Diabète de type 2 : les sulfamides hypoglycémiants augmentent le risque cardiovasculaire

12/05/2017 Par Pr Philippe Chanson
Diabétologie

Des essais randomisés récents ont comparé les nouveaux antidiabétiques au traitement du diabète comportant des sulfamides hypoglycémiants (sulfonylurées), médicaments associés à une augmentation du risque cardiovasculaire et de la mortalité dans des études d’observation avec des résultats discordants.

Ceci a amené une équipe canadienne à revoir la méthodologie de ces études d’observation jusqu’en décembre 2015 pour analyser l’association entre les sulfonylurées, les événements cardiovasculaires et la mortalité. Un total de 19 études ont été identifiées, dont 6 n’avaient pas de biais majeur dans le dessin de l’étude. L’analyse en méta-régression montre que les sulfonylurées sont associées à une augmentation du risque d’événement cardiovasculaire et de mortalité dans 5 de ces études (risque relatif de 1.16 à 1.55). Globalement, les 19 études donnent des résultats pour 36 risques relatifs car certaines études évaluaient plusieurs paramètres ou comparateurs. Sur les 36 analyses, la metformine était le comparateur dans 27 des études (75 %) et le décès était le critère d’évaluation dans 24 (67 %). Le risque relatif était supérieur de 13 % quand le comparateur était la metformine, de 20 % quand le décès était le critère d’évaluation et de 7 % lorsque l’étude avait des biais liés au dessin de l’étude. Le risque relatif prédit le plus bas l’était pour les études qui n’avaient pas de biais majeur, qui avaient un comparateur autre que la metformine et qui avaient un critère d’évaluation cardiovasculaire (1.06 ; IC 95 % = 0.92-1.23) alors que le risque relatif prédit le plus élevé l’était pour les études qui avaient un biais, qui utilisaient la metformine comme comparateur et qui utilisaient comme critère d’évaluation la mortalité (1.53 ; 1.43-1.65). En résumé, les sulfonylurées semblent bien associés à une augmentation du risque d’événement cardiovasculaire et de mortalité dans la majorité des études qui n’ont pas de biais majeur dans leur dessin. Parmi les études qui ont des biais importants, les associations varient de manière significative en fonction du comparateur, du critère d’évaluation et du type de biais. Avec l’introduction des nouveaux médicaments antidiabétiques, l’utilisation d’un dessin des études approprié et d’outils analytiques devrait permettre de mieux appréhender, en termes de sécurité cardiovasculaire, l’effet de ces médicaments dans la vraie vie.

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