Obésité : génotype et insulinosécrétion n’influencent pas directement l’efficacité de tel ou tel régime

27/02/2018 Par Pr Philippe Chanson
Endocrinologie-Métabolisme

Les modifications du régime alimentaire restent indispensables pour obtenir une perte de poids. A l’heure actuelle, aucune stratégie diététique spécifique n’est supérieure aux autres dans la population générale. Des travaux antérieurs ont suggéré que le génotype ou la dynamique de sécrétion de l’insuline pouvaient modifier les effets de tel ou tel type de régime.

Dans l’étude DIETFITS (Diet Intervention Examining the Factors Interacting with Treatment Success), une étude randomisée incluant 609 adultes âgés de 18 à 50 ans, sans diabète et dont l’IMC était entre 28 et 40 kg/m2, les effets sur le poids d’un régime pauvre en graisses en comparaison d’un régime pauvre en hydrates de carbone ont été analysés en fonction du génotype ou de l’insulinosécrétion. Les participants étaient randomisés pour suivre un régime durant 12 mois et ont été analysés en fonction de certains polymorphismes génétiques ou de l’insulinosécrétion étudiée par mesure de l’insulinémie 30 minutes après une charge en glucose. 305 patients ont reçu le régime faible en graisses et 304 le régime faible en hydrates de carbone, expliqués et renforcés par des sessions en petits groupes sous la direction d’éducateurs en santé et cela de manière régulière pendant 12 mois. Sur les 609 participants randomisés, d’âge moyen 40 ± 7 ans dont 57 % étaient des femmes et dont l’IMC moyen était de 33 kg/m2, 244 soit 40 % avaient un génotype précédemment considéré comme plus sensible aux graisses et 180 (30 %) avaient un génotype considéré comme plus sensible aux hydrates de carbone. 79 % ont fini l’étude. Le régime pauvre en graisses comportait 48 % d’hydrates de carbone et 29 % de graisses et le régime faible en hydrates de carbone en comportait 30 % avec 45 % de graisses. Le contenu en protéines était respectivement de 21 % et 23 %. A 12 mois, le poids avait diminué de 5.3 kg dans le groupe traité par régime pauvre en graisses et de 6 kg dans le régime pauvre en hydrates de carbone (différence moyenne entre les groupes = 0.7 kg ; IC 95 % = -0.2 à 1.6 kg). La différence n’était donc pas significative et il n’y avait pas d’interaction significative entre le régime et le génotype (p = 0.2) ou en fonction de l’insulinosécrétion (p = 0.47). Il y a eu 18 effets secondaires qui étaient également distribués dans les deux groupes. En conclusion, dans cette étude d’analyse de la perte de poids pendant 12 mois en fonction du type de régime, il n’y a pas de différence significative entre un régime faible en graisses et un régime faible en hydrates de carbone et ni le génotype ni l’insulinosécrétion basale ne sont associés aux effets de ce régime sur la perte de poids. Ces deux facteurs prédisposants potentiels ne sont donc pas utiles pour identifier quel régime marchera mieux que l’autre.

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