, et Laurent Schmitt, psychiatre, à Toulouse", explique le Pr Frédéric Urbain, professeur de médecine générale à l’université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

Au vu de l’expérience du dispositif francilien, dont il est l’un des initiateurs, le Pr Urbain estime que ces structures sont utiles, "car elles permettent d’éviter une rupture de prise en charge chez les patients vus en psychiatrie". "Souvent les soins sont morcelés chez ces malades. Dans un premier temps, le patient est suivi par le médecin généraliste, puis lorsqu’il est adressé au médecin psychiatre (parfois trop tardivement d’ailleurs selon ces professionnels), seul ce dernier le prend en charge. La création d’un dispositif de soins partagés assure au médecin généraliste d’être associé à la prise en charge, lorsque celle-ci ne peut plus être réalisée de manière optimale en médecine générale seule". A Versailles, le dispositif permet au patient d’être reçu par un psychiatre ou un psychologue dans un délai moyen de 3 semaines, après un entretien le plus souvent téléphonique avec une infirmière. Le dossier est analysé en staff, et le médecin généraliste est partie prenante de l’élaboration du projet de soins proposé au patient. En général, les malades sont vus 4 à 5 fois par l’équipe de psychologues et de psychiatres dans le dispositif francilien.

"Cette prise en charge partagée est intéressante chez des patients avec une dépression sévère, un trouble bipolaire ou un trouble de la personnalité complexe, pour choisir des traitements médicamenteux ou décider du type de psychothérapie spécialisée à proposer au malade, lorsque celui-ci ne relève pas d’une psychothérapie réalisable par le médecin généraliste", précise le Pr Urbain. L’inconvénient est que la mise en place de ce type de dispositif est assez compliquée pour des médecins libéraux, car elle nécessite des procédures administratives : instauration d’une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS)…. Il faut aussi que le secteur psychiatrique crée une communauté psychiatrique de territoire (CPT)…. "Mais ensuite, ce dispositif de soins partagé simplifie la pratique", souligne le Pr Urbain.

Sources : 

D’après un entretien avec F. Urbain (Montigny-Le-Bretonneux,78), lors du congrès de l’Encéphale (Paris 23-25 janvier 2019).

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