Cancer du sein : pas d’impact du dépistage organisé sur les traitements lourds, selon une étude

03/10/2017 Par Marielle Ammouche
Cancérologie

Alors que la campagne Octobre rose 2017 vient de débuter, avec pour objectif de sensibiliser au dépistage organisé du cancer du sein, dont la participation recroit régulièrement depuis quelques années, une étude pointe le manque d’impact de ce dépistage sur le nombre de traitements mutilants.

Le dépistage n’allègerait pas les traitements chirurgicaux. C’est ce qui ressort d’une étude, à paraitre dans le numéro d’octobre de la revue Médecine, coordonnée par Cécile Bour, présidente du collectif Cancer Rose, qui regroupe des médecins et scientifiques critiques vis-à-vis de la campagne Octobre rose, et dont l’objectif affiché est une information objective des patientes. L’étude en question a été effectuée à partir des données du Programme de medicalisation des systèmes d’information (PMSI), avec l’aide de Dr Vincent Robert, médecin DIM et statisticien. Les résultats montrent qu’entre 2000 et 2016, le nombre de mastectomies a progressé, passant de 17 500 à 20 000. En 2000, c’est-à-dire avant la généralisation du dépistage, la découverte de 10 nouveaux cas de cancer entrainait 4 ablations totales du sein, une incidence qui, selon les auteurs de cette étude, est restée identique en 2012 après la généralisation du dépistage. Pour ces auteurs, "le dépistage n’a pas fait baisser le nombre des interventions les plus mutilantes", rapporte le Journal du dimanche (JDD, 1er octobre). "Plus on dépiste, plus on enlève de seins !", résume le Dr Bour, qui pose la question du surtraitement. Jérome Vigier, directeur du pôle santé publique et soins de l’Institut national du cancer (INCa), interrogé dans le JDD, est plus prudent. Selon lui, "le surtraitement est aujourd’hui limité et les cancérologues sont engagés dans une désescalade thérapeutique quitte parfois à surveiller sans traiter". Il reste persuadé que le dépistage est "positif". En réalité, la remise en cause du dépistage du cancer du sein ne date pas d’hier. Cela vient principalement du risque de surdiagnostic inhérent à tout dépistage systématique, qu’on ne peut ignorer. Selon les études publiées, le surdiagnostic pourrait être de l'ordre de 1 à 10 %, voire 20 %, selon l’INCa. On assiste donc régulièrement à des querelles entre partisans et opposants au dépistage. Les experts s’accordent cependant généralement sur le fait que le dépistage du cancer du sein permet une réduction de la mortalité, de l’ordre de 20%, en particulier dans la tranche d’âge ciblée par le dépistage organisé. "L’analyse des études les plus récentes permettent d’estimer que la réduction de mortalité par cancer du sein serait de l’ordre de 15 % à 21 %. De 150 à 300 décès par cancer du sein seraient évités pour 100 000 femmes participant régulièrement au dépistage pendant 7 à 10 ans", précise l’INCa sur son site dédié (concertation-depistage.fr).

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